La mystérieuse Lancia qui avait tout d'une Tucker italienne
Surbaissée et dotée d’un V8 monté à l’arrière, la Lancia P01 a tout d’une beauté mystérieuse puisqu’elle est restée à l'état de prototype unique. Pourtant, elle ne manquait pas d’intérêt !

Plus encore que Citroën, Lancia a révolutionné l’automobile. On lui doit par exemple la structure monocoque avec la Lambda, en 1922, la monocoque fermée, avec l’Augsta en 1933, ou encore le premier moteur V6 de série avec l’Aurelia en 1950. On sait moins que la marque italienne avait dès 1945 envisagé une stupéfiante berline aérodynamique dotée d’un moteur arrière, une architecture qu’elle n’avait jamais expérimentée.

Ce bloc, c’est un V8 2,0 l tout alliage (développant 70 ch, ce qui est excellent pour l’époque), l’A10 conçu par Vittorio Jano transfuge d’Alfa Romeo et qui terminera sa carrière chez Ferrari. Il ne pèse que 150 kg ! Le prototype est fabriqué à la carrosserie Ghia, sous la férule de Mario Boano qui, plus tard, chapeautera le Centro Stile Fiat. Alors qu’on avait imaginé une berline, c’est un très élégant coupé qui est produit en 1947.

Bas, long et fuselé, il surprend par son élégance, évitant les bizarreries caractérisant d’autres autos aérodynamiques bien connues qui utilisent un V8 arrière depuis les années 30 : les Tatra. Le proto Lancia fait aussi irrémédiablement penser à la Tucker, par sa disposition mécanique et son allure aérodynamique, même si son langage esthétique s’avère plus traditionnel.

Toutefois, le coupé italien pousse l’étrangeté encore plus loin, comportant trois places de front et un poste de conduite central, une solution originale mais pas forcément pratique. Gianni Lancia, le fils de Vincenzo, créateur de la marque, en fera sa voiture personnelle et la testera intensivement. Surnommé LP01 (pour Longitudinale Posteriore, signe que l’on retrouvera chez Lamborghini), le prototype n’a pas été développé plus avant. En effet, on l’a estimé trop radical, propre à effrayer jusqu’à la clientèle fidèle à Lancia pourtant habituée aux solutions sortant du commun.

Sans doute aussi son V8 devait-il coûter beaucoup trop cher à produire, ce qui aurait compromis le succès de la voiture dans une Europe exsangue. Simultanément, Isotta-Fraschini a tenté un retour avec la 8C Monterosa, elle aussi dotée d’un V8 arrière et produite par Zagato et Touring à 5 unités en 1947 : coïncidence étonnante. Surtout que cette auto improbable n’a pas été commercialisée non plus.

Quoi qu’il en soit, à la place de LP01, Lancia a développé l’Aurelia B10, moins ambitieuse mais encore ultramoderne avec son V6, sa boîte à l’arrière et sa suspension entièrement indépendante (enfin presque). Celle-ci a rencontré un grand succès, prouvant que son choix était le bon, même s’il n’est pas évident qu’elle ait été si rentable...

Via : carrozzieri-italiani et autopareri.
















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