Stellantis préfère utiliser la technologie de son partenaire chinois Leapmotor pour son futur SUV électrique Opel
Stellantis confirme qu’il préfère utiliser la technologie de son partenaire chinois Leapmotor pour concevoir au moins un futur SUV électrique Opel et veut aussi lui vendre indirectement l’une de ses usines espagnoles. L’industrie automobile européenne peut-elle conserver son expertise avec de telles stratégies ?

Utiliser la technologie et les plateformes de Leapmotor dans le développement d’un nouveau SUV Opel pour réduire les coûts. Voilà la stratégie future du groupe Stellantis annoncée par des médias comme Reuters il y a quelques semaines, qui se confirme officiellement avec la publication d’un communiqué précisant les projets de Stellantis, Opel et Leapmotor. Ces développements se feront via la coentreprise Leapmotor International (LMPI) mise en place en 2023 pour la distribution des véhicules de Leapmotor par Stellantis en Europe, dont le groupe détient 51 % du capital.
A noter qu’on ne parle pas d’un remplaçant direct de l’Opel Mokka comme cela avait été évoqué : le communiqué de Stellantis décrit plutôt un « C-SUV électrique Opel », sur un segment au-dessus de celui des B-SUV occupé par le Mokka actuellement en fin de carrière (et assemblé sur le site de Poissy). Celui d’Opel précise que « ce nouveau C-SUV Opel devrait être commercialisé aux côtés de la gamme actuelle de SUV composée des Opel Grandland, Frontera et Mokka ».
Un SUV électrique Opel à la technologie Leapmotor
D’après le communiqué officiel donc, Opel planche sur l’industrialisation d’un nouveau SUV électrique sur le site de Figueruelas à Saragosse en Espagne, où sont actuellement fabriquées les Peugeot 208 et Lancia Ypsilon. Le groupe Stellantis mise sur un démarrage de sa production en 2028 et rappelle que Leapmotor doit aussi produire son B10 sur ce même site « avec un démarrage potentiel dès 2026 ».
Mais c’est surtout la conception de ce futur SUV électrique Opel qui marque une grande première : « Dans le cadre de la stratégie de Stellantis visant à développer le marché européen des véhicules électriques à batterie, ce nouveau C-SUV Opel envisagé à Figueruelas – site historique où plus de 10 millions d’Opel Corsa ont été produites depuis 1982 – bénéficierait également de composants issus de LPMI, hautement compétitifs, contribuant ainsi à rendre son prix plus accessible pour les clients européens », peut-on lire. Oui, ce véhicule reprendra bien les éléments techniques de base des produits Leapmotor plutôt que ceux conçus au sein du groupe Stellantis. En clair, il devrait adopter une plateforme Leapmotor avec un design simplement modifié pour l’intégrer dans la gamme Opel.
Le communiqué laisse par ailleurs entendre que Stellantis s’appuiera davantage sur la technologie de Leapmotor via sa coentreprise montée avec le constructeur chinois, LPMI, pour la conception de ses futures voitures électriques : « Stellantis et Leapmotor coopéreraient également dans le domaine des achats via LPMI, en s’appuyant sur la taille et la puissance de leurs organisations combinées. L’objectif serait de renforcer la compétitivité-prix en tirant parti de l’écosystème chinois des Véhicules à Energie Nouvelle, tout en mobilisant les capacités de la chaîne d’approvisionnement européenne afin d’en accroître la résilience et d’accélérer la mise sur le marché de nouveaux modèles ».
Vendre l’usine Stellantis de Villaverde en Espagne
Le communiqué parle aussi de l’usine de Villaverde de Stellantis : « afin de renforcer significativement l’avenir du site de Villaverde, à Madrid, l’extension envisagée pourrait inclure l’attribution d’un nouveau véhicule Leapmotor à cette usine, avec un calendrier potentiel à partir du premier semestre 2028. Cette évolution revêt une importance particulière dans la perspective de l’arrêt programmé de la production de la Citroën C4 sur ce site. Par ailleurs, un transfert éventuel de la propriété de l’usine vers la filiale espagnole de LPMI est à l’étude. La production à Villaverde respecterait les futures exigences « Made in Europe », et les véhicules seraient commercialisés par LPMI sur les marchés européens et au Moyen-Orient et en Afrique (MEA) », apprend-t-on.
En résumé, Stellantis compte développer un maximum de synergies industrielles avec son partenaire Leapmotor, marque dont il détient 21 % du capital, et officialise sa volonté d’utiliser sa technologie pour la conception de nouveaux modèles au sein de ses marques. Il veut aussi investir dans le développement de sa coentreprise montée avec Leapmotor. Mais ces projets passeront par l’abandon d’une partie de l’expertise des marques européennes de Stellantis sur la conception même de leurs autos. Un passage du communiqué publié par Opel paraît d’ailleurs très révélateur à ce sujet : « le nouveau véhicule devrait utiliser les composants clés de la dernière architecture électrique et de la technologie batterie de Leapmotor, associés au design signature d’Opel, à son expertise en matière d’expérience embarquée, à son ingénierie châssis ainsi qu’à ses technologies d’éclairage et de sièges ». Oui, l’expertise d’Opel dans ce projet ne se limite plus qu’à l’éclairage et aux sièges ! Certes, le constructeur allemand devait déjà composer avec la technologie des autres marques de l’ancien groupe PSA depuis son rachat.
Rappelons par ailleurs qu’à la fin de l’année dernière, l’Etat chinois a aussi fait son entrée au capital de Leapmotor à la hauteur de 5 % via la société FAW. Il surveillerait de près le développement de Leapmotor et voudrait, d’après les journalistes des Echos, garder son mot à dire sur sa stratégie.


















Déposer un commentaire
Alerte de modération
Les données que vous renseignez dans ce formulaire sont traitées par GROUPE LA CENTRALE en qualité de responsable de traitement.
Les données obligatoires sont celles signalées par un astérisque dans ce formulaire.
Ces données sont utilisées à des fins de :
Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement de ces données, d’un droit de limitation du traitement, d’un droit d’opposition, du droit à la portabilité de vos données et du droit d’introduite une réclamation auprès d’une autorité de contrôle (en France, la CNIL).
Pour en savoir plus sur le traitement de vos données : Politique de confidentialité
Alerte de modération