Ces 10 voitures diesel qui ont marqué l’histoire, pour le meilleur et pour le pire
Voici 90 ans apparaissait la première voiture diesel fabriquée en série, la Mercedes 260D. Si elle n’a pas eu tellement de succès, elle en a inspiré bien d’autres, qui se sont vendues par millions, notamment chez Peugeot. Voici les dix autos diesels qui ont marqué l’Histoire

Inventé au XIXe siècle, le moteur diesel n’a pas été conçu pour fonctionner au gasoil, contrairement à ce que l’on croit souvent. Son idée de base est de fonctionner en brûlant des huiles, non des essences, ce qui avait tout son intérêt à une époque où ces dernières n’étaient pas aisément disponibles.
Le moteur diesel a d’abord été utilisé dans des applications fixes, dans l’industrie, puis dans des bateaux et des véhicules professionnels. Les constructeurs d’automobiles s’y sont progressivement intéressés, mais le bruit et l’inaptitude de ce type de groupe aux hauts régimes, ont posé bien des soucis. Le premier à les résoudre suffisamment et proposer une voiture de série à moteur diesel est allemand, c’est Mercedes, rapidement suivi d’Hanomag.
Lancée en février 1936, la Mercedes 260D est le fruit de longues études, visant d’abord à civiliser le moteur. Initialement, on avait envisagé un 6-en-ligne, mais finalement, c’est un 4-cylindres 2,5 l développant 45 ch à 3 000 tr/min qui a été retenu. Il utilise une injection indirecte Bosch et emmène la voiture à 90 km/h, une vitesse acceptable alors. Nettement plus chère, bruyante et lente que la 230 de même carrosserie (capable, elle, de 110 km/h), la 260D se vendra très peu : 1967 unités jusqu’en 1940, presque uniquement aux taxis. En après-guerre, la 170D reprendra le flambeau, avec nettement plus de succès : le diesel était sur des rails.
Même si Peugeot a failli commercialiser une 402 Diesel en 1938, il faudra attendre 1959 pour voir apparaître une berline au lion brûlant du gasoil. C’est la 403 Diesel, équipée d’un moteur Indénor, la première de son genre en France. Son 4-cylindres 1,8 l développe 49 ch, ce qui lui permet de pointer à 120 km/h, sachant qu’une 403-7, dotée du 1,3 l de 45 ch, ne dépasse pas 125 km/h. La 403 Diesel connaîtra un grand succès auprès des taxis, de par sa fiabilité, sa frugalité et ses performances très acceptables. La 404 reprendra le flambeau avec brio : Peugeot devenait un des plus grands spécialistes du diesel.
Lancée en 1965, la brillante 204 est la première traction de série fabriquée par Peugeot. Dès 1967, elle reçoit un moteur diesel, le plus petit du monde, le 1 255 cm3 XLD, qui fait d’elle également la première traction à utiliser ce genre de motorisation. Hélas, avec 40 ch seulement, elle est lente (120 km/h), et son bloc n’est pas fiable du tout. Bien avant le Puretech ! Porté à 1,4 l et 45 ch en 1973 puis 1,5 l en 1979 (sur la 305), ce groupe sera très avantageusement remplacé par le XUD, increvable lui, en 1982.
Premier 5-cylindres de tourisme de l’Histoire, le moteur de la Mercedes 240D 3.0, conçu sous l’égide d’un certain Ferdinand Piëch, est aussi le plus puissant alors monté dans une voiture de série. Ce 3,0 l développe 80 ch, ce qui permet à la Mercedes qu’il équipe dès 1974 de pointer à 150 km/h : c’est le diesel le plus rapide du monde. Surtout, c’était la première fois qu’une voiture au gasoil était aussi silencieuse et agréable à conduire qu’un modèle à essence. Mais à quel prix…
Peu connue en Europe, cette Mercedes Classe S de type W116 est la première voiture de série équipée d’un moteur turbo-diesel. Cela dit, si on considère les artisans, on doit remarquer que le Français Georges Régembeau l’avait largement devancée avec ses SM Turbo-diesel ! Mais l’allemande est commercialisée dès 1978, équipée d’un 3,0 l de 115 ch, et se nomme 300 SD. Rapide (165 km/h) mais peu nerveuse, elle n’est pratiquement vendue qu’en Amérique du Nord. Pourquoi ? Parce que l’administration Carter vient d’appliquer la norme CAFE, pour Corporate Average Fuel Economy, obligeant les constructeurs à respecter une consommation moyenne sur toute leur gamme de voitures. Mercedes a saisi l’occasion pour faire du diesel une arme commerciale outre-Atlantique, et n’en commercialisera les variantes suralimentées en Europe qu’au début des années 80
En Europe, celle qui inaugure le moteur turbo-diesel commercialement n’est autre que la Peugeot 604. Dès 1979, elle se dote d’un moteur 2,3 l Indénor qui, suralimenté par un turbo, développe 80 ch. C’est prudent, sachant que le même bloc, atmosphérique, produit déjà 70 ch dans la 504, mais permet à la 604 D-Turbo de pointer à 155 km/h tout en modérant sa consommation et sans rien perdre de son confort proverbial. Accessoirement, cela décuplera ses ventes, donc sauvera sa carrière. A noter que l’Alfetta Turbo-diesel n’a été devancée par la 604 que des quelques semaines.
Fin 1982, Volkswagen frappe un coup étonnant avec sa Golf. Déjà pionnière des GTI, la voilà qui se dote d’un bloc turbo-diesel : c’est la première de sa catégorie à de doter de ce type de moteur. Développant 70 ch, son 1,6 l l’emmène à 160 km/h, des performances inédites pour une si petite voiture recourant au gasoil. Pour mettre ce fait en valeur, VW la décore comme une GTI, et l’appelle GTD, un sigle encore utilisé. Les diesels performants commençaient à se généraliser et à changer les mentalités.
Ayant commercialisé sa première auto de tourisme diesel en 1953 (la 1400D), Fiat prend la concurrence de court en avril 1988 avec sa Croma TDid. En effet, il s’agit de la première berline diesel de production à utiliser une injection directe (le premier véhicule de tourisme à y recourir est antérieur : c’est le 4x4 Toyota Land-Cruiser en 1986). Dotée d’un 1,9 l de 92 ch, l’italienne étonne par sa sobriété (3,9 l/100 km à 90 km/h) et ses performances (180 km/h en pointe). Hélas, son moteur est très bruyant en accélération et fragile. Mais Fiat prendra en garantie presque toutes les casses mécaniques (15 % de la production), fiabilisera le bloc et le succès sera au rendez-vous. La Fiat sera suivie de près par une auto totalement oubliée, la Rover Montego, utilisant un moteur dû à Perkins, un grand nom du diesel.
Pour relancer Alfa Romeo, le groupe Fiat met les petits plats dans les grands. Outre une carrosserie magnifique, la 156 devient la première voiture de série dotée d’un diesel à rampe commune, permettant une haute pression d’injection, donc un meilleur rendement. Nommé JTD dans le Groupe Fiat, ce dispositif a été inventé par Elasis, filiale du géant italien, qui en a revendu le brevet d’industrialisation à Bosch. Celui-ci a ensuite proposé bien vite le « common-rail » Mercedes, qui le commercialisera sous l’appellation CDI, et à Peugeot, ce qui a débouché sur les fameux HDI. A partir de cette petite révolution technologique, le diesel, plus performant et frugal que jamais, allait connaître une expansion sans précédent, y compris dans les pays où le gasoil est plus cher que l’essence.
L’air de rien, la très conservatrice Peugeot 607, présentée fin 1999, recèle une nouveauté réglant efficacement un des défauts du diesel : les suies. Comment ? En s’équipant d’un filtre à particules. Ainsi gréé, son bloc 2,2 l HDI de 136 ch se targue d’une dépollution performante (au prix d’une légère hausse de la consommation), ce qui plaira beaucoup à la clientèle… allemande. Ulcérés d’avoir été devancés, les constructeurs germaniques tenteront de décrédibiliser ce filtre, avant de l’adopter. Aujourd’hui, tous les diesels commercialisés en Europe disposent d’un tel dispositif.
Allez, il y en a un peu plus, je vous le mets quand même. Audi, qui a inauguré l’injection directe et donc, l’appellation TDI dans le Groupe VW dès 1989, avec sa très performante 100 TDI, se distingue encore en 2008. Comment ? En commercialisant l’auto de série dotée du diesel le plus puissant de l’Histoire : le Q7 V12 TDI. Comportant douze cylindres en V, son 5,9 l développe la bagatelle de 500 ch, pour un couple monstrueux de 1 000 Nm ! Des records inégalés à ce jour. Capable de 250 km/h, le Q7 qu’il équipe se contente de 11,7 l/100 km, et Audi a même pensé à installer ce bloc dans sa supercar R8, ce qui aurait fait écho à ses victoires aux 24 Heures du Mans justement avec une voiture diesel.
Après le pic incarné par ce Q7, le diesel va globalement perdre en puissance, puis viendra le dieselgate en 2015, lui aussi dû à Volkswagen, qui en précipitera la chute au moment où il était devenu plus performant, frugal et propre que jamais… Les Allemands, après avoir inventé le diesel, le fossoient. La boucle est bouclée...




























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