L’Amérique de l’automobile de plus en plus hostile à Trump ?
Alors que les ouvriers avaient soutenu le président, et que les patrons des constructeurs s’étaient bien gardés d’émettre un avis, l’heure est au divorce. Entre le refus de Donald Trump de verrouiller les données des véhicules, la flambée de 50 % du prix de l’essence liée à la guerre en Iran, et l’essor inattendu des voitures électriques qui prend les constructeurs à contre-pied, la filière se sent piégée par la politique présidentielle. Un désamour grandissant qui pourrait coûter très cher au camp républicain lors des élections de mi-mandat le 3 novembre prochain.

Ils sont ressortis du bureau ovale quelque peu dépités. Les patrons de Ford et General Motors comme les représentants des syndicats patronaux de la filière auto américaine étaient venus plaider leur cause auprès de Donald Trump la semaine passée. En vain.
Une cause entendue en Europe depuis longtemps, mais pas aux US ou les marques ne souhaitent toujours pas divulguer les données informatiques embarquées dans leurs autos, ce qui empêche les réparateurs indépendants de les entretenir, mais le président entend bien empêcher cet empêchement, et rendre accessible toutes ces données.
Le Michigan : un swing state qui pourrait encore changer d’avis
Un détail des relations tendues entre le locataire de la maison blanche et l’industrie auto ? Un détail qui, pourtant, s’ajoute à une longue liste de griefs que la filière, qui emploie, entre l’industrie et la distribution, près de 3 millions de personnes qui ont, pour nombre d’entre eux, voté pour Trump à la dernière présidentielle. En témoigne sa victoire dans le Michigan, berceau de l’auto US, alors que le tout-puissant syndicat de l’industrie auto, l’UAW a appelé à faire élire Joe Biden puis Kamala Harris.
Mais si les ouvriers de l’auto américaine ont voté pour Trump lors de la dernière présidentielle, les choses pourraient changer lors des midterms. Car ils attribuent la hausse du prix du gallon au président qu’ils ont pourtant sollicité.
Une hausse du prix de l’essence que lui reprochent également les dirigeants des constructeurs. Car ils ont tous provisionné des milliards de dollars sur leur exercice 2025 pour cause de mauvaises ventes de VE au cours des deux années écoulées. Et dans la foulée, soutenus par Washington et sa politique pro thermique, ils ont tous relancé des programmes de gros SUV hybrides ou pas mais consommant un maximum de sans-plomb.
Or, le prix du gallon a augmenté de 50 % depuis la fin février et le début du conflit. Une hausse qui est responsable, pour 60% de l'inflation qui s'établit désormais à 4,2% selon le bureau of labor statistics. En parallèle, les ventes de voitures électriques ont augmenté de 33 % au mois d’avril, sans la moindre aide de l’État, et alors qu’aucune marque n’était réellement préparée à ce succès à contretemps.
33 % de ventes de voitures électriques supplémentaires
Et les constructeurs locaux de s’interroger sur les éventuels surplus de production de leurs gros mastodontes gavés au sans-plomb après l’été, si la crise iranienne se prolonge. Et ce malgré les promesses de fin rapide du conflit de leur président. Des discours que le New-York Times a ressemblé et il semblerait que depuis le début des hostilités, Donald Trump a promis 37 fois la fin imminente des hostilités.
En y ajoutant les taxes douanières, qui pénalisent les marques de Detroit qui fabriquent des autos complètes ou des pièces au Canada et au Mexique, ainsi que la fin de non-recevoir à leurs griefs sur les datas embarquées, on aboutit aux multiples raisons du divorce de l’automobile américaine avec l’administration Trump. Un désamour qui, étant donné l’influence de la filière, pourrait se traduire dans les urnes le 3 novembre prochain, jour des élections de mi-mandat.


















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