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C’est officiel : l’interdiction des voitures thermiques en 2035 est assouplie

Dans Economie / Politique / Politique

Michel Holtz , mis à jour

Après son annonce avortée du 10 décembre, la Commission européenne a pris sa décision concernant la fin des voitures thermiques. Au final, la réduction de 100 % d’émissions retombe à 90 % au 1er janvier 2035, ce qui laisse le champ libre aux PHEV, aux prolongateurs d’autonomie, et peut-être même à quelques thermiques purs. Explications.

C’est officiel : l’interdiction des voitures thermiques en 2035 est assouplie
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen devrait annoncer les assouplissements au couperet de 2035 le 16 décembre. Crédit photo : MaxPPP.

Mise à jour le 16 décembre à 17h40.

C’est long une décision européenne. Mais dans la très grande majorité des cas, lorsque la date d’une annonce est fixée, elle est respectée. Sauf dans le cas, épineux, du couperet de 2035, et de la fin de la voiture thermique. Ursula von der Leyen devait prendre la parole le 10 décembre pour acter, ou non, la décision du Parlement, mais la réponse tarde, et elle a finalement été donnée mardi 16 décembre efin d’après-midi.

Une décision en demi-teinte, histoire de ne fâcher personne, ni les Allemands, ni les industriels du secteur, ni la France. La voiture électrique au 1er janvier 2035 c’est oui, mais avec des aménagements. Le couperet de 100 % de réduction des émissions de C02 (à la sortie du pot d’échappement), passe à la trappe, remplacée par une réduction de 90 % seulement.

Berlin ravi, Paris beaucoup moins

Une ristourne qui aura pour conséquence de permettre aux constructeurs de vendre des VE à prolongateurs d’autonomie, mais aussi des PHEV à l’autonomie électrique suffisante pour atteindre ce taux. Mais pas que. Pour atteindre les 90 % par gamme, les constructeurs peuvent en passer par des crédits carbone qui peuvent être obtenus grâce à des carburants de synthèse, mais aussi grâce à l’usage d’acier made in Europe. Ce qui n’exclut donc pas, au final, la vente de quelques autos thermiques ou légèrement hybridés pour une part de marché que l’on ignore pour le moment. Comment en est-on arrivé à cette décision en demi-teinte et pour quelle raison cette prise de parole a-t-elle été retardée ?

Parce que l’UE est, comme son nom l’indique, une union, même si elle est surtout le fait des deux pays les plus puissants et les plus influents du Vieux Continent : la France et l’Allemagne. Et les deux en question ne sont pas exactement sur la même longueur d’onde. Même si, globalement, l’assouplissement de la directive de 2023 est acté par tous.

Mais l’hexagone a émis des conditions : ok pour vendre quelques thermiques, très décarbonées, à condition qu’elles soient européennes à 75 %. À Berlin, aucune condition n’est requise. Après moult réunions entre la Commission et les représentants des deux États, Bruxelles a tranché et c’est l’Allemagne qui l’a emporté.

Le chancelier allemand Friderich Merz semble avoir été entendu par Bruxelles. Crédit photo MaxPPP.
Le chancelier allemand Friderich Merz semble avoir été entendu par Bruxelles. Crédit photo MaxPPP.

Parce que le pays européen économiquement le plus fort gagne toujours à la fin ? Pas seulement. L’Allemagne est l’État de l’Union le plus touché par la crise de l’automobile. Parce que c’est le pays qui a le moins délocalisé sa production d’une part, mais aussi parce que c’est de l’autre côté du Rhin qu’on est le plus touché par les taxes américaines et le reflux du marché chinois. Alors Bruxelles a volé à son secours.

Pour autant, si la France a perdu cette première bataille, sa demande de priorité à la production européenne à l’échelle de 10 ans n’est pas tombée dans l’oreille d’une Commission totalement sourde. Sa revendication pourrait être satisfaite dans un second temps, avec des taux d’« européanisation » qui restent flous pour le moment et qui seront décidés en début d’année prochaine. Et ce n’est pas seulement pour faire plaisir à Paris. Car si les marques chinoises ont une longueur d’avance dans l’auto électrique, ils exportent déjà leurs PHEV vers l’Europe, et commencent à commercialiser des VE à prolongateurs d’autonomie chez eux. Alors que dans ce domaine, l’industrie européenne balbutie.

Un malus qui devrait continuer d’augmenter

Pour autant, en France comme en Allemagne, comme dans toute l’Union, la route reste longue et les 10 prochaines années sont semées d’embûches pour atteindre les 90 % de diminution d’émissions. Dans un rapport publié ce 15 décembre, Bercy donne quelques solutions. La France ne devrait pas baisser ses aides à l’achat au cours de la décennie à venir, même si le Ministère à la volonté de les réserver en priorité aux plus faibles revenus. Mais Bercy insiste également sur un autre point : « les signaux-prix défavorables aux motorisations thermiques ».

En termes moins alambiqués, ces termes signifient tout simplement que le malus devrait continuer d’augmenter malgré un semblant d’accalmie, histoire de rapprocher un peu plus encore les tarifs du thermique de l’électrique, au risque de relancer la hausse des prix. Une opération qui doit, toujours selon le ministère, conduire à ce qu’en 2030, 66 % des autos vendues dans l’hexagone soient électriques. Pas gagné.

Comme n’est pas encore tout à fait acquit l’assouplissement de 2035 puisque cette décision doit dorénavant être ratifiée par le Parlement et le Conseil de l’Europe. Mais Ursula von der Leyen a bien entendu consulté les différents partis pour éviter de se lancer dans le vide.

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