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DESIGN BY BELLU - Fausses nouvelles : "Les automobiles les plus géniales n’ont pas été prédigérées par des marketeurs timorés, mais sont nées de l’imagination de concepteurs visionnaires"

Dans Futurs modèles / Design

Les fausses nouvelles en question ne sont pas des fake news ; pas des informations erronées, mais des voitures qu’on nous présente comme nouvelles mais ne le sont pas vraiment.

DESIGN BY BELLU - Fausses nouvelles : "Les automobiles les plus géniales n’ont pas été prédigérées par des marketeurs timorés, mais sont nées de l’imagination de concepteurs visionnaires"

On ne va pas faire semblant d’être effarouché. On le sait, pour vendre une lessive, une pizza quatre fromages ou un programme politique, il faut associer le produit à la notion de nouveauté. Soit.

L’impératif est le même pour une voiture. Difficile de réveiller l’appétence du consommateur pour un produit dès lors qu’il est déjà sur le marché.

On a beau l’admettre, on est quand même agacé de voir des Fiat 500X, Range Rover Evoque ou Porsche Macan se présenter comme d’absolues nouveautés alors que leur silhouette nous est déjà familière depuis des lustres.

Porsche Macan 2014.
Porsche Macan 2014.
Porsche Macan 2018
Porsche Macan 2018

 Il s’agit en réalité d’actualisations nécessaires pour relancer la machine commerciale, des rebondissements dans une carrière. La 500X bénéficie de nouvelles motorisations, mais conserve un style (au demeurant pertinent) figé en 2014. La brillante Evoque voit son équipement intérieur s’enrichir considérablement, mais les retouches apportées à l’extérieur ne se renouvellent pas depuis 2010. Quant à la Macan, elle s’enorgueillit d’une nouvelle identité lumineuse avec un bandeau rouge qui rejoint les optiques arrière et c’est à peu près tout ce qui a visuellement changé depuis cinq ans.

Plus frustrantes encore sont les opérations de rénovation bien réelles… mais qui s’avèrent imperceptibles. Plusieurs modèles ont reçu des carrosseries entièrement redessinées, sans reprendre un embouti de la génération précédente, mais il faut regarder à deux fois pour déceler les différences !

Bentley Continental GT 2002.
Bentley Continental GT 2002.
Bentley Continental GT 2010.
Bentley Continental GT 2010.
Bentley Continental GT 2017.
Bentley Continental GT 2017.

 Ainsi, la Bentley Continental GT passe de génération en génération sans s’éloigner du modèle original. Et que dire de la Classe G de Mercedes-Benz dont la nouvelle mouture a été présentée il y a un an. Elle a été refondue après quarante ans de bons et loyaux services par des stylistes qui ont reproduit le dessin original sans la moindre actualisation ! Ne s’est-il donc rien passé sur la planète en quatre décennies ? À moins que la circonspection des cadors du marketing paralyse à ce point les élans créatifs…

Mercedes Classe G 2014.
Mercedes Classe G 2014.
Mercedes Classe G 2018.
Mercedes Classe G 2018.

 Ceci est incontestable et ce n’est pas nouveau. Il y a vingt ans, Patrick le Quément, alors patron du design chez Renault, pestait déjà contre le marketing et opposait le « design instinctif et le marketing extinctif ».

Renault Avantime 1999.
Renault Avantime 1999.

Pourtant, c’est sans se soucier du marketing que s’imposèrent les grandes révolutions qui ont fait avancer le design automobile, sans se reposer sur les certitudes du passé, sans se retrancher derrière les acquis. De l’Austin Mini à la Renault Avantime, de la Nissan Be-1 à la Range Rover, les automobiles les plus géniales n’ont pas été prédigérées par des marketeurs timorés, mais sont nées de l’imagination de concepteurs visionnaires.

Fiat Panda 1986.
Fiat Panda 1986.
Fiat Panda 2011.
Fiat Panda 2011.

De nos jours, les ruptures sont rarissimes et n’en sont que plus méritoires. Il y eut la Fiat Panda, en 2003, qui quitta sa posture minimaliste pour prendre une stature plus cossue. Ou encore la Classe A de Mercedes  qui en 2012 troqua sa dégaine de petit monospace pour une silhouette de compacte sportive.

Mercedes Classe A 2001.
Mercedes Classe A 2001.
Mercedes Classe A 2018.
Mercedes Classe A 2018.

 Sans parler de la Talisman qui, en 2015, a fait oublier d’un trait de plume salutaire la regrettable Latitude chez Renault.

Renault Latitude 2010.
Renault Latitude 2010.
Renault Talisman 2015.
Renault Talisman 2015.

BMW Série 7 2001.
BMW Série 7 2001.

  Les goûts, les nécessités, les styles de vie changent. C’est le rôle du designer de pressentir ces mutations et d’en tenir compte, de devancer les attentes, les deviner, les dépasser. Mais il faut de l’audace et de la persuasion pour procéder à des remises en question décisives. Chris Bangle en a fait les frais. Patron du design chez BMW de 1992 à 2009, il a brisé les codes d’une évolution tranquille qui ronronnait et ne prenait aucun risque. Résultat, quand il a secoué les bonnes consciences, il fut attaqué, insulté, conspué.

C’est aussi le marketing qui impose les modifications périodiques, inutiles, voire délétères. L’actualisation des produits est une vieille pratique que les Américains avaient instaurée après la Seconde Guerre mondiale. Les constructeurs programmaient l’obsolescence de leurs modèles en les modifiant tous les ans, en changeant une calandre, un chrome, une aile, un motif. Pour rien, sinon pour démoder le modèle précédent et alourdir l’objet. Forcément, à chaque retouche, le style perdait de sa fraîcheur et finissait complètement dénaturé…

Encore aujourd’hui, certains constructeurs ne peuvent pas s’empêcher de revenir sur des dessins réussis, équilibrés, cohérents, les retoucher, les corriger, les abîmer. La DS 3 et la DS 5 ont été victimes de cette frénésie de changement. Elles ont perdu leur formidable spontanéité des débuts en se chargeant de chromes et de motifs superflus et prétentieux.

DS 5 2011.
DS 5 2011.
DS 5 2015.
DS 5 2015.

Les designers se sont émancipés de la domination de l’ingénierie pour une meilleure collaboration. Il leur reste à s’affranchir de la pusillanimité du marketing.

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Commentaires (20)

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Par Profil supprimé

Pour un premier jet, c'est assez intéressant. J'attend la version définitive de l'article pour donner mon avis.

Par

J'aime bien les prises de risque côté design.

Le conformisme à l'excès (style la golf) ça ne me vend pas de rêve.

Par

"Chris Bangle en a fait les frais. Patron du design chez BMW de 1992 à 2009, il a brisé les codes d’une évolution tranquille qui ronronnait et ne prenait aucun risque"

Je ne suis pas de votre avis .. Bangle est chez BMW à supervisé le design de bon nombre de véhicules " sans aucun

risque" jusqu’à son départ .... E36 , Z8 aux cotés d'Henri Fisker , Z3 , M3 E46 CSL ..... Il à donc était capable de sortir des véhicules au look typiquement BMW avant d'ajouter sa grosse touche d'extravagance sur les série 5 E60 , série 6 E63 et série 7 E65 ... Par ailleur , la génération de modèles après son départ , s'est contentée de reprendre son design tout en affinant les lignes ( les rendant quelconques pour les uns , plus élégantes pour les autres ) ....

Je suis d'accord pour dire que Bangle à mis un gros coup de pied dans la fourmilière en apportant un style qui au premier abord ne pouvait pas forcement coller avec les attentes du directoire et des goûts des clients , c'était un pari osé mais néanmoins réussis , mais je ne trouve pas pour autent que les modèles avant E60 / E90 étaient d'une banalité à pleurer et j'aurais même tendance à dire le contraire !!

Il ne faut pas oublier ce que BMW fut capable de faire par le passé .... 328 , 507 , 501 , M1 , 3.0 CSL , 700 , Z1 , 635 CSI E24 , 850 E31 , 2002 Turbo E10 , C2 Nazca ..... BMW à déjà eu son lot de beautés mythiques et qui n'avaient rien de "stagnantes et sans prise de risques" , bien avant son arrivée :jap:

Par

La passion automobile doit aussi être tempérée par les milliards d'euros dépensés par les constructeurs. Si j'ai 10 milliards par an de budget global, il faut bien le distribuer, entre les services, et aller sur les marchés pour se financer. Comment on fait alors si un produit de rupture fait un bide et prive mon entreprise de ressources qui auraient servi pour d'autres projets rentables et moins risqués ? B on réduit la voilure au risque de sous investir et de perdre des parts de marché. Le cauchemar des financiers. Après être un précurseur peut être payant quand ça marche comme Nissan avec ses suv comme le qasqhai en Europe. Plus qu'être un suiveur. Mais à l'heure où la concurrence est mondiale, ou les investissements dans la dépollution, les énergies électriques ou hydrogénes, dans la voiture autonome nécessitent des sommes inimaginables, difficile pour un financier de dire oui à des projets de designer risqués...

Par

dans les missions du marketing il y a au moins 2 objectifs : Soit le marketing tente de prévoir la tendance des acheteurs, soit nous fait apparaitre la chose comme géniale (publicité).

Malheureusement il faut parfois écouter le marketing ou alors le pousser très fort pour faire vendre, exple de l'Advantime. Ici ils auraient mieux fait de l'écouter. Ils auraient anticipé que la population aisé (cible de cette auto) et même le commun des mortel, allaient être réticents à ce design assez indigent. Ou alors faire du forcing pour le faire admettre.Et malheureusement comme habituellement chez Renault à cette époque, la qualité/fiabilité n'était pas non plus au rendez-vous. ça l'a tué au lieu de la sauver un peu.

Par contre la Latitude, ils auraient vraiment du faire davantage de pub pour nous la faire accepter. Et surtout la faire accepter aux journalistes. Car en fait c'est une bonne auto, fiable, confortable, très bien équipée. Certes un design assez conventionnel, passe partout, mais pas laid non plus.

Ici la pub aurait servi pour faire accepter aux journalistes et clients la pilule du rebadgeage. Solution facile prise par Renault. C'est surtout ça qu'on lui a reproché. Cela a été compris comme prenez les miettes vous ne valez pas plus.

Et pourtant ... pour l'avoir vu, essayée, et suivie par une connaissance qui en a fait l'acquisition, c'était une bonne voiture.

Par

En réponse à sillyclimber

dans les missions du marketing il y a au moins 2 objectifs : Soit le marketing tente de prévoir la tendance des acheteurs, soit nous fait apparaitre la chose comme géniale (publicité).

Malheureusement il faut parfois écouter le marketing ou alors le pousser très fort pour faire vendre, exple de l'Advantime. Ici ils auraient mieux fait de l'écouter. Ils auraient anticipé que la population aisé (cible de cette auto) et même le commun des mortel, allaient être réticents à ce design assez indigent. Ou alors faire du forcing pour le faire admettre.Et malheureusement comme habituellement chez Renault à cette époque, la qualité/fiabilité n'était pas non plus au rendez-vous. ça l'a tué au lieu de la sauver un peu.

Par contre la Latitude, ils auraient vraiment du faire davantage de pub pour nous la faire accepter. Et surtout la faire accepter aux journalistes. Car en fait c'est une bonne auto, fiable, confortable, très bien équipée. Certes un design assez conventionnel, passe partout, mais pas laid non plus.

Ici la pub aurait servi pour faire accepter aux journalistes et clients la pilule du rebadgeage. Solution facile prise par Renault. C'est surtout ça qu'on lui a reproché. Cela a été compris comme prenez les miettes vous ne valez pas plus.

Et pourtant ... pour l'avoir vu, essayée, et suivie par une connaissance qui en a fait l'acquisition, c'était une bonne voiture.

Le monde est truffé devons produits (confort et fiabilité par exemple) mais il faut encore qu'il s'adresse à son public ou le créé.

La Nissan Maxima par exemple : pour combien de ventes ! Alors que des produits comme la Latitude ait été sortie aussi pour l'Europe était d'emblée sot : l'acheteur qui souhaite cette gamme de produits a un caractère et des attentes qui ne se limitent pas dans le conscient et sa voiture reste un prolongement de lui même.

Lavantime est un autre sujet : l'originalité n'est a mon sens pas le problème car il y a un public qui voulait se démarquer à ce niveau de gamme. Le problème est la finition et le bricolage apparent du véhicule. Qui va payer si cher pour un gadget sur roues. Aujourd'hui en collection elle trouvé son sens, mais pour vivre au quotidien avec la cinématique des portes et leurs défectuosités ?

La nouvelle direction de Renault me donne plus confiance pour le sommet de gamme : soit elle l'arrêtera soit son développement sera enfin finalisé.

Par

En réponse à Pagani-Zonda

"Chris Bangle en a fait les frais. Patron du design chez BMW de 1992 à 2009, il a brisé les codes d’une évolution tranquille qui ronronnait et ne prenait aucun risque"

Je ne suis pas de votre avis .. Bangle est chez BMW à supervisé le design de bon nombre de véhicules " sans aucun

risque" jusqu’à son départ .... E36 , Z8 aux cotés d'Henri Fisker , Z3 , M3 E46 CSL ..... Il à donc était capable de sortir des véhicules au look typiquement BMW avant d'ajouter sa grosse touche d'extravagance sur les série 5 E60 , série 6 E63 et série 7 E65 ... Par ailleur , la génération de modèles après son départ , s'est contentée de reprendre son design tout en affinant les lignes ( les rendant quelconques pour les uns , plus élégantes pour les autres ) ....

Je suis d'accord pour dire que Bangle à mis un gros coup de pied dans la fourmilière en apportant un style qui au premier abord ne pouvait pas forcement coller avec les attentes du directoire et des goûts des clients , c'était un pari osé mais néanmoins réussis , mais je ne trouve pas pour autent que les modèles avant E60 / E90 étaient d'une banalité à pleurer et j'aurais même tendance à dire le contraire !!

Il ne faut pas oublier ce que BMW fut capable de faire par le passé .... 328 , 507 , 501 , M1 , 3.0 CSL , 700 , Z1 , 635 CSI E24 , 850 E31 , 2002 Turbo E10 , C2 Nazca ..... BMW à déjà eu son lot de beautés mythiques et qui n'avaient rien de "stagnantes et sans prise de risques" , bien avant son arrivée :jap:

Cette série 7 Bangle s'est très bien vendue de mémoire et il ne faut pas la juger sans prendre en compte son marché majeur : USA.

Mais un mot arrive très vite sur le style et est mentionné aussi : élégance. Une voiture de cette catégorie sans élégance pouvait elle fonctionner sur son "électorat" habituel de chefs d'entreprises ? Pouvait elle lorgner encore moins vers les taxis qu'avec cette particularité ?

En somme l'élégance est à conserver. L'élégance en tout.

Par

Raccord avec le monsieur qu'a écrit l' article.

Par

En réponse à zafira500

Commentaire supprimé.

Oui exact c'est des logos , des haricots de calandre et un moteur Italdesign dessus merci .....

Par

Chez Mercedes le changement est radical pour la class A, pour les autres constructeurs pas bcp d'évolutions !

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