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Les idées reçues et les dangers de la vie en cabriolet l’été

Dans Pratique / Sécurité

Cédric Pinatel

Il fait beau, il fait chaud, c’est le meilleur moment de l’année pour rouler en voiture cabriolet. Mais justement, il s’agit là d’un vieux « cliché » sur l’utilisation de ces autos qui peut vite tourner au cauchemar quand la météo tourne à la canicule, en plus de représenter un danger réel pour la santé.

Les idées reçues et les dangers de la vie en cabriolet l’été
Un cabriolet conduit l'été (ici une Lamborghini Aventador Ultimae Roadster).

Quelle est la meilleure période de l’année pour rouler en cabriolet ? On associe traditionnellement ce genre d’automobile à la saison la plus chaude, celle où l’on peut rester décapoté sans nécessiter de se couvrir à l’intérieur de la voiture. Mais si la perspective d’une balade « cheveux au vent » le soir au bord de mer comme dans le clip de la chanson d’Alain Souchon constitue un rêve assez classique de l’univers automobile, les vrais adeptes de cette pratique savent qu’elle peut aussi tourner au cauchemar quand il fait très chaud dans la vraie vie.

Quiconque s’est déjà retrouvé englué dans un bouchon en cabriolet lorsque le soleil tape et que la température dépasse les 20 degrés le sait : dans ces conditions, la chaleur à bord d’une voiture sans toit (surtout avec un intérieur noir) devient très vite intenable. Je me souviendrai toute ma vie d’un embouteillage vécu dans une Caterham un beau jour de printemps près du circuit Paul Ricard, où je me suis subitement retrouvé en nage avec l’horrible impression de cuir. Les minutes ont paru interminables, sans possibilité de pouvoir appuyer sur un bouton pour refermer la capote.

Sauf à sortir uniquement le matin tôt où le soir pour profiter de cette fameuse conduite à l’air libre par une température agréable (ou de sélectionner des trajets sans le moindre ralentissement ce qui paraît improbable sur un trajet en période estivale de pointe), c’est l’assurance de ruisseler de transpiration dès qu’il faut traverser une ville.

La technique « anglaise »

C’est aussi pour cela que, comme le relevait une étude du cabinet HPI en 2009, le pays comptant le plus de cabriolets par habitants de la région européenne est traditionnellement le Royaume-Uni pourtant connu pour sa météo capricieuse : les Anglais savent depuis longtemps que pour profiter au mieux d’un cabriolet, il faut une température clémente ! Les habitacles des autos modernes, comprenant un système de chauffage efficace même lorsque l’habitacle est ouvert, permettent généralement de maintenir un cocon agréable à bord même lorsqu’il fait froid. A condition de se couvrir un minimum (et encore !), la vie en cabriolet l’hiver peut même devenir extatique par moments (même si l’on croise des regards étonnés de passants souvent convaincus que les autos découvrables ne servent que l’été).

Le problème pour la santé

Au-delà de l’inconfort, rouler en cabriolet lorsqu’il fait chaud et que le soleil tape peut présenter un vrai danger pour la santé. En 2016, une étude d’un ophtalmologue avait déjà prouvé que les vitres latérales des voitures ne protègent qu’en partie des rayons du soleil UVA, induisant un risque à la fois de développer des cancers de la peau et de formation de cataracte.

Dans cette situation, gaffe au risque de cancer de la peau !
Dans cette situation, gaffe au risque de cancer de la peau !

Lorsqu’on roule en cabriolet et que le soleil tape directement sur la peau sans le moindre filtre (même pas des vitres latérales au filtrage imparfait), le risque de cancer augmente dangereusement. Le simple fait de rouler plusieurs heures dans ces autos entraîne vite d’énormes coups de soleil qu’on n’a pas vu venir. D’après l’Institut régional du Cancer de Montpellier, « les rayons UV peuvent devenir dangereux pour notre organisme lors d’une exposition trop intense (plus de 10 minutes par jour avec un indice UV supérieur ou égal à 5) ». Et cette exposition présente aussi un risque pour les yeux : « elle peut causer à court terme des ophtalmies, brûlure de la cornée, qui surviennent principalement à la montagne ou à la mer ».

Voilà pourquoi, outre la volonté de garder un peu de dignité lorsqu’on évolue dans les bouchons en suintant par tous les pores, éclairé par le soleil et très visible par tous, l’utilisation d’un cabriolet implique un minimum de précautions et le dépassement de certaines idées reçus. De toute façon, ces problèmes se posent de moins en moins puisque comme celui des berlines et des coupés, le genre du cabriolet arrive quasiment au stade de l’extinction dans le marché automobile actuel…

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