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Enquête: pourquoi les automobilistes en ont marre ?

Dans Pratique / Sécurité

Entre le prix de l’essence qui flambe, les limitations de vitesse incompréhensibles, la mise en place des ZFE ou les 30 km/h en ville, il ne fait pas bon être automobiliste actuellement Oui, on parle bien de ce citoyen qui se fait flasher pour 1 km/h de trop sur autoroute, mais qui en ville doit partager la chaussée avec des utilisateurs de trottinettes électriques en complète roue libre. Et les non-sens de ce type se multiplient.

Enquête: pourquoi les automobilistes en ont marre ?

Pour commencer, cette mise garde : vous vous apprêtez à lire l’article le plus déprimant de l’année. Une fois ces précautions prises, entrons dans le vif du sujet : nous parlons aujourd’hui de la grogne croissante des automobilistes, qui doivent composer avec un carburant toujours plus cher, à qui on promet des bornes électriques qui mettent un temps fou à de déployer, qui ne savent plus s’ils doivent rouler à 80 ou 90 km/h quand ils passent d’un département à l’autre, sont désormais accusés de détruire la planète avec le diesel qu’on présentait hier comme un bouclier anti-CO2, sont soumis au feu roulant de radars toujours plus nombreux (et qui flashent à partir de 31 km/h dans certaines villes), tout en devant partager la chaussée avec des utilisateurs de trottinettes électriques qui multiplient les infractions sans jamais être inquiétés.

Ajoutez à cela le contexte post-Covid et les difficultés industrielles qui l’accompagnent, avec notamment des délais de livraison à rallonge, ainsi que l’obligation « morale » d’acquérir des modèles électrifiés hors de prix, et vous obtenez un mélange explosif qui mérite un décryptage.

 

L’automobiliste en a marre parce que…

...les prix du carburant ne cessent de flamber

Enquête: pourquoi les automobilistes en ont marre ?

L’économie mondiale redémarre, et avec elle des besoins en énergie qui provoquent une flambée des cours de pétrole. Ce mercredi, le baril de Brent s’échangeait pour près de 82 $. Cette hausse se traduit par une hausse continue des prix à la pompe - on a atteint cette semaine le point le plus haut depuis 2013 - avec des taxes qui représentent 60% du montant dont on s’acquitte au moment de faire le plein.

Même Anne Hidalgo, pourtant adversaire résolue de l’automobile, s’en est émue dans une interview au quotidien Libération cette semaine: « j'estime qu'on ne peut pas continuer à demander aux plus fragiles, aux plus modestes ou aux classes moyennes de payer le prix fort de la transition écologique » a lancé la candidate socialiste à l’élection présidentielle, qui pense ainsi aux « onze millions de personnes ont besoin de leur voiture tous les jours pour aller travailler. » C’est dire si l’heure est grave !

En retour, le ministre de l’économie Bruno Le Maire déclarait au micro de RTL que « sur le diesel et l'essence, si l'envolée se poursuit il faudra réagir. On l'a fait sur le gaz et l'électricité, donc s'il faut le faire sur le carburant, nous sommes prêts à le faire.»

Etant donnée la manne que représente le prix des carburants pour les pouvoirs publics, il est bien sûr illusoire de rêver d’une baisse de la fiscalité afférente. Au mieux peut-on espérer voir apparaître une sorte de « chèque énergie », qu’il faudra bien financer d’une façon d’une autre. Quelles solutions alors ? Simple : rouler moins…ou passer à l’électrique. Ce qui nous amène au point suivant.

…les voitures électriques coûtent trop cher

Enquête: pourquoi les automobilistes en ont marre ?

Passer à l’électrique, pourquoi pas ? Ces motorisations font preuve d’un agrément d’usage incomparable (silence, douceur de fonctionnement…) et libèrent l’automobiliste des contraintes que représente l’entretien mécanique.

De plus, pour peu que l’on puisse faire le plein d’électrons à domicile - 90% des recharges s’effectuent aujourd’hui à la maison…et tant pis pour les citadins qui vivent dans des immeubles où le fameux « droit à la prise » reste une notion encore bien théorique - le prix du carburant-électricité est assez indolore.

C’est ainsi que sur les neuf premiers mois de l’année, les modèles zéro émissions ont représenté 8,5% des immatriculations de voitures neuves en France (6% un an plus tôt à pareille époque), et la courbe continue de grimper, lentement mais sûrement.

Seulement voilà, il faut disposer d’un sacré pouvoir d’achat pour acquérir une voiture électrique. Des exemples ? La Renault Zoé Intens, vendue 13 400 € de plus que la Clio TCe 140, ou bien encore la Peugeot e-208 GT, facturée 32 700 € hors bonus, somme qui représente un surcoût de 8 900 € par rapport à la version PureTech 130.

On pourrait multiplier les exemples à l’envi, pour constater que la mobilité dite « propre » reste réservée à une petite minorité d’entre nous. Ce qui rend d’autant plus pénible ces imprécations permanentes des politiques qui veulent nous faire acheter des voitures électriques, tout en préparant un nouveau rabotage du bonus écolo à partir du 1er janvier prochain.

 

…les bornes de recharge ne décollent pas

Enquête: pourquoi les automobilistes en ont marre ?

Il va falloir encore attendre plusieurs années pour que les modèles électriques alimentent le marché de l’occasion et se montrent plus accessibles.

Dans l’intervalle, espérons que pouvoirs publics et grandes entreprises auront trouvé une solution pour déployer un réseau de bornes satisfaisant. On le sait, l’objectif de 100 000 bornes accessibles au grand public à la fin 2021, pourtant proclamé haut et fort par le gouvernement en octobre 2020, ne sera pas atteint cette année (si on atteint les 45 000 ce sera déjà bien).

Alors qu’il aurait fallu une coordination nationale mêlant le pouvoir politique, les pétroliers et les industriels, chacun des signataires de la charte « objectif 100 000 bornes » semble avancer dans son coin, au rythme qui est le sien. Une dynamique est certes lancée, mais à trop petite vitesse.

Or, ces lenteurs ne laissent d’inquiéter les constructeurs : « Vous savez bien que le marché de la voiture électrique est en train de croître plus vite que ce que les pouvoirs publics avaient prévu et que la densité du réseau de charge est en retard par rapport à la croissance du marché. C’est bien l’obstacle numéro un, obstacle considérable car si l’acheteur n’est pas sécurisé sur la possibilité de charger son véhicule, pourquoi l’achèterait-il ? Or il va être obligé de l’acquérir car de nombreuses contraintes vont faire en sorte qu’il ne pourra quasiment plus se déplacer s’il n’a pas un véhicule électrique », observait récemment Carlos Tavares, Directeur Général du groupe Stellantis.

« On ne peut pas d’un côté limiter la liberté de mouvement des citoyens en conditionnant cette liberté à l’utilisation d’un véhicule électrique et en même temps ne pas mettre à sa disposition un réseau de charge suffisamment dense pour qu’il puisse se charger avec un niveau de confort raisonnable. Sans réseau de charge visible, le conducteur ne se sentira pas en confiance. Il ne voudra pas faire 30 km pour aller se charger. L’acquéreur potentiel d’un véhicule électrique va retarder son achat s’il n’est pas sécurisé par un réseau de charge facilement accessible. »

En d’autres termes, les autorités nous/vous enjoignent de rouler propre, avec la perspective d’une interdiction des moteurs thermiques en Europe à l’horizon 2035, mais dans des conditions totalement ubuesques, où seul l’oukase écolo tient lieu de ligne politique.

 

...les 80 km/h peinent à convaincre

Enquête: pourquoi les automobilistes en ont marre ?

On le sait, la mise en place des 80 km/h sur le réseau secondaire, effective depuis le 1er juillet 2018, a soulevé nombre de polémiques. D’un côté, on a la sécurité routière qui brandit des chiffres à peu près incompréhensibles pour justifier cette mesure (même si la bonne foi oblige à reconnaître qu’une vitesse abaissée ne peut que concourir à améliorer la sécurité).

En face, on a certains présidents de départements qui prétendent que les 80 km/h n’apportent aucune amélioration tout en rallongeant les déplacements (tout au plus de quelques secondes sur une vingtaine de kilomètres, mais bon…).

Surtout, ils trouvent là un bon moyen de contester les directives venues d’en haut, jouant la carte des « élus-qui-connaissent-la-réalité-du-terrain ». Or, en vertu de la loi d'orientation des mobilités, ceux-ci ont désormais la liberté de revenir aux 90 km/h sur les routes qui relèvent de leur compétence,

Résultat, une vingtaine de départements sont aujourd’hui repassés aux 90 km/h sur tout ou partie de leur réseau (ou ont au moins annoncé leur intention de le faire), tandis que nombre d’autres trouvent des justifications tout aussi légitimes pour conserver les 80 km/h. Parlez d'une cacophonie !

Outre la crainte de voir la courbe d’accidents repartir à la hausse, ces derniers évoquent le coût des aménagements routiers nécessaires à une ré-augmentation des vitesses et celui des remplacements de panneaux (compter environ 200 € par panneau, installation comprise).

Le problème est que la « vérité » de la sécurité routière varie d’un département à l’autre, ce qui crée un énorme problème de lisibilité et donc d’acceptabilité des règles. En d’autres termes, les pouvoirs publics s’accordent à eux-mêmes une marge de tolérance qu’ils refusent catégoriquement aux automobilistes. Un comble !

 

...les ZFE : Zones à Faibles Emissions ou Zones de Forte Exclusion ?

Enquête: pourquoi les automobilistes en ont marre ?

En agglomération aussi, les limitations de vitesse fluctuent. On en a récemment eu l’illustration à Paris, qui vient de généraliser les 30 km/h (hormis quelques grands axes), essentiellement au nom de la cause écologique.

Enquête: pourquoi les automobilistes en ont marre ?

D’autres villes de France s’apprêtent à suivre le mouvement, à mesure que se déploieront les Zones à Faibles Emissions (ZFE) d’ici à 2024. A cette échéance, toutes les grandes agglomérations instaureront ces zones où la circulation sera sévèrement contrôlée et réservée aux véhicules dit propres (donc récents, ce qui limitera de fait l’accès des moins fortunés d’entre nous à ces zones).

« On se focalise sur la place de l’auto dans les hypercentres et on ne voit pas l’ampleur d’un phénomène qui concerne la société dans son ensemble. En cherchant à faire plus vert que vert au cœur des villes, on est en train de fermer les espaces privilégiés à l’automobile et aux automobilistes qui viennent des périphéries, qu’il s’agisse des banlieues ou des zones plus rurales » observait récemment sur Caradisiac Gery Deffontaines, chercheur associé au Gerpisa (Groupe d'étude et de recherche permanent sur l'industrie et les salariés de l'automobile). En d’autres termes, tant pis pour les pauvres qui n’auront pas les moyens de rouler propre (voir plus haut).

 

... et quid des trottinettes électriques?

Enquête: pourquoi les automobilistes en ont marre ?

Cette instauration des 30 km/h vise aussi a faire mieux cohabiter les voitures et ce que l’on nomme les « nouveaux engins de déplacements (ou EDP), au premier rang desquels les vélos et trottinettes électriques.

Des mobilités qui n’ont de « douces » que le nom, pour peu que l’on observe la façon dont une grande partie de leurs usagers se déplacent. Au programme : allure excessive, feux rouges grillés, et aucune considération pour les piétons sur les trottoirs.

Un véritable fléau que les autorités sont bien en peine d’endiguer, et ce ne sont pas quelques séances de verbalisation sporadiques qui changeront quoi que ce soit.

On se pince en lisant ce message de la sécurité routière sur une page de son site dédiée à la sécurité des EDP: « Pour le respect de tous, circulez à une allure modérée. Ne dépassez jamais les 6 km/h»

A la place, on laisse donc prospérer une véritable anarchie au nom de la sacro-sainte qualité de l’air. C’est ainsi que le bilan 2020 de la sécurité routière nous apprend que le nombre de blessés en EDP motorisé a grimpé de 40% en agglomération, tandis que le nombre de blessés à vélo quintuplait. Dans le même temps, les radars continuent de mener une traque impitoyable contre les automobilistes qui roulent à 131 km/h par beau temps sur une autoroute déserte…

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