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Avec ses électriques, ses nouveaux utilitaires et en misant sur le marché mondial le groupe Renault veut distancier la concurrence

Dans Economie / Politique / Marché

Michel Holtz

Avec un peu moins de 2 millions de voitures vendues en 6 mois, les affaires du losange restent stables grâce, notamment, à son offensive électrique. Mais Ivan Segal, le directeur des opérations monde entend bien développer les ventes à l’international et porter l’estocade dans le domaine des utilitaires

Avec ses électriques, ses nouveaux utilitaires et en misant sur le marché mondial le groupe Renault veut distancier la concurrence
R5 : la nouvelle star, deuxième meilleure vente d'électriques en Europe.

Tout va bien, ou à peu près. Avec une minuscule baisse des ventes mondiales de 0,4 %, le groupe Renault (Alpine, Dacia, Renault) a passé ces 6 derniers mois plutôt sereinement.

La marque Renault elle-même a progressé de 2,6 %, à comparer avec la baisse de 8 % du vieux rival Peugeot, dont la dégelée est du même ordre que celle qu’a subi Dacia à – 8,1 %. Du côté d’Alpine, on affiche à l’inverse un sourire et un score de + 69,1 % Il convient évidemment de relativiser le succès dieppois car la marque n’a vendu que 8 538 unités et que le groupe dans son entier a écoulé 1,16 million d’autos pendant la période.

Renault groupe mondial ?

Cette position de première marque française, Ivan Segal entend bien l’internationaliser. Le directeur des opérations monde du losange veut porter le fer au-delà de sa zone du confort, « notamment dans les pays scandinaves et au-delà de l’Europe ». Une offensive dans laquelle l’électrique doit jouer son rôle, même s’il est conscient du rôle des États et des aides qu’ils consentent à l’achat.

« Ce n’est pas un hasard si les pays ou l’on obtient les meilleurs résultats, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne, bénéficient de bonus ». Sans compter des marchés plus lointains. En Inde, les ventes progressent de 61 % et augmentent de 16,3 % au Mexique, avec des modèles essentiellement thermiques.

Mais comme d’autres, il a conscience de la bascule vers l’électrique qui s’opère depuis le début du conflit en Iran sur tous les continents. Une bascule qui prend la forme, pour les clients, d’un calcul d’utilisation globale de la voiture. Au-delà du prix d’achat ils prennent plus en compte que jamais les tarifs des carburants, et en l’occurrence des recharges. « Lorsque l’avantage économique devient évident, les questions liées à l’autonomie ou à la recharge deviennent presque secondaires. »

Ivan Segal : même pas peur des Chinois.
Ivan Segal : même pas peur des Chinois.

La preuve par l’exemple espagnol ou le gouvernement amorti les hausses de l’essence et du coup, les ventes de voitures électriques sont moins élevées qu’ailleurs.

Résultat de cette marche en avant vers l’électrique : Renault est le deuxième de ce marché derrière Tesla dans l’UE. « Nous réalisons 6,5 % de part de marché dans ce domaine avec une progression de 63,2 %. Le marché lui, est en hausse de 34,2 % ».

Pour autant, pas question, contrairement à une tendance qui semble s’emparer de l’ensemble du secteur, de tout miser sur les volumes plutôt que sur les profits. Le désengagement (relatif) du losange dans les ventes aux loueurs de courte durée (avec des autos lourdement remisées) va dans ce sens pour Ivan Segal qui ajoute, un rien perfide, « que les constructeurs chinois, entre autres, s’y engouffrent ». Il leur laisse ce marché peu rentable qui, en outre peut saturer le parc de l’occasion dès le retour des autos, et fait baisser la valeur résiduelle des modèles.

Renault a-t-il les moyens de résister aux Chinois ?

Le patron des opérations mise donc sur les particuliers, c’est le cas avec la nouvelle Clio 6, mais pour autant, il ne néglige pas les pros, notamment au travers des utilitaires électriques, un marché qui, pour lui ne peut que se développer, notamment grâce aux incitations fiscales. Et le Trafic E-tech à venir.

Des succès présents ou à venir, ou du moins une limitation de la casse serait donc possible malgré l’offensive chinoise du moment ? « La marque Renault est celle qui résiste le mieux, ou en tout cas l’une des deux qui résistent le mieux à cette accélération des marques chinoises » réplique Ivan Segal, en pensant peut-être à son rival européen dans l’électrique. Si à la fin il n’en reste que deux, ce sera donc lui et Elon Musk ?

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