Appels à la grève et malaises : les usines automobiles en surchauffe en raison de la canicule
Depuis plusieurs jours, l’ambiance devient irrespirable dans les usines. Entre les températures frôlant les 38 °C dans les ateliers, les malaises à répétition et les dépôts de préavis de grève, la tension monte d’un cran sur les chaînes de production. Face à des directions qui jugent la climatisation « impossible », les salariés tentent de tenir la cadence sous la fournaise.

Les immenses ateliers de plusieurs dizaines de milliers de m2 des usines automobiles françaises datent du temps d’avant. Une époque ou les mots « canicule » et « isolation thermique » était du domaine de la science -fiction. Mais depuis le début de la semaine, chez Stellantis à Mulhouse, chez Toyota à Onnaing ou Renault à Douai, les témoignages de salariés suffocants se multiplient.
Comme celui de ce délégué CGT cité par l’AFP. Il travaille chez Stellantis à Sausheim près de Mulhouse, dans un atelier ou la température atteint 38 degrés, ou les gens arrivent épuisés avant de commencer à travailler et de monter des pièces en cadence. D’autant que les lunettes et les chaussures de sécurité sont obligatoires. Une tenue et des cadences qui sont les mêmes dans toutes les unités de production françaises.
Casques et chaussures obligatoires
Devant la situation difficile, les directions de tous les constructeurs concernés ont pris des mesures en multipliant les pauses et en distribuant de l’eau à leurs salariés. Mais les mêmes directions reconnaissent que la solution miracle, la climatisation, est très compliquée à mettre en place dans les immenses ateliers. « Économiquement et écologiquement impossible » selon la direction de Stellantis.

En attendant, les tôles recouvrant les sites continuent leur œuvre, et pourraient selon des responsables des salariés, faire augmenter la chaleur de 4 à 5 degrés par rapport à la température extérieure
Mais pendant la fournaise aussi, la cadence continue. À la clé, dans plusieurs usines, des témoignages de cas de malaises et des vomissements sont signalés. Au point ou un préavis de grève a été déposé à l’usine Stellantis de Sausheim près de Mulhouse et encourage les salariés à exercer leur droit de retrait. ce court jusqu’au dimanche pour demander une meilleure prise en compte de la canicule.
Une grève peu suivie
La CGT, qui a lancé seule le préavis, enjoint les salariés du site à réduire leurs vacations de deux heures chaque jour pour protester. Sauf que cet appel, lancé le 22 juin, n’a pas franchement suscité l’enthousiasme. Sur les 1 700 ouvriers concernés dans l’atelier, un seul a débrayé.
Les autres, chez Stellantis comme ailleurs, répondent présent. Et comme l’explique un délégué CFDT chez Toyota à Onnaing, « les salariés ne veulent pas réduire la production, mais trouver le meilleur ajustement pour produire tout en étant en bonne santé ».
En attendant, l’un des ouvriers de l’usine japonaise près de Valenciennes rappelle que le gouvernement enjoint les Français « à prendre le temps de s’hydrater. Il faut se mettre au frais, il ne faut pas faire d’efforts ». Tout en constatant qu’à l’usine, c’est tout le contraire.


















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