Quand le géant Toyota tente de rester zen dans la bourrasque
Michel Holtz , mis à jour
Malgré une baisse de son résultat, le Japonais a réalisé 21 milliards d’euros de bénéfices l’an passé. Grâce à sa domination mondiale insolente, Toyota semble intouchable. Pourtant, entre les taxes douanières de Donald Trump, l’onde de choc du conflit iranien et un retard d’image persistant dans l’électrique, le leader nippon s’apprête à voir ses profits fondre de 22 %. Excès de prudence ou constat lucide

Évidemment, lorsque le bénéfice d’un constructeur est en baisse de 19,2 %, on se pose des questions. Bien sûr, lorsque la conjoncture est cauchemardesque pour tout le secteur, on s’inquiète.
Mais dans le cas de Toyota, on a plutôt tendance à relativiser. Car, même avec une chute de près de 20 % du résultat issu de son exercice 2025, il reste au groupe japonais de quoi passer une année relativement tranquille, puisqu’il dégage 21 milliards d’euros de gains.
Tout va bien, mais pour combien de temps ?
En plus, ses ventes mondiales ont progressé de 5,5 %. Malgré tout, les analystes s’inquiètent, et les dirigeants de la vénérable maison aussi, en prévoyant une mauvaise année à venir.
Mais pourquoi le colosse est-il inquiet, alors qu’il est archi leader de tout le secteur, qu’il a écoulé 9,6 millions de voitures en 2025 sur toute la planète et que le deuxième, Volkswagen, fait moins bien avec beaucoup plus de marques ?
C’est que le Japonais est dans l’œil du cyclone, là où il n’y a pas un souffle d’air, mais là aussi on l’on est cerné par la bourrasque de tous côtés. En Chine, ou les ventes d’autos sont à la baisse et les marques étrangères dévissent, Toyota est étonnamment stable et s’offre même la quatrième place des constructeurs.
Même gros souci, et même baraka, aux États-Unis, deuxième plus gros marché de la planète. Donald Trump y joue aux douaniers et colle des taxes aux autos importées. De quoi déprimer sérieusement Toyota qui ne fabrique sur place que la moitié des 2,5 millions d’autos qu’il vend aux US. En plus, son best-seller Rav-4 est assemblé au Canada, le meilleur ennemi de Washington.
Pas suffisant pour couler le navire japonais qui dispose de suffisamment de trésorerie pour baisser ses marges sans encombre, préserver ses ventes et faire mieux encore : afficher une hausse des bons de commande de 8 % l’an passé. Il faut dire que les US sont devenus des fans absolus de l’hybridation, spécialité maison.
Tout allait donc pour le mieux pour le constructeur de Toyota City (lorsque l’on est un géant mondial on a bien le droit d’avoir sa propre ville) malgré des obstacles sur les deux plus gros marchés mondiaux.
Puis vint l’offensive sur l’Iran. Le Japonais pourrait être plus impacté que d’autres constructeurs par le choc pétrolier engagé il y a plus d’un mois. Car il doit bien sûr subir, comme ses concurrents, la hausse des prix de nombreuses matières premières qui lui sont nécessaires, comme l’alu ou le plastique.
Coincé entre la Chine, l’Amérique et le Moyen Orient
Mais à l’inverse de ses rivaux, il profitera moins de la hausse des ventes de voitures électriques liée à l’augmentation du prix des carburants. Car même si son catalogue de VE commence à être étoffé, avec désormais quatre modèles, ils sont très loin d’être au sommet des ventes. On achète Toyota pour ses hybrides, pas pour ses électriques. Et une image est longue à se modifier.
Pour toutes ces raisons, qu’elles soient liées à l’Amérique, à la Chine ou au Moyen-Orient, Toyota prévoit d’ores et déjà que l’exercice qu’il a entamé sera celui d’une nouvelle baisse des résultats de 22 %. Le géant restera devant, mais il sera juste un peu moins riche.

















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