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Jusqu’à 650 000 € de prime de départ chez BMW : la vraie raison derrière les chèques mirobolants de l’auto allemande

Dans Economie / Politique / Social

Michel Holtz

Alors que les bénéfices de BMW s’effondrent et que Volkswagen comme Mercedes réduisent la voilure, les « primes turbos » font un carton outre-Rhin. Une importante incitation financière qui cache en réalité des conventions collectives intouchables, des coûts salariaux très lourds et un calcul un rien cynique pour séduire les marchés.

Jusqu’à 650 000 € de prime de départ chez BMW : la vraie raison derrière les chèques mirobolants de l’auto allemande
Nuages noirs au dessus du siège de BMW à Müniche. Photo : MaxPPP.

Les ventes et les profits ne décollent pas pour l’industrie auto allemande. En revanche, les départs s’accélèrent grâce au « turboprämie », ces « primes turbos » qui s’ajoutent aux indemnités légales et sont destinées à inciter les salariés de Bmw, Mercedes et Volkswagen à quitter l’entreprise.

L’énorme écart entre l’Allemagne et la France

Négociées avec les syndicats, et surtout le tout-puissant IG Metall, ces primes semblent à la hauteur des exigences et atteignent, en moyenne, 400 000 euros, avec des pointes à 650 000 euros chez BMW. À titre d’exemple, les indemnités moyennes des derniers salariés qui ont quitté l’usine Stellantis de Douvrin dans les Hauts-de-France à la fin du mois d’octobre, n’ont pas dépassé 80 000 euros, toujours en moyenne.

En tout cas, la « générosité » des groupes autos allemands a été reçue 5/5 par les salariés concernés. Chez BMW, qui a vu ses bénéfices s’effondrer de 40 % au troisième trimestre et entend supprimer 8 000 postes d’ici un an, l’intranet qui permettait de s’inscrire pour ces départs volontaires a explosé dès son ouverture. Et le succès est similaire chez ses concurrents. Volkswagen aurait déjà signé plus de 25 000 départs, et plus de 5 000 ont été enregistrés chez Mercedes.

Pour autant, on peut s’interroger sur cette largesse des constructeurs allemands envers leurs salariés, au contraire des pratiques hexagonales. C’est peut-être parce que nos voisins sont mieux payés que nous. Le salaire médian français ne dépasse pas 2 138 euros alors qu’il atteint 2 890 euros en Allemagne.

Pourtant, les Allemands devraient être moins frileux que nous et devraient plus facilement changer d’entreprise, sans qu’il soit nécessaire de trop les y inciter. Car le taux de chômage Outre-Rhin ne dépasse pas 6,4 % alors qu’il est de 8,3 % chez nous. Mais les salariés concernés travaillent dans le secteur le plus sinistré actuellement en Allemagne : l’automobile. Une branche où il est difficile de se recaser, d’où ces appâts financiers.

Et puis les constructeurs ont d’autres raisons pour signer ces gros chèques. Si le Code du travail français est contraignant, l’Allemand l’est tout autant, du moins lorsque les entreprises ont signé des conventions collectives de secteurs. Et celle de l’automobile est coriace et ne permet que très difficilement de licencier purement et simplement. D’où la quasi-obligation d’en passer par des départs volontaires.

Les départs dopent la Bourse

Enfin, ces gros chèques permettent aux entreprises de se débarrasser des salaires les plus élevés, car généralement détenus par les employés les plus âgés qui quittent l’entreprise pour profiter de ce pécule en attendant tranquillement leur retraite.

De plus, ces plans de départs rapides rassurent les marchés. Ainsi, le cours de BMW a progressé de 4 % dès que le succès du guichet de départs a été connu et ce, malgré les très mauvais résultats de l’entreprise attendus en fin d’année.

Le constructeur de Münich, comme ces rivaux, n’est pas une société philanthropique, mais une entreprise chargée de maximiser ses profits ou de minimiser ses pertes. Et il se trouve que, parfois, ces projets rencontrent ceux de leurs salariés, ou ex-salariés.

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