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La beauté des laides – Ssangyong Rodius : affreuse dehors, commode dedans

Dans Rétro / Autres actu rétro

Michel Holtz

Elles ont un physique ingrat. Mais ces voitures récentes, ou pas, ont souvent une beauté intérieure. Nous, à Caradisiac, on a décidé de les réhabiliter. La première de ces mal-aimées est un monospace, ou plutôt un gigaspace. Et tous ceux qui l’ont vu passer une fois ne l’oublieront jamais.

Trop long, trop haut, trop large et pas très beau : le Ssangyong Rodius.
Trop long, trop haut, trop large et pas très beau : le Ssangyong Rodius.

Parfois, il faut être courageux pour atteindre le bonheur. Et passer outre les quolibets de son entourage pour accéder aux véritables saveurs. Prenons un Ssangyong Rodius de première génération, millésime 2005. Il ne lui manque plus qu’une jolie livrée pourpre et des pompons pendants aux vitres arrière. C’est vrai que vu de loin, il a quelque chose du corbillard. Et c’est vrai que vu de près, il a tout d’un gâteau composé d’un zeste de bric et d’une pincée de broc. De brique surtout, puisqu'il en a l'esthétique. Mais il en faut quelques-unes pour obtenir le poids du Rodius qui atteint 2,2 tonnes. Faut bien ça pour contenir ses 5,10 m, sa hauteur de bus anglais et sa largeur de porte-avions. Mais on peut être légèrement enveloppé et resplendissant. Pas lui.

Un zeste de Mercedes et une pincée de Lancia

En fait, le cargo coréen a inventé un style : le "fourre-tout design", qui n’a pas, et fort heureusement, essaimé sur la planète. Une calandre de Lancia Thesis, des feux arrière de Mercedes Classe E millésime 1995 et le tour est joué. Entre les deux ? On fait ce qu’on peut, et si possible, sans une once de talent.

Mais ce n’est qu’une fois le design achevé que le bureau d’études s’est aperçu de sa boulette : le cahier des charges qui prévoit une troisième rangée de sièges et un coffre gigantesque a été zappé. Qu’à cela ne tienne. Il a suffi de prolonger le toit et de refermer le tout avec un arrière totalement vertical. « Mais ca va se voir que c’est loupé et on va se faire engueuler », aurait pu avancer l’un des membres de l’équipe de style. « T’inquiète, on leur expliquera qu’on a collé une custode inversée à l’arrière, façon Mercedes Classe A de 1997. C’est pour faire premium », lui a peut-être rétorqué son chef. Et l’affaire fut validée, fabriquée, et même importée en France.

Un intérieur très grand format, mais un habitacle riant comme une journée de confinement.
Un intérieur très grand format, mais un habitacle riant comme une journée de confinement.

Du coup, le Rodius, dès son arrivée, a fait l’unanimité. Contre lui. Évidemment, en l'apercevant, chacun a gardé l'espoir d'un monde meilleur à l'intérieur, qui ne pouvait qu'être mieux conçu que l'extérieur. Par un dessin à la fois sobre et fantaisiste de son habitacle ? Une fabrication irréprochable de la planche de bord ? Du tout. L’habitacle est gris et triste. À tel point que ses concepteurs ont cru bon de glisser un petit vase en plastique, un soliflore, sur la planche de bord, pour que le propriétaire égaye lui-même, à l’aide d’une fleur, le désastre qu’ils ont commis. Ils sont forts ces Coréens.

Il tangue comme une gondole ? Simple hommage à Venise, Sérénissime comme lui

Mais l’amateur courageux va enjamber d’un pas léger ces tout petits défauts, ce design impossible et les moqueries sur son passage. Car il sait. Les avantages et les talents cachés du Rodius, il les connaît. Sur le papier déjà : 7 places de série sans rogner sur le coffre, de 577 l quand même. Les enfants font trop de bruit à l’arrière d’une voiture standard ? Il suffit de les harnacher sur la troisième banquette du Rodius, tout au fond du géant de 5,11 m et on ne les entend plus. Car ils sont trop loin. D’autres chiffres ? Un moteur (diesel) de 164ch et de cinq cylindres, une boîte auto et un système à quatre roues motrices, avec boîte courte s’il vous plaît. Le tout, non pas à 50 000 euros, ni à 40 000 euros, mais à moins de 30 000 euros. Soit, en 2005, près de 8 000 euros de moins qu'un Renault Espace, plus petit et moins équipé.

Un arrière au physique difficile, vertical comme le Pic du midi.
Un arrière au physique difficile, vertical comme le Pic du midi.

Alors, on fait moins les fiers, les esthètes ? En plus, mesdames et messieurs qui avez le monopole du pseudo bon goût, entrez donc. Installez-vous à l’arrière. Voyez ces vide-poches profonds comme des cratères. Admirez les sièges de la seconde rangée qui pivotent pour transformer l’arrière en un confortable salon, savourez la banquette de la troisième rangée qui se déploie pour se transformer en un lit pour enfants. Pour circuler entre les sièges en question, aucun souci. La bête, homologuée pour 7 personnes en Europe, l’est pour 11 dans son pays natal.

Plus grand que le plus grand Renault Espace

Pardon ? Vous faites la moue à cause des suspensions trop molles ? C’est un évident signe de confort et si le Rodius tangue et prend du roulis au premier virage, ce n’est que pour rappeler les bons souvenirs des vacances à la mer. Comment ? Le moteur vibre et il est très bruyant ? Allons, les vibrations vous rappelleront que le bloc est en marche. Quant au bruit envahissant, il évitera d’avoir à trop user l’autoradio (de série) devenu inutile, et de charger l’impressionnant porte-cd, de série aussi. Alors laissez-vous aller, et profitez de la clim bi-zone, évidemment de série, et des inserts en plastique façon aluminium de fort bon goût. En option ? Même pas. Tout est compris chez Ssangyong, surtout l’espace. Il est d’ailleurs plus grand que le plus grand des Renault Espace de l’époque, plus puissant et mieux équipé aussi, et bien moins cher surtout.

Et le Coréen a un autre avantage sur tous les monospaces de la planète. Personne ne s'est jamais dévissé le cou en se retournant pour regarder passer un Renault Scénic ou un Citroën Picasso. Avec le Rodius, les passants seront envahis d'un effet de sidération, ou de consternation, c'est selon. Mais jamais d'indifférence. Pour certains, c'est le pire des sentiments. A ceux-là, le monospace coréen tend les bras.

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