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La beauté des laides - Sanggyong Actyon : un SUV coupé ? Ça marchera jamais.

Dans Rétro / Autres actu rétro

Aujourd'hui, on ne parle que de lui : le SUV coupé. Pourtant, le modèle qui est à l'origine de cette tendance est né en 2006 dans le plus parfait anonymat pour les clients qui l'ont boudé et la plus parfaite hilarité pour les journalistes qui l'ont testé. Arrivé trop tôt, le Ssangyong Actyon a disparu avant que les SUC ne soient à la mode.

Un SUV coupé lancé deux ans avant le BMW X6.
Un SUV coupé lancé deux ans avant le BMW X6.
  • Commençons par rectifier un pan de l'histoire de l'automobile : non, BMW n'a pas inventé le SUV coupé (ou SUC) en lançant, en 2008, son X6. L'Allemand a évidemment popularisé le genre et a incité l'intégralité de ses concurrents à l'imiter, mais le tout premier à tenter l'improbable aventure qui consiste à transformer un baroudeur au design de camionnette en engin aux apparences sportives est coréen. Et il n'est pas né de l'imagination du tout-puissant groupe Hyundai-Kia, régulièrement classé dans les cinq premiers constructeurs mondiaux. Il s'agit de la marque Ssangyong qui, au mieux de sa forme, produisait un peu moins de 120 000 autos par an, contre plus de 6 millions pour l'autre groupe local.
Un avant plutôt raté...
Un avant plutôt raté...
...Et une face arrière pas très réussie.
...Et une face arrière pas très réussie.

Le constructeur n'est pas un perdreau de l'année puisqu'il a été fondé en 1954, mais il a souvent changé de positionnement et de propriétaire. Du coréen Daewoo à l'indien Mahindra en passant par le chinois Saic, Ssangyong a parfois dégagé une belle énergie pour tenter de s'imposer dans le concert mondial. Comme en ce début des années 2000 ou les dirigeants de la marque, qui disposent de quelques subsides pour créer de nouveaux modèles, se font la réflexion, plutôt juste, qu'étant donné la taille de leur entreprise, il est inutile de marcher sur les plates-bandes des géants de l'industrie auto. Mieux vaut être différent pour se faire une place au soleil. De ce constat est né le très curieux Rodius en 2005. Pour être différent de tous les monospaces du moment, l'engin l'est assurément. Mais malgré son habitabilité considérable et son prix incroyable, c'est un bide, à cause de son look improbable. Pas de quoi décourager les cadres de Ssangyong, toujours persuadés que c'est par la différence qu'ils vont vaincre. D'ailleurs, ils ont dans leurs cartons une autre révolution : l'Actyon, .contraction entre "action" et "young".

"Un look de nasique furieux"

Selon Ssangyong, les SUV c'est bien, mais ça ne fait pas rêver. Ces grosses autos, très pratiques, souffrent d'un design trop lourd. Pour l'alléger, il suffit de couper l'arrière, d'aplatir la lunette et le tour est joué. Le résultat est dévoilé (pour l'Europe) au Mondial de l'auto 2006 ou le public découvre une espèce de Renault Mégane 1 haute sur pattes. Cet Actyon, que les journalistes essaient quelques semaines plus tard, laisse tous les essayeurs dubitatifs. Les plus prudents le traitent d'"original" et les plus déterminés sortent l'artillerie lourde. Comme ce confrère belge qui écrit, à propos du pauvre SUC du pays du matin calme, qu'il a "un look de nasique furieux, une suspension en guimauve, un freinage absent et une fonctionnalité de bulldozer".

Une photo de trois-quart et quelques reflets permettent de cacher une ligne approximative.
Une photo de trois-quart et quelques reflets permettent de cacher une ligne approximative.

En fait, on ne reproche pas seulement à l'engin sa ligne disproportionnée, mais aussi son essieu rigide à l'arrière, son moteur diesel ultrasonore, et son poids trop élevé (1 917 kg) pour ses freins sous-dimensionnés. Mais surtout, tout le monde se demande, et les clients en premier, pourquoi acheter une auto de 4,55 m, à la garde au toit ridicule aux places arrière et au coffre de la taille d'une Clio de l'époque (265 l). Enfin les clients qui se posent la question sont surtout ceux qui ont l'occasion de croiser une concession Ssangyong, le réseau étant aussi dense que la circulation sur l'A20 une nuit de novembre. Du coup, le flop présumé devient un bide assuré.

L'Actyon : trois autos en une

Mais Ssangyong n'en démord pas. Son Actyon sera fabriqué pendant 12 ans. Parce que les dirigeants de la marque sont persuadés qu'ils ne sont pas à l'abri d'un gros succès toujours à venir ? Pas vraiment. En fait, dans la foulée du SUC, ils commercialisent sa version SUV : le Kyron. c'est le même engin, sans la lunette aplatie pseudo-sportive. Le moteur, le cinq cylindres de 141ch est similaire, mais un autre bloc qui développe 165 ch est proposé rapidement en complément. En plus, l'Actyon va se décliner en une version pick-up, curieusement baptisée "sport" qui fera les beaux jours des rizières asiatiques. Et pour cause : l'engin, qu'il s'appelle Actyon, Kyron ou Sport est conçu dès le départ en version 4x4, avec boîte courte à la clé. Ce n'est pas un Land Rover Defender ou un Toyota Land Cruiser, mais il se défend sérieusement en off-road, grâce à son essieu arrière rigide notamment, celui-là même qu'on lui a tant reproché. Trois autos conçues sur la même plateforme au nombre d'éléments de carrosserie commune expliquent donc la longévité exceptionnelle de l'Actyon.

Un intérieur plutôt bien fabriqué et dans les goûts de l'époque.
Un intérieur plutôt bien fabriqué et dans les goûts de l'époque.

Des attributs de tout terrain logiques, puisque Ssangyong est l'un des spécialistes asiatiques du 4x4. Il a d'ailleurs fabriqué des Jeep sous licence à la fin des années cinquante. Et c'est justement ce goût pour l'off-road qui a nui à la carrière de l'Actyon. Faire d'un véritable 4x4 (même si ce n'est pas un génie du franchissement), une espèce de SUV sportif, ce qu'il n'est absolument pas a déconcerté la presse comme les clients. Reste que l'engin plutôt agricole sous ses dessous civils a pu rendre bien des services à ceux qui s'en sont équipés et avaient besoin de sortir des routes asphaltées, à condition qu'ils se soient satisfaits d'un coffre riquiqui et qu'ils n'aient jamais caressé l'ambition de trimbaler 4 passagers de plus d'1m80.

Trop baroudeur pour réussir

De par sa fiabilité plutôt au-dessus de la moyenne, son moteur vaillant même s'il est bruyant, c'est une bête de somme plus que convenable alors qu'on lui demandait juste d'être une auto haute sur pattes confortable. Ses successeurs ne s'y sont pas trompés. Du BMWX6 qui l'a suivi de peu, à l'Audi Q8 en passant par le Renault Arkana ou le futur Volkswagen Taigo, aucun d'entre eux n'a joué la carte du baroudeur, si ce n'est dans le look, puisque c'est bien l'élément déterminant. Le précurseur lui, est aujourd'hui oublié pour en avoir trop fait, pour avoir confondu vrai 4x4 coupé et faux 4x4 coupé. Une forme d'honnêteté qu'on ne saurait lui reprocher.

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