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Comment l’Europe est devenue le nouveau moteur mondial de la voiture électrique

Pendant longtemps, l’Europe a regardé le train de l’électrique passer. Avant de revenir aux avant-postes d’un paysage automobile en pleine recomposition et de s’imposer comme le centre de gravité de l’électromobilité mondiale. Portée par trois marchés clés.

Comment l’Europe est devenue le nouveau moteur mondial de la voiture électrique
En 2025, les ventes de véhicules 100 % électriques progressent de 31 % en Europe, plus forte croissance mondiale ©Sud Ouest Maxppp

Pendant des années, l’Europe l’a joué allegro ma non troppo. Alors le train de l’électrique passe en mode TGV du côté de la Chine, le Vieux Continent en était encore à poser les rails. L’UE tergiverse, réglemente. Rigoureuse sur les normes, généreuse en discours, mais distancée sur les volumes, elle regardait la Chine foncer à toute vitesse et l’Amérique hésiter.

En 2025, changement de tempo. L’Europe ne se contente plus de réguler le marché du véhicule électrique, il l’anime. Mieux, il l’accélère. Dans un marché mondial de l’électromobilité en pleine croissance, l’Europe s’impose comme la région la plus dynamique du globe.

L’année où l’Europe change de statut

En 2025, 20,7 millions de véhicules électriques ont été vendus dans le monde, en progression annuelle de 20 %, selon le nouveau rapport Rho Motion /Benchmark Minerals Intelligence. Soit 3,6 millions de VE de plus que l’année précédente Derrière ce chiffre flatteur se cache un déplacement du centre de gravité de l’électromobilité.

Selon Benchmark Mineral Intelligence, l’Europe affiche la croissance la plus forte de toutes les grandes régions mondiales, avec une progression des véhicules électrifiés de + 33 % en un an. Soit, 4,3 millions de véhicules écoulés sur l’année. Un changement de dimension.

Réglementation assouplie et aides relancées

Le Vieux Continent n’est plus seulement un territoire de contraintes et d’objectifs climatiques, mais un marché de volume, capable d’absorber une large part de la production mondiale et de soutenir la demande. « Il y a encore un an, peu auraient anticipé un tel retournement », observe Charles Lester, responsable des données chez Benchmark. Longtemps suiveuse, l’Europe prend l’initiative.

Cette accélération n’a rien d’un accident conjoncturel. Elle résulte d’un réajustement politique soigneusement calibré. En 2025, Bruxelles a desserré l’étau en étalant l’application des objectifs d’émissions (normes CAFE) sur trois années, entre 2025 et 2027.

Cet aménagement technique, qui a résonné comme un signal de stabilité envoyé à une industrie automobile sous pression. À ce cadre plus lisible s’est ajouté le retour ciblé des aides à l’achat dans plusieurs pays stratégiques. L’effet est immédiat. En 2025, les ventes de véhicules 100 % électriques progressent de 31 %, tandis que les hybrides rechargeables bondissent de 38 %. L’électrification, devient un moteur commercial.

Allemagne, Royaume-Uni, France : les piliers de la reprise

Cette dynamique a été portée par les trois grands marchés européens. L’Allemagne, pilier industriel du continent, enregistre une croissance spectaculaire des ventes de BEV de + 48 %. Le Royaume-Uni suit avec une hausse solide de + 27 %.

En France, après un début d’année hésitant, le marché VE redresse la trajectoire et termine 2025 en légère progression (+ 12 %), soutenu par le rétablissement des subventions en fin d’exercice. L’électrique n’est plus périphérique, il structure le cœur de la stratégie automobile européenne. L’élan européen ne se prolongera pas indéfiniment à ce rythme.

Pour 2026, Benchmark anticipe une croissance plus mesurée des immatriculations de BEV, autour de 14 %, signe d’un marché qui entre dans une phase de maturité. Ailleurs, le contraste est saisissant.

Pendant ce temps, le reste du monde ralentit

En Amérique du Nord, les ventes de BEV reculent de 4 %, pénalisées par la suppression des incitations fédérales aux États-Unis et par un désengagement industriel progressif.

En Chine, toujours premier marché mondial avec 12,9 millions de véhicules vendus, la croissance ralentit à 17 %. La concurrence y est féroce, les marges sous tension, et l’effet d’aubaine des subventions de 2024 déjà digéré.

Dans une industrie automobile en pleine recomposition, l’Europe devient un pôle d’attraction. Un centre de gravité où s’alignent enfin cadre politique, stratégie industrielle et désir du marché. Désormais les constructeurs chinois regardent vers l’Europe pour sécuriser leurs volumes. Aux constructeurs historiques européens de porter le fer et d’assurer leurs positions.

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