Le Transporteur est désormais orphelin de son Audi A8
La grande berline allemande s’apprête à quitter définitivement le catalogue de la marque aux anneaux. De son hold-up marketing et légendaire avec Luc Besson dans la saga Le Transporteur jusqu’à sa chute, retour sur le destin de la limousine qui a fait de Jason Statham son plus fidèle ambassadeur

C’est fini. Après 30 ans de bons et loyaux services, Audi arrête les frais. Sa berline de prestige, son A8, disparaîtra du catalogue après la vente des (rares) derniers modèles en stock. Car la voiture de maître, ça eut payé. Même ces limousines sont désormais concurrencées par les gros SUV, tout aussi luxueux qu’elles.
En plus, l’Audi A8 est désormais technologiquement à la traîne derrière ses concurrentes Mercedes Classe S et BMW Serie 7. Et pourtant, la marque aux anneaux avait réussi un joli coup, marketiquement parlant, pour façonner l’image de sa grande auto qu’il tentait de vendre depuis 1994.
Au nez et à la barbe de BMW
En 2004, la marque s’est offert un côté luxe et dynamique à la fois, domaine qui était jusque-là l’apanage de BMW. Cette année-là, raconte l’auteur de Luc Besson, l’homme qui voulait être aimé, un curieux rendez-vous réunit le producteur et metteur en scène avec la direction d’Audi.
Le bouillant réalisateur, et patron d’EuropaCorp, explique à ses interlocuteurs qu’il est mécontent de son partenariat avec BMW, alors qu’une Serie 7 tient la vedette du dernier film qu’il a produit, Le Transporteur, qui vient de casser la baraque au box-office. Intrigués, les Allemands attendent sa proposition.
Luc Besson leur propose alors un deal, somme toute assez simple : 1 million de dollars par an pendant trois ans pour que leur marque apparaisse dans chacun des films de sa maison de production. En plus, en cadeau hors contrat, il propose de placer un coupé TT dans Taxi 3, film de son écurie en tournage à ce moment-là.

Audi signe immédiatement avec EuropaCorp, conscient de la bonne affaire. Car non seulement, la marque remplace son ennemi BMW, mais elle connaît les tarifs en vigueur. À cette époque-là, aux États-Unis, un placement de produit de cinq minutes coûte 10 millions de dollars. Audi accepte aussi, dans le cadre de son contrat avec Besson, de mettre à la disposition de la production, « 15 à 20 voitures à rendre en bon état » et des autos cadeaux (susceptibles d’être cassées) à hauteur de 250 000 euros chaque année.
Des largesses qui ont été largement récompensées car, outre des apparitions dans Taken, en 2008 et dans Taxi 3 donc, c’est surtout l’A8 qui sera valorisée aux travers des trois Transporteurs à venir. Dans les épisodes 2 et 3, elle vole presque la vedette à Franck Martin, alias Jason Statham car l’auto est de tous les plans, comme lui.
Audi et Statham sont partis vers d’autres combats
Dans l’opus 4, sorti en 2015, c’est une version S8 qui remplace l’A8 W12, et Statham a cédé le job à Ed Skrein, comédien britannique comme lui, car il est accaparé par d’autres grosses productions plus américaines, comme Expendables ou Fast&Furious, sans Audi au générique.
Mais Jason Statham reste définitivement associé à son rôle de chauffeur très spécial du Transporteur, en ne perdant jamais de vue les termes de ses contrats avec des commanditaires forcément chelous : « jamais de noms, jamais de questions » termes auxquels on pourrait ajouter, « mais toujours de la baston ».
Il vient d’achever le tournage de Mutiny de Jean-François Richet en salles cette année, ou il tient le rôle d’un ancien des Forces Spéciales qui combat un complot international. On ne se refait pas. De son côté, Audi veut se concentrer sur des SUV à plus gros volumes que son A8, ce qui ne sera pas bien difficile : il s’en est vendu 13 exemplaires seulement l’an passé en France.


















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