Mercedes S320 W220, bonne affaire du grand luxe ou piège redoutable ?
La Mercedes Classe S W220, top du haut de gamme en son temps, ne coûte vraiment pas cher en version 320. Une bonne occasion de rouler dans un confort total, mais qui mérite toutefois des précautions pour ne pas virer au gouffre financier. Qui prend le risque, dès 4 000 € ?

On est allé trop loin. Mercedes a dépensé sans (trop) compter en développant son vaisseau-amiral de 1991, la Classe S W140. Succès commercial, elle n’a, cela dit, peut-être pas été suffisamment rentable pour le constructeur, en raison de sa complexité, aussi, pour la remplacer, il change de stratégie.
Foin de démesure, on cherche quelques tonnes de finesse dans un monde de panzers. Cela passe par un design bien plus fluide et élégant, toujours dû à l’équipe du regretté Bruno Sacco. Mercedes prévoit aussi un certain nombre d’innovations, que l’on découvre lorsque la Classe S W220 est présentée au salon de Paris en septembre 1998.

Celle-ci prend le contrepied de sa devancière par son gabarit plus raisonnable (- 7,5 cm en longueur, pour un total de 5,04 m) qui n’empêche pas l’habitabilité de progresser, grâce notamment à l’empattement étiré de 3,7 cm. Corolaire, le poids chute à 1 770 kg. D’un dessin sans agressivité, la Mercedes arbore des équipements inédits (mais pas forcément en série), tels que le régulateur de vitesse actif Distronic couplé à un radar, le dispositif multimédia Comand à écran couleur, ou le démarrage sans clé Keyless Go.

D’emblée, la Classe S est proposée en V6 et en V8, mais nous allons nous en tenir ici au plus petit des moteurs. D’une cylindrée de 3,2 l, ce 6-cylindres atmo à 18 soupapes équipant la S320 développe tout de même 224 ch. Attelé obligatoirement à une boîte automatique comptant 5 rapports, il emmène la Mercedes à 240 km/h, tout en lui faisant franchir les 100 km/h en 8,2 s : suffisant.

De série, la « petite » S320 dispose déjà d’une belle panoplie : suspension pneumatique, sellerie cuir à réglages électriques, clim auto bizone, ESP, radar de recul, hifi à 10 haut-parleurs, profusion d’airbags (protégeant les passagers y compris à l’arrière)… Le prix est logiquement énorme : 455 300 F, soit 105 850 € actuels selon l’Insee. On trouve aussi une version longue (5,16 m) qui complète la dotation d’une banquette arrière chauffante à réglages électriques depuis laquelle on peut agir sur la position du siège avant passager.

En 1999, une version diesel S320 CDI, forte d’un 6-en-ligne 3,0 l de 197 ch s’invite, alors qu’en 2002, la Classe S est légèrement restylée. A cette occasion, le 3,2 l essence est remplacé par un 3,5 l produisant 245 ch (S350), un 2,8 l de 204 ch arrive en entrée de gamme (S280) et le diesel passe à 204 ch. En 2005, la S W220 est retirée, produite à 484 683 unités : joli succès.

Combien ça coûte ?
On trouve de belles S320 CDI dès 4 000 €, qui affichent certes plus de 300 000 km. En essence, on ajoutera de 500 € à 1 000 €, alors que pour 5 000 €, on peut s’offrir un exemplaire tournant autour des 250 000 km. A 7 000 €, on peut tomber sous les 150 000 km, et à 8 000 €, on a même vu une S320 essence totalisant 80 000 km. De toute façon, les plus beaux exemplaires ne doivent pas dépasser 10 000 €.

Quelle version choisir ?
Plutôt une version à essence, plus simple mécaniquement donc moins sujette aux ennuis potentiels. De surcroît, même si pour l’instant ça ne prête pas tellement à conséquence, elle sera en vignette Crit’air 3, contre 4 ou 5 au diesel. Privilégiez les autos parfaitement fonctionnelles et dotées de leur historique de maintenance.

Les versions collector
Celles en état absolument irréprochable, à faible kilométrage et dans une configuration originale (options nombreuses, coloris décalés).

Que surveiller ?
Les frais de maintenance sont l’une des raisons à la cote basse de la Classe S W220. Mécaniquement, le 320 essence est d’une très, très grande robustesse, tant du côté du moteur (à chaîne de distribution) que de la boîte, si on la vidange tous les 60 000 km. Le diesel affiche également une belle robustesse, même si, à fort kilométrage, on devra surveiller de près le système d’alimentation haute pression et le turbo. Sur l’essence, on relève des soucis de capteur de vilebrequin, pouvant empêche les démarrages à chaud, même si cela demeure assez bénin.
Les soucis de ces Mercedes proviennent d’ailleurs : elle a été conçue dans un souci d’économies tout en se parant d’une profusion d’équipements sophistiqués. Un ensemble détonnant. Evoquons d’abord la suspension pneumatique, sujette à des fuites, alors que son compresseur peut se gripper.
Ensuite, abordons ensuite l’habitacle qui recèle son lot de mauvaises surprises, avec une finition en baisse (pastiques vieillissant, cuirs de qualité insuffisante). Surtout, l’électronique peut être une source d’ennuis à répétition, entre le boîtier SAM qui prend l'eau et génèrent bien des tracas, les dysfonctionnements du système Comand, les pannes des moteurs d’assistance de fermeture de porte, les blocages du Neiman, ou encore la batterie qui se décharge sans raison apparente quand la voiture est immobilisée. Enfin, la carrosserie est sensible à la corrosion, notamment du côté des passages de roue. Le restylage s’accompagne d’une nette hausse de la qualité générale.

Sur la route
L’habitacle de la S320 arbore un design en vague plutôt appaisant mais la finition n’impressionne pas vraiment. Dommage car on est divinement bien installé dans des sièges fort bien conçus. Le bien-être se poursuit quand la voiture se met à rouler, tant elle filtre, dans le plus grand silence, la plupart des inégalités. Sur route, les performances sont suffisantes, le moteur ne rechignant jamais à la tâche, même si la boîte, au demeurant douce, manque de vivacité.

On pourrait croire que la Mercedes se comporte comme une péniche : il n’en est rien. De prime abord, elle semble bien paisible, mais plus on la bouscule, plus elle étonne par sa rigueur, son équilibre voire sa maniabilité. Même la direction fait preuve d’une belle précision, même si elle pourrait se montrer plus communicative. Quant au freinage, il affiche une bonne puissance d’arrêt, mais l’endurance n’est pas son fort. Enfin, la consommation est très raisonnable, à 10,5 l/100 km en moyenne.
L’alternative youngtimer
Mercedes 300 SE – S320 W140 (1991 – 1998)

La Mercedes de la démesure et de l’excès, c’est elle, la W140. Révélée en 1991, elle déconcerte par son gabarit et ses équipements, d’une richesse rarement vue chez le constructeur. Conçue sans regarder à la dépense, elle affiche une qualité digne de la réputation de l’étoile. En entrée de gamme, la 300 SE reçoit comme son nom ne l’indique pas un 6-en-ligne 3,2 l de 231 ch, qui l’emmène à 230 km/h malgré ses 1 890 kg.
De série, on trouve une boîte 5 manuelle, et en option, une automatique 4 vitesses. La W140 rencontre un certain succès, et bénéficie d’un restylage fin 1993. Là, les appellations changent et cette variante se renomme S320, alors qu’apparaît une S280, en 2,8 l pour 193 ch. En juin 1996, la W140 évolue encore, bénéficiant de nouveaux raffinements, et elle termine sa carrière en 1998, produite à 432 732 unités. A partir de 6 000 €.
Mercedes-Benz S320 (1999), la fiche technique
- Moteur : 6 cylindres en V, 3 199 cm3
- Alimentation : injection
- Suspension : jambes de force, bras superposés, ressorts pneumatiques, barre antiroulis (AV), essieu multibras, ressorts pneumatiques, barre antiroulis (AR)
- Transmission : boîte 5 automatique, propulsion
- Puissance : 224 ch à 5 600 tr/min
- Couple : 315 Nm à 3 000 tr/min
- Poids : 1 770 kg
- Vitesse maxi : 240 km/h (donnée constructeur)
- 0 à 100 km/h : 8,2 s (donnée constructeur)
> Pour trouver des annonces de Mercedes Classe S W220 V6 rendez-vous sur le site de La Centrale.


















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