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Voitures anciennes électrifiées: la controverse

L’électrification pousse ses pions dans tous les secteurs de l’automobile, et notamment sur le marché de la collection. Et celà inquiète fortement la Fédération internationale des véhicules anciens, qui lance cet avertissement: "les véhicules ainsi convertis cessent d’être considérés comme des véhicules anciens."

Splendide, cette Aston Martin DB6 Volante 1970! Mais son électrification choque nombre de puristes.
Splendide, cette Aston Martin DB6 Volante 1970! Mais son électrification choque nombre de puristes.

Electrification rime-t-elle réellement avec voiture de collection ? Pour certains constructeurs, la réponse est positive. Ces derniers mois, on a notamment vu apparaître des conversions « officielles » signées Aston Martin (sur une DB6 Volante 1970) ou Jaguar, qui a sévi sur une Type E. L’été dernier, on se souvient que Renault avait présenté une 4L électrique à l’occasion d’un rassemblement d’amateurs.

Volkswagen a quant à lui récemment dévoilé une Coccinelle cabriolet électrifiée, et annonce que d’autres modèles sont susceptibles de connaître le même sort : « nous travaillons pour préparer la plateforme du Combi, et une e-Porsche 356 pourrait également voir le jour à l’avenir », précise un responsable de la marque.

Jaguar livrera les premiers exemplaires de l'E-Type Zero l'an prochain.
Jaguar livrera les premiers exemplaires de l'E-Type Zero l'an prochain.
Le combiné d'instrumentation reçoit lui aussi quelques modifications. Shocking?
Le combiné d'instrumentation reçoit lui aussi quelques modifications. Shocking?

Bref, un mouvement est enclenché. Il faut dire que pour des véhicules essentiellement appelés à effectuer des sorties dominicales à allure paisible, une autonomie de 150 à 200 km est amplement suffisante.

S’ajoute à cela un entretien réduit à sa plus simple expression, au bénéfice de la tranquillité d’esprit et des frais de maintenance, et on comprend qu’un nombre croissant d’amateurs puisse se laisser tenter.

En France, on voit aussi apparaître des sociétés qui proposent d’électrifier des modèles anciens, et notamment la Citroën Mehari qui se prête particulièrement bien à l’exercice.

Inquiétude des puristes

Or, s’il est encore parfaitement marginal, ce phénomène inquiète déjà la Fédération Internationale des Véhicules anciens (FIVA).

Dans un communiqué tout juste publié, son Vice-Président chargé de la législation Tiddo Bresters précise ainsi que « ce n’est ni la forme ni le style de carrosserie d’un véhicule qui le rend ‘ancien’, mais la façon dont le véhicule dans son intégralité a été construit et fabriqué selon sa forme d’origine. Par conséquent, si un propriétaire, un ingénieur ou un fabricant automobile choisit de procéder à ce type de conversion sur un véhicule ancien, la FIVA recommande vivement que les modifications soient réversibles, avec toutes les composantes d’origine marquées et stockées en toute sécurité. Ainsi, le véhicule peut, si souhaité à l’avenir, revenir à son état d’origine et redevenir un véhicule ancien. »

Et la FIVA, de dénoncer la possibilité pour certaines entreprises de conversion d’obtenir des organismes d’homologation « de conserver le numéro d’identification du véhicule d’origine du donateur, malgré le remplacement plus ou moins important du système de transmission ». Ce passage à l’électrique contribuerait donc d’une certaine manière à « fausser » le marché de la collection.

Pour remettre les choses à l’endroit, la FIVA rappelle que pour être considéré comme « ancien » un véhicule doit être « à propulsion mécanique », âgé d’au moins 30 ans, ne pas servir de mode de transport au quotidien, conservé et entretenu dans des conditions correctes d’un point de vue historique, et faire partie de notre patrimoine technique et culturel.

On se gardera bien ici de prendre parti dans cette querelle des « anciennes-anciennes » et « anciennes-modernes ». Mais force est de constater que l’agrément feutré procuré par une motorisation électrique correspond parfaitement à la conduite d’une modèle « de collection ».

A condition, bien sûr, que la conversion soit opérée par des gens sérieux et évite des bricolages qui pourraient s’avérer extrêmement dangereux pour soi-même et les autres usagers.

On s'étonne toutefois que la FIVA oublie de citer le principal défaut de la technologie électrique. Celle-ci vous privera en effet du charme essentiel que procure la conduite d'un véhicule thermique de collection: un moteur qui tombe en panne en rase campagne un dimanche pluvieux en fin d'après-midi, alors que vous vous trouvez à 50 km de votre domicile...

Voitures anciennes électrifiées: la controverse

 

 

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Commentaires (42)

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Par

Faut vraiment pas être net pour foutre une pile dans une Jag' E Type

Par

En réponse à HKSF

Faut vraiment pas être net pour foutre une pile dans une Jag' E Type

C'est sûr que le moteur d'origine fait partie intégrante des qualités de cette voiture.

Par

Much ado about nothing

Par

Picocontroverse sur un futur nanomarché à l'intérieur du micromarché de la voiture ancienne...

Bien sûr, dans les cas où une reconstruction de l'ensemble du groupe propulseur est hors de prix, c'est quand même une alternative possible. Évidemment, ça choque les puristes.

Mais au nom de quoi interdire cette pratique? Du patrimoine automobile ? Il y a les musées pour ça.

Par

En réponse à HKSF

Faut vraiment pas être net pour foutre une pile dans une Jag' E Type

Faut pas être net pour foutre une pile dans une bagnole tout court.

Par

En fait cela dépend essentiellement des autos, c'est dommage d'enlever un moteur qui est une oeuvre d'art à lui seul par sa rareté, sa conception, ses performances ; par contre dans une ancienne du style américaine gloutonne avec un V8 au rendement médiocre aux performances quelconques, mais aux formes inimitables, de façon à lui donner une seconde vie pourquoi pas.

Par

En réponse à JF2

En fait cela dépend essentiellement des autos, c'est dommage d'enlever un moteur qui est une oeuvre d'art à lui seul par sa rareté, sa conception, ses performances ; par contre dans une ancienne du style américaine gloutonne avec un V8 au rendement médiocre aux performances quelconques, mais aux formes inimitables, de façon à lui donner une seconde vie pourquoi pas.

Ou plus généralement sur un modèle ancien largement diffusé et dont la noblesse mécanique n est pas la qualité première.

Sur une R5 des années 70, remplacer le Cléon fonte par un bouzin électrique ça ne me choque pas. Je ne conduirais pas la version essence mais en électrique pourquoi pas ?

Par

En réponse à pdcsq

Commentaire supprimé.

Je le fais ce pas là. Comment imaginer qu'une Peugeot 202 reçoive un moteur électrique. Ça vaut pour toute voiture, la mécanique est partie intégrale de l'intérêt. Malgré tout je ne suis pas un intégriste, j'ai intégré des allumages électroniques dans des voitures dignes de rouler encore aujourd'hui pour assurer un meilleur fonctionnement du moteur.

Par

`« fausser » le marché de la collection.`

C'est donc surtout un problème pour les spéculateurs, avant que ce le soit pour les nostalgiques.

Par

Ridicule, conserver est tout à fait compatible avec une évolution, surtout si c'est pour aller vers plus de confort et de plaisir. Alors que cette fédération laisse chacun faire comme il le souhaite, ou davantage de ces voitures finiront dans des casses.

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