La boîte manuelle en fin de parcours : les chiffres qui prouvent qu’elle est en train de disparaître
Moins de 25 % des voitures neuves vendues disposent d’une boîte méca en raison de la déferlante électrique et hybride. En y ajoutant l’explosion des inscriptions au permis « boîte auto » : la bonne vieille boîte mécanique vit ses toutes dernières heures. Entre impératifs industriels et nouvelles habitudes des jeunes conducteurs, sa disparition programmée ne fait désormais plus aucun doute.

C’est une cause perdue. La bonne vieille boîte mécanique semble avoir définitivement cessé de livrer combat, faute d’arguments pour se défendre. Ainsi, l’an passé, elle n’était déjà plus présente que sur 23 % des voitures neuves vendues en France. Un chiffre qui, cette année devrait baisser encore plus fortement.
Évidemment, le bon vieux levier de vitesse qu’il faut agiter de la main droite joliment synchronisée avec la jambe gauche qui enfonce l’embrayage ne va pas seulement disparaître totalement parce qu’une boîte auto est rudement plus simple à appréhender.
La boite méca réservée aux autos d’entrée de gamme
C’est aussi en raison de l’hybridation qui se généralise, bien sûr, de l’électrification à 100 % omniprésente et du simple fait que les jeunes conducteurs, fraîchement munis du permis sont de plus en plus nombreux à ne pouvoir légalement conduire que des voitures équipées de boites automatiques.
La vague électrique (42 % des ventes en septembre) condamne bien sur la boite méca, mais même au-delà des watts, de moins en moins de modèles la proposent. Seules les autos thermiques, petites et pas chères, en disposent encore de série, mais plus on monte en gamme, plus le levier et l’embrayage se raréfie. Ainsi, chez Renault, elle est disponible sur la Clio, le Captur et le Symbioz, mais sur l’Austral, il n’y que la BVA qui vaille.
Mais cette généralisation des transmissions automatiques devraient rapidement toucher même les modèles les plus accessibles. Pour une question d’économie d’échelle, car si les boîtes manuelles deviennent trop rares elles seront également plus chères, et même plus que leurs cousines automatiques.

Mais un autre phénomène pousse la boîte manuelle vers la sortie : les nouvelles générations risquent de ne plus savoir manœuvrer ces dernières et de ne surtout plus avoir le droit de le faire. Car le permis « boite auto » est restrictif et ne permet pas d’accéder à une transmission classique sans un supplément de formation.
Or, ce permis BVA a le vent en poupe et représente aujourd’hui plus de 22 % des inscriptions et même 30 % chez Ornikar, l’auto-école en ligne. Pourquoi ce succès ? Car il ne réclame que 13h de conduite au lieu des 20 minimum pour un permis traditionnel. Il est donc moins cher. En plus, depuis 2024, il suffit, par la suite, de rajouter une formation courte de 7 heures avec une boîte classique pour conduire toutes les autos dans le cas d’un besoin qui se fera de plus en plus rare.
L’électrique et la BVA dans toutes les autos-écoles
Ce permis BVA va d’ailleurs être largement encouragé par Mobilians. Dans le cadre du nouveau plan électricité du gouvernement, le syndicat des professionnels du secteur va lancer un grand d’électrification des voitures d’autos-écoles. Et qui dit VE, dit forcément BVA.
L’électrique risque donc d’être le dernier clou dans le cercueil de la boîte méca qui risque, comme aux États-Unis, d’être réservée à certaines autos particulières, pour des conducteurs qui développent un certain snobisme en s’échinant à tirer sur un levier de vitesse. À l’image de ses propriétaires de BMW M2 qui choisissent une boîte mécanique en option, plus chère, et moins performante que la BVA que le constructeur monte en série.

















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