Les suicides consécutifs ayant eu pour cadre le technocentre Renault de Guyancourt ont été l'objet d'une enquête de la Caisse Primaire d'Assurance Maladie des Hauts-de-Seine.

Le premier des 3 (la victime s'était jetée du 5eme étage) qui était intervenu en Octobre 2006 vient d'être qualifié "d'accident du travail" par la CPAM. Après une première enquête jugée "baclée" par l'avocate de la veuve, la Caisse Nationale d'Assurance Maladie avait ordonné un nouvel examen qui voit donc ses conclusions différer du premier rapport.

"Cette reconnaissance d'un lien avec le travail est une étape symbolique importante, sans compter les indemnisations auxquelles cela donne droit. Nous allons maintenant tenter de faire reconnaître la faute inexcusable de Renault, qui avait une obligation d'assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale de son salarié", a déclaré à Me Rachel Saada, l'avocate de la veuve du salarié.

Elle a également ajouté: "Depuis la rentrée, il avait atteint un seuil critique: il s'inquiétait pour son avenir, pour ses missions, était surmené et mis en cause régulièrement par un membre de sa hiérarchie"

Le deuxième cas de suicide (noyade) intervenu en Janvier s'étant produit en limite du site à un horaire indéterminé (donc potentiellement en dehors des heures de travail) n'a pas été reconnu comme accident du travail.

Renault a pris acte de la décision. Carlos Ghosn a rappelé lors de l'assemblée générale de cette semaine qu'il y avait "objectivement des tensions très fortes" pour les ingénieurs du groupe et qu'il fallait "identifier les situations dans lesquelles nos collaborateurs sont seuls en face des difficultés".

Il a également rappelé la mise en place d'un plan de soutien aux personnels de Guyancourt après le dernier suicide, survenu le 16 février dernier.

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