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Renault-Nissan - Carlos Ghosn trop bien payé ?

Dans Economie / Politique / Personnalités

Jean Savary

Renault-Nissan - Carlos Ghosn trop bien payé ?

Le patron de Renault sur la sellette ? Allons bon, qu'a-t-il donc encore fait le vilain Carlos à six mois d'annoncer le nom de son remplaçant ? Envisagé de s'octroyer des bonus en douce ? Et alors, on n'a rien d'autre à lui reprocher ?

 

"Combien de siècles de SMIC peut toucher en une année un patron qui a fait de son entreprise le numéro un mondial ?"

Vous avez quatre heures…

Le sujet n'était pas au bac philo mais sur tous les médias, la semaine passée. Et il a duré plutôt 48 heures. Motif du énième émoi concernant le salaire de Carlos Ghosn, la découverte de l'étude d'une grande banque d'investissement, Ardea Partners, proposant à Renault-Nissan de créer au Pays-Bas, là où est le siège de l'Alliance, un discret fonds permettant de distribuer des bonus cachés au big boss et à cinq autres cadres dirigeants de l'Alliance. Aucune preuve que l'étude aurait été suivie d'effets, pas davantage qu'elle ait été réalisée à l'initiative de Renault, ni même lue par Carlos Ghosn. Il est juste établi qu'elle lui était destinée, comme doivent lui être destinées beaucoup d'études et rapports chaque semaine. Pour ma part, j'avais jadis suggéré la reconversion de sa Vel Satis en pick-up, la Ben Satis, mais il ne m'a jamais répondu ni n'a donné suite.

 Quinze millions de salaire pour trois milliards et demi de bénéfice

 Personnellement, ça ne m'émeut pas que Carlos Ghosn soit le troisième patron le mieux payé du CAC 40 français. Ni qu'il ait touché dans les quinze millions d'euros l'an passé, dont sept au titre de Renault. Certes, c'est trois fois plus que l'autre Carlos (Tavares) qui n'a pas démérité chez PSA, mais aussi deux fois moins que Mary Barra, patronne de General Motors. Et presque cinq fois moins que les 72 millions de dollars engouffrés en 2014 par Sergio Marchionne, boss de Fiat-Chrysler.

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Le salaire de Carlos 1 est à mettre en rapport avec un bénéfice net de 3,54 milliards pour un chiffre d'affaires de 51,4 milliards, soit un taux de 6,4 % pas si courant dans l'automobile. A mettre aussi en rapport avec la place de n°1 mondial tout juste décrochée, grâce à l'apport de Mitsubishi récemment conquis.

Renault-Nissan - Carlos Ghosn trop bien payé ?

Faut-il lui reprocher d'être insatiable, de trop aimer l'argent ? D'abord, il a eu plusieurs fois l'occasion d'en gagner davantage en changeant de crémerie. Ensuite, autant accuser un homme politique d'avoir trop de goût pour le pouvoir.

Bref, encore un mauvais procès fait au patron qu'en France on adore détester, l'homme parti redresser Nissan et revenu pour délocaliser Renault, le Monsieur aux gros sourcils et au visage de fer avec un énorme ego et peu d'empathie.

Si Carlos Ghosn était charcutier…

 Ce qui m'agace dans ce énième hallali, c'est qu'il ne fait que suivre un énième encensement et qu'une fois de plus, on passe à côté du vrai reproche à l'encontre du bonhomme : la qualité des voitures qu'il aura fait concevoir et produire depuis qu'il est entré chez Renault en 1996 avec son costume de cost killer.

Si Carlos Ghosn était charcutier, on s'extasierait le mardi du fait qu'il ait racheté un quatrième commerce dans la ville d'à côté. Et le jeudi on s'indignerait de la nouvelle grosse Mercedes qu'il vient de s'offrir. Mais jamais on ne ferait remarquer que son jambon pas toujours frais rend malade bien des clients.

Les Renault peuvent bien être jolies, performantes, confortables, bien équipées, communicantes, elles n'ont souvent pas été fiables et aujourd'hui, malgré des efforts certains, elles ne le sont pas toujours. Même les Nissan, depuis qu'elles sont faites à la mode Ghosn, sont sorties du palmarès des voitures les plus fiables, trusté par des marques japonaises.

Sorti des sites et journaux automobiles, ça ne s'écrit nulle part, on préfère gloser sur la fiche de paie du vilain patron ou, selon le jour, sur les miracles du grand dirigeant.

Renault-Nissan - Carlos Ghosn trop bien payé ?

Je ne vais pas reprendre la litanie des vices de conception ou de construction, mais ils sont presque toujours dus à de petits mégotages murmurés à l'oreille des ingénieurs. Le tout avec une mauvaise foi formidable qui fait promettre que le nouveau modèle sera - juré craché - au meilleur niveau de sa catégorie puis, deux ans après, quand les pépins se multiplient, refuser les prises en charge sous les prétextes les plus divers.

Idem pour ce véritable scandale que constituent les émissions polluantes des Renault dCi, scandale qui résulte du choix mûrement réfléchi d'un système de dépollution au rabais, tout juste calibré pour passer le test d'homologation. Là, on argue du respect des normes d'émission en vigueur ; pour Monsieur Ghosn, que celles-ci ne se vérifient pas dans la rue serait hors sujet.

 La fiabilité, c'est l'avenir de la voiture… autonome

 Ma diatribe peut paraître "old school", on trouvera dérisoires mes histoires de coussinet de bielle ou de vanne EGR au regard du succès de l'entreprise - pensez donc, n°1 mondial à la barbe de Volkswagen, Toyota et General Motors - je pense au contraire qu'il s'agit d'un sujet d'avenir. Avec la voiture autonome qui advient, la fiabilité ne sera plus une marotte de journaliste grincheux ou de conducteur informé, mais un prérequis vital pour toute marque, la qualité n°1 qui éclipsera toutes les autres. Qui voudra se faire conduire par une voiture dont le constructeur est réputé pressurer ses ingénieurs et ses fournisseurs au-delà du raisonnable, qui traque la moindre petite économie et calcule au plus juste l'endurance des pièces ?

Renault-Nissan - Carlos Ghosn trop bien payé ?

Volant en main et pédales aux pieds, on craint plus l'accident que la panne. Quand il n'y aura plus ni volant ni pédales, la moindre petite défaillance pourra valoir un accident. A qui faire confiance ? Comment homologuera-t-on une voiture autonome ? Avec le même sérieux que l'on a mesuré les NOx des diesels ? Qui validera la sécurité d'une conception et d'une fabrication ? Faudra-t-il créer pour nos bagnoles l'équivalent de la DGAC pour les avions ? Et in fine, comment vieilliront les voitures autonomes ? Ce sont les grandes questions qu'il faut dès maintenant se poser. Chez Renault plus que chez tout autre constructeur.

 

 

 

 

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