Pourquoi n’existe-t-il quasiment plus de voitures à trois portes ni de coupés ou de cabriolets ?
Ces voitures étaient encore incontournables dans les gammes des constructeurs automobiles au début du siècle mais elles sont en passe de disparaître totalement, se limitant désormais à des séries spéciales ou des modèles de grand prestige. Et la raison est simple : les gens n’en achètent plus assez pour que ces modèles restent rentables.

Les voitures modernes se ressemblent-elles de plus en plus ? Une simple lecture des catégories automobiles favorisées aujourd’hui par la clientèle permet de répondre factuellement par l’affirmative : en janvier dernier, déjà, on constatait que 60 % des voitures neuves vendues en Europe en 2025 étaient des SUV. Qu’on parle de modèles citadins, compacts ou plus gros, ce genre de carrosserie assez uniforme et standard devient plus que jamais incontournable et a même progressé de près de 20 % en cinq ans.
Depuis la fin des années 2000, les constructeurs automobiles ne font que s’adapter aux goûts de la clientèle qui raffole de ces modèles hauts et jugés « rassurants », ce qui a une conséquence pratique sur l’évolution du marché automobile : cela tue tout simplement certaines catégories de voitures.
Les trois portes et les cabriolets, c’est quasiment fini
Le genre de la berline, en constant retrait sur le marché automobile depuis la fin du siècle dernier (d’abord concurrencé par les monospaces puis les SUV), semble atténuer sa chute ces dernières années grâce à la progression des voitures électriques (avec notamment la Tesla Model 3, de nombreuses familiales chinoises ou encore la Volkswagen ID.7 qui se vend assez bien en Europe). Mais d’autres types de véhicules s’approchent de l’extinction totale.
Prenons l’exemple du cabriolet, ce genre encore très populaire à la fin des années 90 chez les grandes marques de monsieur tout le monde : Volkswagen, le dernier constructeur automobile généraliste à proposer un vrai modèle découvrable sans arches de toit, ne remplacera pas son T-Roc Cabriolet en fin de carrière. Renault, Peugeot, Opel, Fiat, Ford et toutes les autres enseignes présentes sur ce segment y ont renoncé depuis fort longtemps et aujourd’hui, même les marques premium réduisent leur offre en la matière. Mercedes, qui comptait six cabriolets dans sa gamme il y a dix ans, n’en offre plus que deux (la SL et le CLE). Audi n’en propose plus et BMW se limite désormais à la Série 4. Au-delà de l’incontournable Mini et de la puriste Mazda MX-5, il faut désormais se tourner vers les marques de grand prestige pour trouver des autos à utiliser « cheveux au vent ». Le constat est le même pour les coupés, eux aussi disparus du marché à de rares exceptions près chez les marques premium et les enseignes d’exception.
Les voitures de niche disparaissent
C’est aussi le cas de toutes les versions à trois portes, très présentes elles aussi dans la catégorie des citadines et des compactes jusqu’au début de la précédente décennie. Renault Clio, Volkswagen Golf, Peugeot 208, Mégane, C4, Focus, Fiesta, Corsa, Astra… tous ces modèles star du marché européen dans les années 2000 et 2010 pouvaient se commander en versions à trois portes à prix réduit par rapport à la cinq portes. Puis, d’abord avec la Ford Focus de troisième génération en 2011 puis la Renault Clio de quatrième génération en 2012, les constructeurs ont décidé de se limiter à la cinq portes sur ces véhicules. Il faut dire qu’au lieu de 42 % en 1991, les citadines à trois portes ne représentaient plus que 37 % des volumes de ventes de la catégorie en 2001 et 19 % en 2011. Après la suppression de ces déclinaisons dans la plupart des gammes, cette proportion est tombée à 2 % en 2021 comme le rapportaient nos confrères de l’Argus il y a cinq ans !
Aujourd’hui il n’existe plus aucune compacte à trois portes et seulement deux citadines à trois portes, les Mini et Toyota GR Yaris au profil hors normes (surtout dans le cas de la Japonaise).
Que ce soit chez les autos « lambda » ou les modèles « plaisir », l’attrait pour le genre « SUV » semble devenir incontournable chez le grand public et dans un contexte industriel si difficile où il faut absolument rationaliser le plus possible chaque investissement, il n’y a plus de place pour les véhicules de « niche » qui contribuaient à la diversité du marché et même à la culture « pop ». Aujourd’hui l’audace dans l’industrie automobile se limite de plus en plus à lancer un dérivé « coupé » de ses SUV (Skoda Enyaq, Porsche Cayenne, Renault Arkana, Fiat Grizzly Fastback…) et c’est bien évidemment dommage pour la richesse du paysage automobile.

















Déposer un commentaire
Alerte de modération
Les données que vous renseignez dans ce formulaire sont traitées par GROUPE LA CENTRALE en qualité de responsable de traitement.
Les données obligatoires sont celles signalées par un astérisque dans ce formulaire.
Ces données sont utilisées à des fins de :
Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement de ces données, d’un droit de limitation du traitement, d’un droit d’opposition, du droit à la portabilité de vos données et du droit d’introduite une réclamation auprès d’une autorité de contrôle (en France, la CNIL).
Pour en savoir plus sur le traitement de vos données : Politique de confidentialité
Alerte de modération