Avec des tarifs serrés et une polyvalence accrue, les citadines électriques deviennent les stars du marché. Et il y a encore du beau monde à découvrir.
DOSSIER – Les petites autos électriques ont la cote auprès du public. En raison de leur prix d’achat abordable, de leur polyvalence et de leurs performances. Ce sont elles qui devraient tirer le marché des autos électriques vers le haut en popularisant ce type de propulsion.

Pour ceux qui ne seraient pas encore au courant, le passage au « tout électrique » pour les voitures neuves c’est pour 2035. Les constructeurs se mettent donc en ordre de marche pour proposer de nombreux nouveaux modèles électriques. Toutes les catégories sont concernées par ce passage obligé à la motorisation électrique et parmi ces catégories, celle des entrées de gamme (mini-citadines ou citadines polyvalentes), va connaître un beau succès.
L’engouement pour les citadines électriques réside dans le fait que leurs tarifs n’ont rien à voir avec ceux de modèles plus imposants. De plus, ces petites autos quand elles en respectent les conditions, sont éligibles à la prime « coup de pouce » qui va réduire de manière importante la facture d’achat. Enfin, par leurs performances et leur polyvalence, elles répondent à la plupart des besoins des automobilistes.

La Renault Twingo E-Tech, trente ans après la Peugeot 106 Electric
Qu’il semble loin le temps où les petites citadines électriques se nommaient Citroën Saxo Électrique ou Peugeot 106 Electric. Deux petites urbaines équipées d’un pack de batteries Nickel-Cadmium de 18 kWh qui leur permettait 80 kilomètres d’autonomie (selon le cycle officiel de l’époque, on était au milieu des années 1990). Leurs performances étaient limitées, car leur moteur électrique de 27 ch les propulsait (péniblement) à 90 km/h. Aujourd’hui, une Renault Twingo E-tech Finition Evolution Autonomie Urbaine dispose de batteries LFP de 27,5 kWh de capacité utile, lui permettant une autonomie de 263 km (cycle mixte WLTP). Le moteur de 80 ch de la Twingo E-Tech lui permet d’effectuer le 0 à 100 km/h en 12,1 secondes, tandis que la vitesse maximale annoncée est de 130 km/h. Et attention, alors que la Renault Twingo E-Tech d’une taille pratiquement équivalente (3,78 m pour la Twingo, 3,68 m pour la 106) est entièrement électrique, la Peugeot 106 Electric disposait d’un petit moteur diesel pour faire fonctionner le… chauffage. Enfin, la 106 sur batteries était proposée en 1998 à 91 900 francs de l’époque, ce qui correspond (à pouvoir d’achat constant) à 21 700 € de nos jours. À cette somme, il fallait alors ajouter le coût de la location/entretien des batteries à 800 francs/mois (190 € environ), alors que la Renault Twingo E-Tech est affichée à 19 900 € et qu’elle bénéficie de la prime « coup de pouce » qui varie selon le niveau de revenus de l’acheteur.

Grâce à l’électrique, la Citroën 2CV va renaître !
Alors oui, les temps changent et la Peugeot 106 Electric est bien loin de nous. Et surtout, ce qui a fait que les Citroën Saxo Électrique et Peugeot 106 Electric n’ont connu qu’un succès d’estime (même si la 106 avec 3542 ventes a détenu le record mondial des ventes de voitures électriques jusqu’en 2010) et ont été assez rapidement abandonnées par le groupe PSA, c’est qu’il n’y avait pas une vraie volonté gouvernementale de mettre en avant le passage à l’électrique. Les nouvelles normes antipollution européennes ont tout changé, car pour les constructeurs, il devenait difficile d’installer sur de petits véhicules, des dispositifs antipollution toujours plus nombreux et encombrants, qui augmentaient d’autant le tarif desdits véhicules. Le résultat de tout cela, c’est que l’offre des citadines et surtout des mini-citadines à moteur à explosion a été réduite dans le catalogue des constructeurs généralistes. Ainsi de nos jours, il n’y a plus d’Alfa Romeo Mito, d’Audi C1, de Ford Fiesta. Il n’y a plus également de Citroën C1, de Peugeot 108, de Renault Twingo, de Smart Fortwo et Forfour… Mais l’arrivée de modèles électriques change les choses, puisque les petites autos passent sans problème les normes antipollution en ne rejetant pas de CO2. Ainsi chez Renault, on souligne les belles performances des ventes des nouvelles Renault Twingo E-Tech et Renault 5 E-Tech (et sa déclinaison sportive chez Alpine avec l’A290). Grâce à l’alliance entre le Losange et Nissan, la Nissan Micra poursuit sa route en électrique, la Smart Fortwo va être relancée avec l’apparition de la Smart #2 et Citroën va, quatre-vingts ans plus tard, faire renaître en 2028 sa célèbre 2CV sous la forme d’une petite auto électrique (il est bon de rappeler que la 2CV de 1948 ne mesurait que 3,79 m de long). Il s’agit d’une E-Cars, la catégorie voulue par l’Union européenne qui s’inspire des kei cars japonaises. Il s’agit de voitures électriques compactes à tarif abordable qui pourraient disposer d’une réglementation moins contraignante que celle des voitures particulières (homologation M1), mais la définition technique de cette nouvelle catégorie (M1E) est toujours en attente.

D’anciennes « thermiques » et de nouvelles « électriques »
Désireux de ne pas mettre tous leurs œufs dans le même panier, et rendus prudents par des ventes électriques qui peuvent être, pour le moment, limitées, de nombreux constructeurs conservent une offre thermique pour leurs citadines polyvalentes, tandis que les mini-citadines restent les parents pauvres en « thermique ». Mais il sera difficile de lutter contre les nouvelles normes et l’année 2035 se rapproche de plus en plus. C’est pour cela que la future Peugeot E-208 ne sera qu’électrique (même si le modèle actuel restera en vente en thermique), que si la Volkswagen Polo est conservée pour le moment aux côtés de la nouvelle Volkswagen ID.Polo, c’est sur cette dernière que la marque de Wolfsburg fonde le plus d’espoir. Que la future Toyota Yaris va utiliser une base multi-énergies et être disponible en électrique (Yaris +). Pour la marque Seat, dont on ne sait pas tout à fait ce qu’elle va devenir, l’Ibiza est toujours en vente, mais chez les Espagnols du groupe VW, c’est la Cupra Raval qui fait l’actualité. Et la marque Mini qui s’est mise à produire des voitures de plus en plus grandes, pourrait se remémorer son glorieux passé pour produire une Mini « plus mini » et bien entendu électrique.

Les constructeurs chinois investissent en Europe
Tandis que les citadines et mini-citadines des constructeurs européens vont se multiplier, il y a d’autres constructeurs qui songent à investir ce secteur qui permet de disposer de voitures d’entrée de gamme à tarif abordable. Pour que leurs clients bénéficient des aides à l’achat, les constructeurs chinois vont s’implanter en Europe. Ils vont ainsi éviter les surtaxes qui frappent les voitures électriques chinoises importées. Parmi les marques chinoises qui ont le vent en poupe, MG Motor qui réalise de belles ventes en France va produire une rivale de la Renault 5 E -Tech en Espagne. Celle qui reprendra les lignes du concept,-car MG Go ! et qui s’appellera peut-être ainsi ou MG2 pourrait faire fureur à partir de 2028 lorsque sa production en Europe sera mise en place. Produite en Espagne également, la version européenne de la Leapmotor B03 arrivera en 2027. La nouvelle génération de la BYD Dolphin Surf est également dans l’attente d’un lancement sur le marché européen et devrait être assemblée dans l’usine hongroise de BYD.
Bilan
Grâce à la motorisation électrique, les petites autos retrouvent la forme. Débarrassées des contingences liées aux mesures antipollution, les autos d’entrée de gamme vont se multiplier. Ainsi les mini-citadines qui avaient déserté le catalogue de nombreux constructeurs vont y retrouver une place de choix. Car grâce à l’utilisation de batteries LFP moins chères à produire, elles vont proposer une belle autonomie pour un tarif réduit grâce à l’effet « coup de pouce ». Ainsi la Renault Twingo E-Tech donne des idées à de nombreux constructeurs qui vont créer une rivale à la mini-citadine ornée d’un Losange. Parmi les marques amoureuses des petites autos, on trouve des constructeurs chinois, qui investissent dans les segments des mini-citadines et citadines polyvalentes et pour éviter les surtaxes européennes, ils se décident à produire en Europe. Toutes ces nouveautés qui arrivent dans les prochains mois se chargeront d’animer pendant de longues années le secteur des citadines électriques.
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