Depuis l'arrivée de Laurens Van Den Acker à la tête du design Renault, les choses ont bien évolué pour le losange. Clio 4, Twingo 3, Kadjar, Espace 5 et maintenant Talisman (et prochainement Mégane 4), le renouvellement est important chez Renault qui multiplie les nouveautés depuis 2012. Renault est très actif et le sera encore l'an prochain avec le nouveau Scénic, la Clio 4 restylée, la Mégane Estate ou encore la possible arrivée d'un SUV sept places.

La Talisman représente le haut de gamme chez Renault aux côtés de l'Espace qui est une vraie satisfaction pour les responsables de la marque. D'ailleurs, le chef de projet de la Talisman et du segment D (grandes berlines) nous a avoué avoir été plutôt surpris par la répartition des ventes essence/diesels sur l'Espace, puisque le sans-plomb dépasse les 10 % dans le décompte, allant au-delà des prévisions faites par Renault au lancement de cet Espace.

Essai - Renault Talisman TCE 200 EDC : le mérite d'exister

L'Espace en TCE 200 a donc apparemment séduit son public, mais qu'en sera-t-il de la Talisman TCE 200 ? Nous avons voulu en savoir plus en prenant le volant de l'auto le temps d'une journée dans la Drôme. Sur ce segment très particulier des grandes routières, la part du diesel atteint environ 90 % en France. Les gros rouleurs plébiscitent logiquement le gazole à la pompe mais cette Talisman 200 a certains arguments à faire valoir, comme nous allons le constater rapidement.

Esthétiquement, la Talisman se démarque clairement des deux concurrentes toutes désignées : la Peugeot 508 et la très sage Volkswagen Passat, renouvelée récemment. La patte de Laurens Van Den Acker est notable et la fameuse signature lumineuse en « C shape » à l'avant autour des optiques ne laisse pas indifférent. Que l'on adore ou que l'on déteste, il faut reconnaître le côté osé du dessin de la face avant, tandis que l'arrière est, lui, plus sage même si l'on retrouve la particularité des feux qui se rejoignent presque au centre de la malle.

Essai - Renault Talisman TCE 200 EDC : le mérite d'exister

A l'intérieur, la Talisman profite des efforts faits par Renault en matière de qualité. Certains détails agacent (les plastiques entourant la zone du levier de vitesses ne sont pas des plus attractifs, notamment), mais il faut reconnaître que la présentation est sérieuse et plutôt convaincante. Dans cette fintiion Intens, le cuir est déjà omniprésent (sellerie, contre-porte, planche de bord) et l'équipement généreux. Lors de notre essai, nous avons pu essayer les deux finitions haut de gamme Intens et Initiale Paris, cette dernière se démarquant par un cuir pleine fleur du plus bel effet.


Les haut-parleurs de la plage arrière sont grandement exposés dans le coffre.
Les haut-parleurs de la plage arrière sont grandement exposés dans le coffre.
Notre modèle avait droit .
Notre modèle avait droit .


Si la qualité que l'on perçoit est bonne, nous avons en revanche été plus que déçus en nous penchant pour regarder dans le coffre et plus particulièrement sous la plage arrière. En effet, les deux haut-parleurs dépassent assez largement dans le coffre et la connectique est exposée. Le risque de les abîmer lorsque l'on charge des bagages hauts est selon nous assez grand, mais Renault assure être conscient du problème et nous a expliqué que cela serait réglé assez rapidement. Dont acte.

L'imposant écran (qui va de 7 à 8,7 pouces selon les finitions) vertical tactile donne accès à toutes les fonctions de l'auto via le système R-Link 2 et s'est montré satisfaisant, même si quelques lenteurs sont à noter. Globalement, l'ergonomie est bonne et la prise en main des différentes fonctions, qu'elles soient multimédia ou liées à la conduite comme avec le Multisense, ne pose pas de problème particulier.


L'habitabilité arrière est dans la moyenne du segment.
L'habitabilité arrière est dans la moyenne du segment.
Le coffre est volumineux mais très profond et à l'ouverture limitée.
Le coffre est volumineux mais très profond et à l'ouverture limitée.
On retrouve deux prises USB à l'avant mais aussi deux autres à l'arrière avec prise jack.
On retrouve deux prises USB à l'avant mais aussi deux autres à l'arrière avec prise jack.


Notre modèle du jour était donc une TCE 200 en finition Intens avec le pack 4Control qui comprend les jantes 19 pouces, les quatre roues directrices et l'amortissement piloté avec le système de gestion Multisense. Ce dernier donne accès à plusieurs modes préconfigurés (Confort, Sport, Eco...) qui permettent de jouer sur tout un tas de paramètres comme l'amortissement, la réponse à l'accélérateur, la direction, la climatisation ou encore les temps de passage de rapports. Globalement, que ce soit en mode Sport ou Confort, la Talisman se montre plutôt ferme, surtout sur les petites aspérités assez retranscrites dans les suspensions. Les grosses roues de 19 pouces chaussées en 245 n'aident certainement pas (nous regrettons d'ailleurs l'obligation de cette taille de roues avec le pack 4Control). Si la Talisman n'apprécie que moyennement les nids-de-poule et autres imperfections de la route, elle semble en revanche mieux gommer les grandes bosses.

Essai - Renault Talisman TCE 200 EDC : le mérite d'exister

Là où elle excelle, c'est évidemment en conduite dynamique avec un châssis vraiment impressionnant. Dans les faits, le train arrière est doté d'un moteur électrique et d'un vérin qui fait tourner les roues jusqu'à un peu plus de 3°. Un capteur se charge de relever l'angle de braquage à l'avant et adapte l'arrière en fonction (le rapport est d'environ de 10 : s'il y a 30° à l'avant, il y aura 3° de braquage à l'arrière). Entre 0 et 60 km/h (cette valeur monte à 80 km/h en mode sport), les routes tournent dans le sens inverse des roues avant, et au-delà, elles tournent dans le même sens. En ville, la maniabilité est remarquable puisque la Talisman propose un rayon de braquage... de Clio (10,6 mètres pour la Clio, 10,8 mètres pour la Talisman, et 11,6 mètres pour une Volkswagen Passat). C'est un énorme plus pour la Talisman face à la concurrence et selon nous, quatre roues directrices sur un engin de plus de 4,8 mètres se justifient beaucoup plus au quotidien que quatre roues motrices, d'autant plus que de gros efforts sont faits sur les pneumatiques hiver, qui permettent de se passer d'une transmission intégrale, même dans une région souvent enneigée.

En conduite soutenue sur route sinueuse, le châssis est d'une efficacité redoutable et les virages s'enchaînent sans aucun effort, les deux trains faisant tout le travail. Le seul bémol vient parfois de la boîte qui a tendance, en mode Sport, à conserver trop longtemps un rapport inférieur lors d'un « kickdown » au lieu de passer la vitesse une fois la pédale d'accélérateur relâchée. Finalement, la Talisman en conduite dynamique s'apprécie tout particulièrement en mode Sport, et avec les passages de rapports manuels, mais quelle déception de ne pas avoir les palettes au volant !

Essai - Renault Talisman TCE 200 EDC : le mérite d'exister

Côté moteur, on est en face du désormais connu 1.6 turbo à injection directe de 200 ch et 260 Nm. A l'usage, les relances sont très lisses et le coup de pied aux fesses est totalement absent. Le couple relativement mesuré sur une auto de 1,4 tonne n'est pas un handicap puisque la Talisman TCE 200 en boîte EDC revendique un 0 à 100 en 7,6 secondes, mais ce moteur nous a quand même déçus. La sonorité est vraiment quelconque (même en mode Sport avec l'amplificateur sonore dans l'habitacle) et si les performances sont là, le bloc est trop linéaire et ne se manifeste vraiment qu'à haut régime sur une courte plage. La journée au volant avec une conduite 50/50 (moitié très soutenue et engagée et moitié souple) s'est soldée par un 8,9 litres de moyenne. Si l'on bouscule en permanence la Talisman 200 EDC, la consommation moyenne monte alors autour des 11 litres.

Le TCE 200 est finalement le moteur qui met le plus en avant la qualité du comportement de cette Talisman. Quel dommage, tout de même, d'avoir des puissances qui plafonnent à 200 ch sur la vraie descendante (pour moi, en tout cas), de la regrettée Safrane ! Le châssis pourrait en effet encaisser une bien plus grosse cavalerie, et même si Renault martèle que 95 % des ventes sur le segment font au maximum 180 ch en France, les versions de « niche » à forte puissance apportent une crédibilité et une image non négligeables.

En plus de performances supérieures, le TCE 200 est évidemment plus silencieux que son homologue diesel dCi 160 et le poids est environ 100 kg moindre, sans compter le fait que la version essence est facturée en moyenne 700 € moins cher que la diesel. Seule la consommation qui s'envole vite fait déchanter, mais rien d'anormal sur un véhicule de ce gabarit. La Talisman TCE 200 est donc une routière... pour les petits rouleurs, qui voudraient avoir un peu plus de plaisir au volant avec des performances intéressantes.