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Ford fait marche arrière sur l’IA et recrute 350 ingénieurs tout ce qu’il y a de plus humains

Dans Economie / Politique / Industrie

Michel Holtz

L’intelligence artificielle a ses limites, et le constructeur de Dearborn vient d’en faire l’expérience. Après avoir misé sur les algorithmes, l’Ovale a dû rétropédaler face à ses problèmes de qualité. La marque a embauché, ou réembauché, 350 ingénieurs de chair et d’os. Faute avouée est à moitié pardonnée ? Toujours est-il que Ford avoue son revirement, qui remonte déjà à quelque temps, au moment même de la révélation du classement JE Power de la qualité auto. Un classement ou la marque décroche la première place après des années difficiles

Ford fait marche arrière sur l’IA et recrute 350 ingénieurs tout ce qu’il y a de plus humains
Chez Ford, l'humain a gagné sur la machine. Pour le moment. Photo : MaxPPP.

Est-ce un grand pas pour l’homme et un petit recul pour l’IA ? C’est en tout cas un sursis pour l’intelligence humaine et une parenthèse pour l’artificielle.

Car Ford a fait machine arrière en constatant l’échec des processus de R&D automatisés que le constructeur avait mis en place. Du moins n’avait-il pas atteint le niveau de qualité qu’il espérait pour ses autos.

Virés, puis réembauchés

Résultat : une campagne de recrutement de 350 ingénieurs dont, certains venaient d’être virés quelques mois auparavant. Ces vétérans ont repris les rênes qui étaient aux mains des machines pour que tout rentre dans le bon ordre.

L’information, publiée par l’agence Bloomberg n’a d’ailleurs pas tardé à être confirmée par le constructeur de Dearborn et c’est Kumar Galhotra, son responsable des opérations qui a reconnu la manœuvre auprès de l’agence. Plutôt loquace, la maison Ford a même envoyé son vice-président de l’ingénierie Charles Poon expliquer cette volte-face. « Nous avons pensé à tort qu’en introduisant simplement de l’intelligence artificielle et en intégrant les exigences de conception que nous avions établies, cela donnerait lieu à un produit de haute qualité ».

On peut évidemment se demander pourquoi Ford se montre si disert pour avouer ce qui, après tout, est un échec, celui d’avoir tout misé sur l’IA, et même plutôt avant d’autres géants de l’industrie ? C’est que jusqu’à récemment l’ovale semblait traverser une sacrée zone de turbulences en termes de qualité. Dans le classement américain JD Power, sorte de mètre étalon en la matière, la marque se classait 15e sur 25 en 2023.

Ford humaniste ?

Mais étonnamment, dans ce Top 25 2026, qui résulte d’un questionnaire auquel 78 000 acheteurs de voitures neuves répondent après 90 jours d’utilisation de leur nouvelle auto a été publié le 25 juin dernier, Ford est arrivé en tête. Or, le recrutement des 350 ingénieurs, et le licenciement de l’IA ont été révélés quatre petits jours plus tard, alors qu’ils remontent à plusieurs mois

Ceci explique, entre autres, la bonne volonté de la marque qui a avoué sans se faire prier ce chamboulement au niveau de sa R&D. Une bonne manière de passer pour un humaniste, car autant l’IA est utilisée par tous, autant elle est détestée par chacun.

Reste à savoir si ces ingénieurs repêchés ou embauchés de frais le sont en CDD ou en CDI, même si cette notion n’existe pas aux US. Car ils ont pour tâche, entre autres, d’éduquer l’intelligence artificielle pour qu’elle soit plus efficace. Jusqu’à ce qu’elle les remplace à nouveau ?

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