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La loi travail et PSA : des députés de la majorité écrivent à Tavarès

Dans Economie / Politique / Social

André Lecondé

La loi travail et PSA : des députés de la majorité écrivent à Tavarès

C’est une mesure de la nouvelle loi travail qui a été mise en exergue, et pourtant, son principe date de dix ans déjà. C’est en effet depuis l’ère Sarkozy que l’on entend parler de rupture conventionnelle et 2,5 millions de personnes l'auraient déjà utilisée. Il s’agit d’une procédure qui permet à l'employeur et au salarié en CDI de se séparer "à l’amiable". À présent identifié comme rupture conventionnelle collective, le dispositif va notamment être mis en branle au sein du groupe automobile PSA. Ce qui n’a pas manqué de susciter des commentaires au sein d’une entreprise en bonne santé. Aujourd’hui, des députés de LREM écrivent à Carlos Tavarès, PDG du groupe automobile sur le sujet. Mais pas pour renier ce qu’ils ont voté…

 

Mardi 9 janvier, la direction de PSA et les six syndicats vont se rencontrer pour parler de la rupture conventionnelle collective. La direction a expliqué le recours à cette mesure par « un dispositif d’adéquation des emplois et des compétences (DAEC) qui existe depuis 2012 et permet à l’entreprise d’ajuster ses effectifs et les réduire sans licenciement ». Par ailleurs, selon la chaîne LCI, cette RCC permettrait au groupe PSA de présenter des comptes pour 2017 plus sains au 1er mars prochain. Les détracteurs de la RCC y voient la possibilité de "déguiser" un plan social de la part de l'entreprise.

Un débat auquel ont décidé de se joindre quatre députés de La République en Marche par le biais d’un courrier adressé au PDG du groupe PSA, Carlos Tavarès. Dans celui-ci, Barbara Bessot-Ballot et Christophe Lejeune, de Haute-Saône, et Denis Sommer et Frédéric Barbier du Doubs se félicitent d’abord de la bonne santé du groupe sous sa direction, une embellie marquée par une augmentation du chiffre d'affaires, notamment grâce à la 3008 produite à Sochaux. Ceci pour mieux, ensuite, lui demander d'étendre cette RCC aux personnels de production et de réduire le nombre de CDD, 50 % des effectifs, actuellement.

Voici le courrier relayé par France3 Bourgogne Franche Comté :

"Le groupe PSA s’apprête à mettre en place un plan de départs volontaires qui devrait concerner, pour l’essentiel, des personnels des ressources humaines, des études et des finances et s’appuyer sur les ruptures conventionnelles collectives. Vous engagerez le 9 janvier prochain les discussions avec les organisations représentatives du personnel de votre groupe.

Les éléments d’information actuellement disponibles à propos de ce plan appellent plusieurs remarques qui sont autant de questionnements qui nous ont été exprimés dans nos circonscriptions du Nord Franche-Comté par les organisations syndicales, dans leur diversité.

1- Le plan de départs volontaires doit être ouvert aux personnels de production. Celles et ceux qui ont connu le travail posté, de nuit, en chaînes de montage doivent pouvoir bénéficier des mesures d’âge dans un cadre qui préserve leurs droits à la retraite.

2- Le site de production de Sochaux assoit son développement sur une politique de l’emploi essentiellement tournée vers l’intérim. On peut pourtant craindre que compter 50 % du personnel de production en intérim, comme c’est le cas aujourd’hui, soit peu compatible avec les objectifs industriels et financiers du groupe PSA. Les coûts liés à la rémunération des sociétés de travail temporaire conduisent à une hausse de la masse salariale de 20 à 30 %. C’est très paradoxal dans un contexte où est pointé du doigt par les dirigeants de grandes entreprises un coût du travail en France jugé trop élevé. En outre, la sécurisation des emplois par des embauches en CDI permet seule la fidélisation des salariés, leur montée en compétences dans le temps et leur appropriation des enjeux industriels du groupe sur les moyens et longs termes. Cet «esprit d’entreprise » a fait la richesse de PSA au fil des générations et il a assis la motivation et la fierté de dizaines de milliers de salariés au cours des dernières décennies. Il serait très préjudiciable qu’il soit affaibli par un recours abusif et systématique au travail temporaire, notamment en période de forte croissance du chiffre d’affaires de votre groupe (+31,4 % au 3ème trimestre 2017) conjuguée à une discipline renforcée de prix et de coûts qui impacte l’ensemble de la filière automobile.

3- La stratégie de PSA en matière de recherche et développement doit être clarifiée. L’impact de l’achat d’Opel sur l’activité et l’emploi dans les centres de R&D en France et en Allemagne ainsi que la charge de travail future des Bureaux d’Études Extérieurs méritent des précisions dans une période où les constructeurs accélèrent leurs investissements sur la motricité électrique et la pile à combustible.

Nous saluons les effets très positifs du plan Push to Pass et les choix stratégiques et industriels qui ont été opérés sous votre autorité. Nous nous réjouissons du succès du groupe PSA, notamment de sa division automobile, dont le chiffre d’affaires connaît une hausse très sensible (+ 11,6 % au 3ème trimestre 2017). Cela vaut tout particulièrement pour le modèle 3008 dont nous mesurons l’excellence au rythme de production de l’usine de Sochaux.

Cette belle santé de votre groupe doit permettre la poursuite de vos projets d’investissements. Elle doit permettre aussi, nous en formulons le vœu, de répondre aux trois interrogations que nous vous adressons et d’entendre les attentes des salariés de votre groupe…"

 

 

 

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