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Chronique du confiné – semaine 3 : quand il ne faut pas oublier que nul n’est prophète en son métier

Dans Rétro / Autres actu rétro

Michel Holtz

Pour un essayeur automobile, juger des qualités d’une automobile est une chose, mais jauger de ses chances de réussite auprès du public en est une autre. Un exercice dans lequel le confiné n’a pas toujours excellé. Tant s’en faut.

Le premier Nissan Qashqai ? Une Golf avec des grosses roues qui ne se vendra jamais.
Le premier Nissan Qashqai ? Une Golf avec des grosses roues qui ne se vendra jamais.

Au 17e jour, le confinement prend des allures brumeuses. Le confiné commence à tout mélanger, sa vision s’embrouille. Le chat, de basse extraction mais à poils longs, se confond avec l’ado aux cheveux encore plus longs. Le premier se nourrit exclusivement de croquettes, le second seulement de céréales, deux aliments somme toute esthétiquement proches. Alors le confiné doute, de la compétence de son ophtalmo, de sa jugeote, comme de sa vision de l’homme et de l’animal. Une jugeote, ou un manque de jugeote plutôt, qui ne date pas du confinement, mais d’une époque où le doute n’avait pas sa place, malheureusement.

Un monospace compact ? Ça ne marchera jamais.
Un monospace compact ? Ça ne marchera jamais.

Droit dans ses bottes, le confiné l’était, en cette année 1995, comme Alain Juppé. C’est du moins ce que ce dernier affirmait, pour ne pas avoir à retirer sa réforme des retraites. Trois semaines plus tard, c’est lui qui se retirait.

Le confiné et jeune journaliste d’alors était tout aussi raide dans ses chaussures en affirmant, la même année, que la Renault Mégane Scénic était une auto mal née qui n’avait aucune chance de rencontrer le succès. Il s’en était allé l’essayer du côté du circuit de Mortefontaine au nord de Paris et ses conclusions étaient lapidaires : comment peut-on avoir envie d’acheter une auto au volant plat comme dans un camion et aux suspensions sèches comme un noyau de brugnon ? Résultat : personne n’a écouté le devin.Le Scénic sévit encore, quatre générations et plus de 4 millions d’exemplaires plus tard. Et même si la quatrième version - qui a délaissé son second prénom de Mégane depuis longtemps - fait moins bien que ses ancêtres, reste que le monospace compact du losange a fait des petits, dans toutes les marques. Chez Citroën d’abord avec la lignée des Picasso, chez Volkswagen avec son Touran, chez Opel avec son Zafira, entre autres.

Modus ? La Renault qui devait tuer la Clio

Mais parfois, le confiné au nez creux a encensé une auto détestée. Une voiture qui a fait un bide et dont il a fait l’éloge. Ce fut le cas d’une autre Renault : la Modus. En prenant le volant de ce premier minispace, en 2004, il est frappé par l’évidence. Bon sang mais c’est bien sûr : voilà une Clio plus habitable qu’une Clio, avec plus de visibilité, qui profite de la plateforme de la future citadine du losange avec six mois d’avance et qui est vendue 500 euros de plus seulement que la Clio 2. Elle ne peut que cartonner, malgré sa finition un peu légère. Au point que le critique séduit se demande si cette Modus ne va pas tuer la citadine polyvalente dont elle est dérivée.

Las, quelques mois plus tard, Louis Schweitzer, PDG de Renault de l’époque, explique que la marque a surestimé le marché du minispace. Le Modus sera restylé, mais pas renouvelé. En 2012, il tire sa révérence, sans successeur, et sans une larme de son public, à peu près aussi nombreux que celui d’un autre bide de l’époque : le Peugeot 1007.

Le minispace Renault Modus ? Un carton assuré.
Le minispace Renault Modus ? Un carton assuré.

Mais on ne peut tout de même pas se tromper à tous les coups. C’est fort de cette certitude que le confiné aux magnifiques intuitions prend la route de Barcelone en 2007. La capitale catalane était, et reste toujours, le tas de sable ou tous les essayeurs d’autos vont jouer avec leurs pelles, leurs râteaux et les nouvelles autos.

Cette année-là, l’attraction avait un drôle de nom : Nissan Qashqaï. Un truc incompréhensible, bien au-delà du nom. Il n’est pas fait pour crapahuter, et d’ailleurs il faut ajouter 2 000 euros d’options pour disposer de 4 roues motrices. En plus, il est moins habitable qu’un monospace et moins modulable. Le japonais, non content d’avoir fabriqué une espèce de Golf avec de grosses roues qui ne va intéresser strictement personne, a en plus l’outrecuidance de déposer le nom « Crossover ». Comme si les concurrents (si ce truc bizarre en a un jour) allaient utiliser ce terme.

Un "Crossover" ? Aucun intérêt

On épargnera au lecteur la suite des aventures du Qasqhaï, son énorme succès, sa descendance multiple, ses hordes de concurrents et le fait qu’il est à l’origine du segment des SUV compacts qui, depuis son avènement, est celui qui connaît la plus forte croissance de l’automobile mondiale.

Du coup, quand la maisonnée sollicite l’opinion du confiné de trois semaines sur une série, un plat ou une lecture, des activités de confinés en somme, il se garde bien de livrer un avis définitif, et se range derrière les choix du public. Le couscous ? C’est le plat préféré des Français. La Casa de Papel ? C’est un carton sur Netflix. Les livres de Guillaume Musso ? Ce sont des best-sellers. La confinitude fait naître le doute. Et le mauvais goût en matière de littérature.

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