L’avenir des marques européennes haut de gamme de Stellantis en question. Stop ou encore, pour Alfa Romeo, DS Automobiles, Lancia et Maserati.
DOSSIER – Le mois dernier, Antonio Filosa, patron de Stellantis, a dévoilé son plan FasSTLAne 2030. Ce plan donne la priorité stratégique à l’Amérique du Nord au détriment de l’Europe. Il renforce certaines entités du groupe et semble délaisser les marques haut de gamme Alfa Romeo, DS Automobiles, Lancia et Maserati. Mais qu’en est-il vraiment ?

Lors de la présentation du plan stratégique de Stellantis par Antonio Filosa le 21 mai 2026, le directeur général de Stellantis n’a annoncé aucune mise à l’arrêt d’une des quatorze marques qui composent le catalogue du groupe multinational franco-italo-américain, et cela malgré les 22 milliards d’euros de perte du groupe en 2025. Reste que certaines marques sont privilégiées et diposeront de réels investissements, alors que d’autres semblent mises un peu à l’écart.
Ainsi, on découvre que les marques leaders sont Jeep, RAM, Peugeot, Fiat, tandis que Chrysler, Dodge, Citroën, Opel-Vauxhall, Alfa Romeo obtiennent le statut peu glorieux de « marques régionales ». On découvre également que les marques DS Automobiles et Lancia perdent leur autonomie pour être rattachées, pour l’une à Citroën, pour l’autre à Fiat comme l’est aujourd’hui la petite marque Abarth.

Maserati, la belle endormie
Il y a aussi le cas de Maserati, une marque emblématique, mais confrontée à des difficultés persistantes. Antonio Filosa a indiqué dernièrement que la marque italienne était en discussion avec deux partenaires potentiels pour soutenir son redressement. On sait que des groupes chinois comme BYD et Chery seraient intéressés par la marque au trident, on parle aussi de Huawey et de JAC. Mais on ne sait pas si les partenaires évoqués par Filosa sont parmi ceux-ci. Et surtout, comment va se passer ce partenariat ?

Partenariats renforcés avec des groupes asiatiques
On se rend compte que l’Europe et les marques européennes (excepté Fiat et Peugeot marques leaders) sont les parents pauvres de ce plan, le groupe voulant réduire sa capacité de production de 800 000 véhicules sur les 4 millions de véhicules produits par Stellantis, sur le Vieux Continent. Le projet stratégique est clairement axé sur l’Amérique du Nord avec 60 % des investissements sur les 60 milliards de dépenses prévues ! Les 40 % restant seront pour le reste du monde, dont l’Europe, l’Amérique du Sud, l’Asie et l’Afrique où Stellantis avec son partenaire indien Tata veut renforcer sa compétitivité. Enfin, le groupe va continuer à nouer des partenariats avec des groupes chinois, qui pourraient devenir propriétaires d’usines du groupe (des usines espagnoles seraient concernées) ou bien encore se servir des moyens de production de Stellantis pour y faire assembler leurs propres autos. C’est déjà le cas pour l’usine française de Rennes-La Janais qui va prochainement assembler sur ses chaînes un modèle de la marque chinoise Dongfeng.
DS Automobiles et Lancia sous tutelle
Parmi toutes les marques européennes du groupe Stellantis, ce sont clairement les marques haut de gamme qui risquent de souffrir le plus. Alfa Romeo semble la moins touchée puisqu’elle fait partie des marques régionales et à ce titre devrait bénéficier de la possibilité de produire de nouvelles autos (une Alfa Romeo Giulietta a d’ores et déjà été annoncée). DS Automobiles, qui vient de lancer son nouveau DS N°7, après douze années d’autonomie revient dans le giron de Citroën sans qu’aucun nouveau plan produit n’ait été clairement annoncé. C’est aussi le cas de Lancia qui a été relancée il y a peu sur le marché européen avec la nouvelle Ypsilon. Enfin Maserati en mauvaise posture aura la possibilité de lancer deux nouveaux modèles, autant dire que Stellantis compte beaucoup sur un futur partenariat pour sortir cette marque de l’ombre.

Les marques haut de gamme restent dans l’attente
Pour l’ensemble des marques haut de gamme du groupe Stellantis, les prochains mois devraient être cruciaux. Un retour rapide et important des bénéfices pour le groupe pourrait changer bien des choses. Sinon, la charge que représentent ces marques, si elles ne sont pas ou pas assez bénéficiaires, pourrait contraindre le groupe à les arrêter ou à s’en séparer. En attendant, voyons quel peut être l’avenir de ces marques et quelles sont les nouveautés qu’elles vont nous proposer dans les prochaines années.
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