Dacia : " La fonction la plus utilisée est le « bouton magique », qui désactive toutes les alertes sonores. "
La marque roumaine Dacia a connu des jours meilleurs. Entre l’offensive chinoise et les contraintes réglementaires, elle peine de plus en plus à rivaliser en matière de coût. D’ailleurs, c’est ce dernier point que sa directrice, Katrin Adt, pointe du doigt.

« C’est un peu inquiétant lorsqu’on considère la situation économique en Europe ; si l’on analyse les causes de ce phénomène – qui ne s’est produit dans aucune autre région du monde –, c’est tout simplement parce que les voitures deviennent trop chères. Et si l’on cherche à comprendre pourquoi nos voitures coûtent si cher, la raison principale réside dans la réglementation. Cela reste un problème. » Voici ce qu’a déclaré la patronne de Dacia auprès de nos confrères d’Autocar.
Si la réglementation a une part non négligeable dans le prix de vente des autos, il ne faut pas oublier la vague du « pricing power » qui a suivi celle du Covid. Puis la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient a fait flamber le coût des matières premières et de leur transport.
Entre la première Sandero vendue 7 800 € en 2008 et la dernière affichée 13 990 €, il y a un gouffre. Toutefois, ces deux autos n’ont plus rien en commun : confort et sécurité sont notamment d’un autre niveau. Mais la montée en puissance des motorisations hybrides et des aides à la conduite a irrémédiablement fait grimper les prix.
Concernant ces fameuses ADAS, la position de Katrin Adt est claire : « La question est de savoir si c’est exactement ce dont le client a besoin et ce qu’il désire. Le bouton le plus utilisé dans nos voitures est ce qu’on appelle le « bouton magique », qui permet de désactiver toutes les alertes sonores des systèmes d’aide à la conduite. »
Epargner les petites voitures

Sans surprise, elle précise : « Nous avons donc demandé à la Commission européenne, conjointement avec d’autres constructeurs, de geler au moins l’introduction de nouvelles réglementations pour les petites voitures, afin d’avoir une chance de proposer une mobilité abordable. »
De son côté, le patron de Renault Fabrice Cambolive, va dans le même sens en déclarant que ses ingénieurs devaient faire face à un « tsunami réglementaire en provenance d’Europe » et a appelé à un gel de la réglementation pour une durée de dix ans. « Nous pourrons alors nous concentrer sur l’accessibilité financière et sur l’électrification. Cela aidera assurément le marché européen à repartir. » Il est évident qu’une Dacia Spring serait vendue moins cher si elle était allégée de certaines aides.
Une baisse de forme plus complexe
Cette bataille a encore plus d’importance pour le futur segment d’entrée de gamme à venir, les e-car. Comme Citroën avec sa future 2CV, Dacia prépare son Hipster, qui devrait tous deux être proposés sous la barre des 15 000 €.
Sur les sept premiers mois de l’année, la marque a vu ses ventes baisser de 8 %. Le Duster connaît une baisse de régime encore jamais vu, à cause notamment de la percée des marques chinoises, mais aussi de la concurrence interne. Le Bigster est venu en partie le cannibaliser et le prochain Stricker pourrait en faire de même.


















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