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Quels sont les radars les plus flasheurs en France ? Mystère…

Dans Pratique / Radars

, mis à jour

Quels sont les radars les plus flasheurs en France ? Mystère…

L'opacité perdure sur le système du contrôle automatisé. À tel point qu'il est difficile de prendre au sérieux le classement officiel des radars les plus flasheurs, publié dans le bilan annuel de la Sécurité routière il y a quelques jours. Aucune statistique ne filtre sur les nouveaux radars tourelles, guère plus sur les voitures radars confiées au privé. Le tribunal administratif juge pourtant que les statistiques complètes du contrôle automatisé sont communicables à toute personne qui en fait la demande. En tout cas, comparé aux précédents, ce bilan peu détaillé, marqué par la recrudescence des actes de vandalisme, ne paraît pas aussi catastrophique que l'on aimerait bien nous le faire croire. Démonstration.

Le radar le plus flasheur de France serait, comme l'an dernier, celui implanté sur l'autoroute A8 à Cagnes-sur-Mer, dans le sens de Nice vers Cannes, si l'on en croit le bilan annuel des infractions et du permis à points publié par la Sécurité routière à la fin du mois de septembre. Avec 205 510 excès de vitesse relevés en 2019, l'automate n'est pas loin d'avoir doublé la mise par rapport à 2018 (115 558 flashs).

Comment expliquer un tel boom ? C'est bien simple, la recette marche à tous les coups : la vitesse limite à sa hauteur a été abaissée de 110 à 90 km/h, ce qui lui aurait aussi permis de battre le record détenu depuis 2008 par la cabine, installée non loin de là, dans le Var, toujours sur l'A8, aux Adrets-de-l'Estérel, et qui avait enregistré 200 211 déclenchements à l'époque. Sauf qu'à ce moment-là, compte tenu des différents matériels en service, et des statistiques que le ministère de l'Intérieur finissait par se résoudre à fournir, il était à peu près certain que c'était l'automate le plus crépitant du pays ! La situation est beaucoup moins évidente aujourd'hui…

Où sont les chiffres détaillés pour chaque radar ?

Depuis 2008, le contrôle automatisé s'est grandement transformé. Entre-temps, de nouveaux engins, potentiellement bien plus redoutables, car non forcément annoncés par des panneaux avertisseurs - ces panneaux ne sont de toute façon pas obligatoires -, sont apparus. Il s'agit des radars autonomes, encore surnommés "chantiers", car ils devaient être initialement utilisés pour sécuriser les zones de travaux sur la route. Pour finir, ces radars déplaçables, qui fonctionnent sur batteries, et qui n'ont besoin d'aucun branchement spécial pour fonctionner, sont installés à peu près n'importe où.

Exemple de radar "chantier"
Exemple de radar "chantier"

En 2016, le dispositif qui avait ainsi détecté le plus d’infractions ne se trouvait pas parmi la liste des radars considérés comme "relevant le plus d'infractions" dans le bilan publié par la Sécurité routière, puisque cette liste ne concernait, comme aujourd'hui, qu'un certain type d'appareils - ceux que l'on appelle "les radars fixes", comprenez "non déplaçables". Comme elle le reconnaissait d'ailleurs elle-même, c'était un radar autonome, installé aux abords d'un chantier sur l’autoroute A9, le long duquel il avait été déplacé à cinq reprises, qui avait été le champion toutes catégories cette année-là, avec un rendement peu comparable à celui des cabines les plus actives. Il avait en effet totalisé pas moins de… 411 352 flashs, c'est-à-dire deux fois plus que la boîte de Cagnes-sur-Mer l'an dernier !

Dans les dernières statistiques divulguées, le ministère de l'Intérieur se garde bien de donner, pour chaque type de radars, tous les détails de ceux qui ont le plus flashé (ou pas, d'ailleurs !) et qui permettraient d'établir des classements fiables. Contrairement au bilan 2016, il n'y a aucune précision à trouver sur les radars chantiers, si ce n'est que dans l'ensemble ils ont comptabilisé plus de 3 millions de flashs, contre près de 12 millions pour les cabines classiques. Dit comme ça, on pourrait croire qu'il n'y a pas photo entre les deux, mais rapporter au nombre de matériels installés pour chacune de ces catégories (249 pour les uns 1 291 pour les autres), on comprend bien que ce n'est pas aussi simple que cela.

Exemples de radars fixes (cabines classiques, en haut, discriminant et tronçon, en bas)
Exemples de radars fixes (cabines classiques, en haut, discriminant et tronçon, en bas)

Un chantier flashe ainsi en moyenne 12 852 fois par an, quand une cabine comptabilise "seulement" 9 288 clichés (voir le tableau ci-dessous)… Ce qui en soi ne prouve rien du tout non plus. De fait, il existe de très nombreuses cabines qui ne flashent pas du tout, ce qui a naturellement un impact potentiellement important sur leur moyenne. "Les radars qui flashent rarement, ont flashé moins de 100 fois en 2019", dixit la sécurité routière, ce qui signifie qu'ils ne se sont même pas déclenchés une fois par jour. Ces radars, "posés après une étude précise de l’accidentalité du secteur", prend-elle soin de préciser, contribueraient "par leur présence au respect de la vitesse autorisée"… Où sont les évaluations pour le justifier ? Où sont ces études précises en amont de chaque implantation ? Il s'agit tout de même d'achats coûteux, sans parler du prix de leur entretien, et celui de leur réparation ou de leur remplacement, en cas de vandalisme !

Statistiques 2019

Type de radars Nombre de radars Nombre de PV* Nombre de flashs Moyenne de flashs par type de radars
TOTAL Vitesse 3 336 12 164 480 19 966 838 5 985
Cabines classiques 1 291 NC 11 990 490 9 288
Discriminants 747 NC 1 685 118 2 256
Tronçons (ou vitesse moyenne) 99 NC 332 829 3 362
Chantiers (ou autonomes) 249 NC 3 200 090 12 852
Embarqués 501 NC 1 545 771 3 085
Voitures radar conduites par des gendarmes ou des policiers 449 NC 1 212 540 2 701
TOTAL Feux rouges et Passages à niveau 758 411 526 713 583 941
Feux Rouges 680 NC 695 364 1 023
Passages à niveau 78 NC 18 219 234
TOTAL 4 094 12 576 006 20 680 421 5 051

Source : selon les données officielles du ministère de l'Intérieur. NC = non communiqué. *Le nombre de PV par catégorie d'appareils n'est plus divulgué depuis 2015. **Il manque les statistiques des nouveaux radars tourelles et des voitures radars privatisées, non communiquées.

D'un (type de) radar à un autre, les performances varient beaucoup

Depuis 2015, il n'y a plus moyen de disposer des statistiques complètes sur le sujet. Les chiffres donnés sont très partiels. Impossible par exemple de savoir combien de vrais PV sont dressés en fonction du matériel utilisé. Il ne faut pas oublier en effet que toutes les photographies prises par les radars et donc toutes les infractions qu'ils relèvent ne donnent pas toutes lieu à des poursuites. Il y a des déchets : des clichés qui ne sont pas d'assez bonne qualité, des immatriculations étrangères, des contrôles qui se révèlent erronés… Et donc il y a des photos qui ne deviendront jamais de véritables PV et qui partiront à la poubelle.

Or, en fonction du type de radars, le pourcentage de déchets varie grandement ! Il est très important pour les très gros flasheurs que sont les chantiers, il est aussi relativement important pour les discriminants (ceux qui différencient les véhicules légers et les poids lourds notamment), il est moindre pour les cabines classiques, et surtout, il est quasi inexistant pour les tronçons, qu'on appelle aussi "radars vitesse moyenne" ! De ce point de vue-là, les radars les plus redoutables en France sont bien ceux-là ! Et pourtant, le nombre d'infractions qu'ils relèvent est bien inférieur aux autres types de radars. C'est pourquoi d'ailleurs ils peuvent être considérés comme les plus performants : les tronçons incitent comme aucun autre les conducteurs à lever le pied.

Tout cela, on le sait grâce aux bilans qui étaient communiqués jusqu'en 2015. Il est impossible aujourd'hui d'en savoir autant. Pour finir, il paraît donc difficile de prendre pour argent comptant le classement des dix radars présentés comme les plus flasheurs de France dans le dernier bilan de la Sécurité routière, où l'on retrouve ce Top10.

Quels sont les radars les plus flasheurs en France ? Mystère…

À noter, l'absence de précision concernant la commune d'implantation de ces cabines. Comme il ne s'agit que de vieux équipements (mis en service entre 2004 et 2013), il reste possible, en recoupant ces informations avec celles que le ministère de l'Intérieur daignait transmettre jusqu'en 2015, de retrouver toutes les précisions manquantes.

Ces 10 cabines sont donc à retrouver ici :

  • 1 - Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes)
  • 2 - Geispolsheim (Bas-Rhin)
  • 3 - Lille (Hauts-de-France)
  • 4 - Massy (Essonne)
  • 5 - Briis-sous-Forges (Essonne)
  • 6 - Etrembières (Haute-Savoie)
  • 7 - Janvry (Essonne)
  • 8 - Maxéville (Meurthe-et-Moselle)
  • 9 - Nice (Alpes-Maritimes)
  • 10 - Montpellier (Hérault)

Au moins, peut-on se rendre compte avec ces maigres détails, qu'il y a des choses qui ne changent pas. Les radars fixes les plus actifs sont toujours "situés sur des axes à très fort trafic", comme le précisent les services du ministère. Ce sont surtout le plus souvent des appareils qui sont positionnés là où la vitesse maximale réglementaire - soit 130 km/h sur autoroute - n'est pas en vigueur. Sur ces portions, elle oscille le plus souvent entre 110 et 70 km/h.

Un bilan tout à fait conforme aux précédents

Et alors quel a été l'impact du vandalisme attribué aux gilets jaunes dans ce bilan ? "Comme l’année 2018, nous dit-on, l’année 2019 marque une forte baisse des infractions par type de radar. Cette baisse est liée au fort taux de dégradation des radars en fin d’année 2018 et début d’année 2019, empêchant le déclenchement des appareils". Et là, sans minimiser ces actes de vandalisme, cela ne saute pas forcément aux yeux quand on regarde les grandes données de ce contrôle automatisé depuis 2014 (voir le tableau ci-dessous) !

Les statistiques des radars depuis 2014

Année 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Nombre total de radars (vitesse + FR) 4 122 4 116 4 398 4 446 4 428 4 094
Taux de transformation (flash en PV) 62 % 66 % 63 % 66 % 59 % 61 %
Nombre total de PV 12 557 715 13 353 281 16 101 027 17 089 297 14 095 007 12 576 006
Moyenne annuelle de PV par radar (tous types confondus) 3 047 3 244 3 661 3 844 3 183 3 072
Recettes en M€ 740,1 789 920,3 1 013,2 864,35 759,7

Source : à partir des données officielles du ministère de l'Intérieur et de la Cour des Comptes

Que l'accroissement du vandalisme ait retardé l'implantation de nouveaux modèles, et limiter le nombre d'appareils en service, cela paraît cohérent avec les chiffres officiellement communiqués, puisqu'en tout en 2019, le nombre d'automates est inférieur à celui de 2014, alors qu'il était prévu qu'il y en ait 4 700. Pour la Cour des Comptes, il n'y a toutefois pas que le vandalisme qui explique ce retard, il existe aussi et surtout "des motifs techniques (radars tourelles), juridiques ou politiques (externalisation de la conduite des voitures équipées de radars)".

Ceci étant, vu le nombre de radars installés en 2019 (plus bas qu'en 2014, pour rappel), le reste des données ne laisse pas penser qu'il y a eu un quelconque problème particulier l'an dernier. Le rendement du système paraît tout à fait conforme à ce que l'on pouvait s'attendre avec un tel parc, que ce soit en termes de PV dressés (plus de 12,5 millions) que de recettes encaissées (près de 760 millions d'euros). Bien évidemment, à force de dissimulation, l'erreur d'interprétation est facile.

Une opacité sanctionnée par la justice

Quels sont les radars les plus flasheurs en France ? Mystère…

Cette opacité est en tout cas d'autant plus problématique que le ministère de l'Intérieur s'est fait justement remonter les bretelles en début d'année par le Tribunal Administratif de Paris. Le 23 janvier, ce dernier a ainsi jugé que le bilan complet et détaillé du système automatisé devait être communiqué à toute personne qui en fait la demande. Ces "éléments statistiques (...) constituent des documents communicables (...). Il ressort des pièces du dossier que la publication en ligne du rapport d’activité de l’ANTAI [l'Agence nationale de traitement automatisé des infractions, qui gère pour le ministère de l'Intérieur le Centre de Rennes] et du bilan (...) par la délégation à la sécurité routière ne répondent que partiellement à la demande (...) dans la mesure où ces publications ne contiennent pas l’ensemble des statistiques demandées." Seulement, voilà, pour le ministère, c'est "cause toujours, tu m'intéresses" !

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