Entretien auto : les constructeurs chinois gagnent en crédibilité auprès des flottes automobiles
Longtemps considérés avec circonspection par les gestionnaires de flottes, les constructeurs automobiles chinois semblent aujourd’hui avoir franchi un cap décisif en matière de service, d’entretien et de réparation.

Selon les dernières données publiées par Epyx, spécialiste britannique de la gestion de parcs automobiles, le temps moyen d’immobilisation des véhicules (Vehicle Off Road – VOR) issus de marques chinoises exploitées par des flottes au Royaume-Uni s’est nettement amélioré en cinq ans.
Selon le rapport, révélé par nos confrères de Fleet News, le temps d’immobilisation des voitures chinoises est inférieur à celui des autres marques.
Délais d’immobilisation resserrés
En 2020, un véhicule chinois restait immobilisé en moyenne 2,17 jours, contre 1,58 jour pour les marques du reste du monde.
En 2025, la situation s’est inversée. En Grande-Bretagne, « les modèles chinois affichent un délai hors route moyen de 1,25 jour, contre 1,37 jour pour leurs concurrents1.»
Les délais de prise de rendez-vous pour la maintenance demeurent en revanche encore légèrement plus longs. En 2025, les flottes devaient attendre en moyenne 15,73 jours avant d’obtenir une place en garage pour un véhicule chinois, contre 14,88 jours pour l’ensemble des autres marques.
Investissements massifs dans l’après-vente
« Il existe un intérêt marqué des flottes pour les nombreux nouveaux entrants chinois sur le marché britannique du véhicule neuf, et l’une des questions centrales était de savoir s’ils pouvaient répondre aux attentes en matière de service maintenance réparation », explique Tim Meadows, directeur commercial d’Epyx. Aujourd’hui, poursuit-il, « les constructeurs chinois sont légèrement meilleurs que le reste du marché en matière d’immobilisation des véhicules, et légèrement en retrait sur les délais, mais ils peuvent clairement être considérés comme compétitifs. »
Cette amélioration s’explique notamment par les investissements massifs consentis par les marques chinoises les plus visibles, qui ont renforcé leurs réseaux de concessionnaires, développé des plateformes logistiques pour les pièces détachées et créé des centres de formation. Autant d’initiative « efficaces en matière de service, d’entretien et de réparation », explique Tim Meadows.
Percée dans les flottes françaises
Pour autant, la progression des constructeurs chinois dans les flottes britanniques reste mesurée. Leur part dans les nouveaux véhicules intégrés à la plateforme 1link est passée de 0,72 % en 2020 à 4,30 % en 2025.
En France, cette prudence est encore plus marquée, même si les marques chinoises gagnent progressivement du terrain. « En 2025, les immatriculations des nouvelles marques chinoises dans les flottes ont atteint 10 407 unités, en hausse de 61,2 % par rapport à la fin du 3ᵉ trimestre », rapporte l’Arval Mobility Observatory.
Mais leur présence demeure encore modeste. Dans l'Hexagone, les véhicules chinois représentent fin 2025 « une part de marché de 1,4 % (Vs 0,6 % en 2024) dans les entreprises », selon AAA data et l'Arval Mobility Observatory. Un score en deçà des 2,9 % de véhicules chinois immatriculés sur l’ensemble du parc hexagonal. Une percée contenue, grâce à la mise ne place de l’éco score. En attendant la mise en place d'un éventuel label made in Europe, réclamé par la France.
Des constructeurs chinois de mieux en mieux installés
La part des véhicules 100 % électriques éco-scorés dans les entreprises atteignait 66,4 % des immatriculations des modèles 100 % électriques en décembre dernier, contre 50,7 % pour l’année 2024.
« Le fameux sésame délivré par l’Ademe joue donc pleinement son rôle et freine la montée en puissance des marques chinoises dans les parcs automobiles des entreprises » , décrypte l’Arval Mobility Observatory. Mais pour combien de temps encore ?
Les constructeurs de l'Empire du milieu multiplient les projets industriels sur le Vieux Continent. Pas moins de « 13 usines devraient ouvrir en Europe, dont 7 confirmés et 6 en négociation.»
À l’instar du Royaume‑Uni quelques années plus tôt, le marché français pourrait toutefois évoluer, au fur et à mesure que les constructeurs chinois renforcent leurs réseaux et démontrent leur capacité à répondre aux exigences opérationnelles des entreprises.
1 Données sont issues de la plateforme 1link Service Network d’Epyx, qui gère le service, l’entretien et la réparation de près de 4,9 millions de voitures et utilitaires d’entreprise au Royaume-Uni, en lien avec plus de 8 200 garages.















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