Il y a un gros tabou dans l’air cette année aux 24 Heures du Mans
A quelques heures du départ des 24 Heures du Mans 2026 et après des qualifications surprenantes qui ont vu dominer BMW, Cadillac et Alpine aux dépens de Ferrari, Toyota et Peugeot, certains se demandent si la fameuse « balance de performance » n’aurait pas déséquilibré le match entre les deux catégories de prototypes engagés dans la catégorie reine. Mais on n’a officiellement plus le droit d’en débattre !

Comme l’année dernière, les Cadillac semblaient en mesure de viser la pole position aux 24 Heures du Mans 2026. L’un des prototypes américains avait signé le meilleur temps dans les derniers instants de la phase finale des qualifications cette semaine, avant d’être pénalisé au profit de la Bmw finalement arrivée première pour un point de détail réglementaire.
Mais alors qu’elles cachaient clairement leur jeu l’année dernière pendant les essais, les Ferrari semblent battues en performance pure cette fois et le meilleur des prototypes italiens s’est qualifié à 2,5 secondes de la pole position loin derrière les BMW, les Cadillac, la meilleure Alpine et même l’une des Genesis débutantes. Même chose pour les Toyota, dont la voiture la plus performante a échoué en 14ème position de ces qualifications. Les Peugeot, elles, avaient été éliminées de « l’Hyperpole » dès le mercredi.
Devant, il n’y a que des voitures « LMDh »
Le point commun entre toutes les voitures du haut de la grille ? Ce sont tous des prototypes de la catégorie LMDh (Cadillac, Alpine, BMW, Genesis et anciennement Porsche), répondant à une réglementation différente de celle des LMH (Ferrari, Toyota, Peugeot et Aston Martin qui reste un cas particulier avec sa motorisation 100 % thermique).
Pures propulsions équipées d’un moteur électrique standardisé à l’arrière, les LMDh cohabitent avec les 4x4 LMH via la « balance de performance » (BoP), cette fameuse règle visant à harmoniser les performances des voitures en étudiant de très près les données télémétriques et chronométriques sur chaque circuit. Comme on l’a vu lors des deux premières manches de la saison du championnat WEC en Italie et en Belgique, remportées par Toyota puis BMW, cette technique permet d’avoir souvent des écarts très réduits entre tous les concurrents. Mais au Mans, la « BoP » penche visiblement du côté des LMDh avec notamment un petit avantage de vitesse de pointe, élément important sur ce circuit comprenant d’interminables lignes droites.
Un sujet tabou
Comme le rapportent les journalistes de Motorsport, les concurrents engagés avec des LMH se disent déçus de leurs performances aux qualifications. Toyota, par exemple, note que les voitures les plus rapides au chrono lors des essais étaient systématiquement des LMDh. Or, il s’agit-là d’un sujet ô combien sensible : depuis cette année, le règlement du championnat du monde d’endurance (WEC) interdit tout simplement aux concurrents de critiquer publiquement la « BoP » sous peine d’amendes et même de pénalités.
Dans ces conditions, donc, il est impossible pour les équipes comme Toyota de s’exprimer librement sur ce point et cela fait régner un air assez bizarre dans le paddock lors de la grande semaine des 24 Heures du Mans. Cette « BoP » a permis d’assister à de très belles courses depuis le début de la saison, mais elle montre peut-être ses limites sur le plus gros événement de l’année en pénalisant artificiellement les LMH par rapport aux LMDh. Toyota et les autres espèrent naturellement pouvoir rester en lice pour la victoire grâce à une exécution parfaite en course et l’ironie de la situation, c’est que Porsche se plaignait d’un problème inverse l’année dernière avec sa LMDh en affirmant que le règlement avantageait alors les LMH comme la Ferrari. En guise de protestation, le constructeur allemand avait même décidé de quitter le championnat WEC à la fin de la saison 2025.
Une chose est sûre : invaincues depuis 2023, les Ferrari semblent plus menacées que jamais cette année aux 24 Heures du Mans. Et la compétition semble très ouverte entre BMW, Cadillac et Alpine avec Aston Martin, Ferrari, Toyota et Peugeot plus distancées. Mais le vainqueur de la course sera-t-il le meilleur avec les mêmes armes que les autres ?
















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