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Pourquoi les voitures converties au superéthanol affichent une consommation largement sous-estimée par rapport à la réalité ?

Dans Pratique / Autres actu pratique

Lionel Bret

Ne vous fiez pas à la consommation affichée par l’ordinateur de bord de votre voiture convertie au superéthanol. Celle-ci s’avère bien inférieure à la réalité. Un phénomène connu et reconnu par les installateurs d’après l’enquête de Que Choisir.

Pourquoi les voitures converties au superéthanol affichent une consommation largement sous-estimée par rapport à la réalité ?
Les voitures converties au superéthanol sous-estiment leur consommation par rapport à la réalité ©LE COURRIER PICARD/MAXPPP

À la pompe, le sourire est de mise. Alors que le sans-plomb 95-E10 s’affiche toujours autour de 1,69 €/l, le E85, s’échange aux alentours de 0,73 €. Une bénédiction pour le pouvoir d’achat.

Mais peut-on se fier aux chiffres de consommation affichée par l’ordinateur de bord des véhicules convertis au E85 ? Notre confrère Que Choisir vient de montrer que la sobriété affichée au tableau de bord relève souvent de la fiction.

Une sous-estimation de 30 %

Le phénomène, touche tous les véhicules équipés d’un boîtier de conversion homologué, sans exception. Les niveaux de consommation affichée par l’ordinateur de bord seraient sous-évalués d’environ 25 % à 30 %.

Pour preuve, notre confrère cite une conductrice de Volkswagen Polo qui s’étonne de voir sa voiture avale 5,7 l/100 km, alors que chaque passage à la pompe révèle un appétit réel de 7 l/100 km.

Sur un Mercedes-Benz GLC 350e, l’écart passe de 8,4 l/100 km affiché à près de 11 litres engloutis en réalité. Mais ici point de fraude organisée, la raison est toute simplement technique.

Un défaut d’architecture

Le boîtier de conversion E85 est un invité de dernière minute dans la mécanique du véhicule. Lors de son installation, il s’intercale entre le calculateur moteur (ECU) d’origine et les injecteurs. Une architecture, source d’erreur.

Car le calculateur, resté fidèle aux paramètres de l’essence, ordonne une injection standard et transmet cette information au tableau de bord. C’est ensuite que le boîtier intervient, corrigeant le flux en augmentant la quantité de carburant pour compenser le faible pouvoir calorifique de l’éthanol.

L’ordinateur de bord reçoit bien la donnée initiale, mais sans intégrer la correction du boîtier Flex-E85. D’où l’affichage d’une consommation mécaniquement sous-estimé.

Problème insoluble

Cette distorsion ne tient pas de la fraude ou d’une volonté de dissimuler la consommation réelle des véhicules. Les installateurs interrogés par Que Choisir confirment l'erreur d'affichage et précisent qu’au regard de « la configuration de l’installation et le fait que le boîtier E85 soit branché après le calculateur d’origine, l’ordinateur de bord aura toujours la mauvaise information. » Sans qu’il soit possible d’y remédier.

L’exception des modèles Flex-E85 d’origine

Seuls les véhicules Flexfuel d’origine, conçus en usine pour accepter tous les mélanges, échappent à ce désagrément. Sur ces modèles, le cerveau électronique du véhicule pilote l’intégralité de la chaîne et livre une information fiable au conducteur.

L’E85 toujours plus économique que l’essence

Affichée ou non, la surconsommation moyenne d’un véhicule roulant au superéthanol est généralement située entre 25 % et 30 % par rapport au sans-plomb.

Malgré tout, l’avantage financier du superéthanol demeure indiscutable avec une économie à la pompe de 705 € pour 13 000 km parcourus dans l’année (par rapport au SP95-E10), et de près de 1 100 € pour 20 000 km parcourus, selon la collective du bioéthanol.

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