Mars 2026 : Le mois où l’Europe a basculé vers la voiture électrique ?
Le mois de mars 2026 restera comme celui d’une envolée spectaculaire. Les immatriculations de voitures électriques sur le Vieux Continent se sont envolées de 51,3% durant cette période. Mais si la flambée des prix de l’essence suite au conflit au Moyen-Orient dope l’intérêt des conducteurs, cette accélération soudaine révèle surtout une mutation profonde du marché.

De mémoire d’Européen, c’est du jamais vu. Au seul mois de mars, sur 15 marchés européens, 240 000 nouvelles autos 100 % électriques ont été immatriculées, soit une hausse de 51,3 %.
En prenant en compte l’ensemble du premier trimestre, la hausse est moins forte, mais elle atteint tout de même 29,4 %.
Ces chiffres sont ceux qui ont été compilés, et viennent d’être livrés cette semaine par l’association professionnelle E-Mobility, qui est le syndicat européen de l’EV puisqu’il regroupe les constructeurs, les fabricants de batteries comme les opérateurs de recharge.
Grâce à l’Iran ? Pas seulement
Autant de professionnels plutôt ravis de l’aubaine. Et Chris Heron, le patron de ce syndicat jubile, expliquant qu’il s’agit là de « l’un des plus grands progrès récents de l’Europe en matière de sécurité énergétique, au cours d’un mois où la dépendance au pétrole est devenue une véritable vulnérabilité ».
Une manière de justifier cette envolée des ventes d’électriques par la guerre en Iran et une autre envolée : celui du prix de l’essence qui aurait pu dégoûter, et détourner, les conducteurs européens des voitures thermiques.
Mais pas si vite. Les hausses de ventes constatées en mars sont des immatriculations correspondant à des autos livrées à ce moment-là. Or, ces mêmes autos ont été commandées entre 4 et 8 semaines (le délai moyen aujourd’hui) avant la remise des clés.
En conséquence : le bon de commande de nombre d’entre elles a été signé avant les bombardements israëlo-américains qui ont débuté le 28 février. Et sauf pour les rois du délit d’initié, personne n’aurait pu soupçonner l’effet de la crise au Moyen-Orient avant cette date.

Ce constat ne devrait pas trop attrister Chris Heron et son syndicat. Bien au contraire. Car il prouve que la voiture électrique est capable de progresser par un autre biais qu’une crise majeure, et notamment grâce à l’arrivée depuis plus d’un an des nouveaux modèles, plus urbains et moins chers.
Reste que le pétrole cher est un argument massif pour la conversion des automobilistes à l’électrique. Et si elle n’est pas encore manifeste dans les chiffres de vente, elle l’est au moins dans les intentions. Les consultations d’annonces vers ce type de motorisation explosent. Dans son observatoire trimestriel, La Centrale, à laquelle Caradisiac appartient, 60 % des personnes interrogées déclarent que la situation actuelle renforce leur intérêt pour l’électrique.
L’Europe s’électrise et la Chine se régale
Un intérêt particulier lié à la guerre, et général en raison de l’accessibilité de la technologie électrique en Europe qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Du côté de Pékin on a non seulement reçu le message cinq sur cinq, mais on a déjà pu mesurer cet engouement en espèces sonnantes et trébuchantes.
Car les exportations de voitures chinoises en Europe ont bondi de 140 % au mois de mars. Et les 100 % électriques, malgré les taxes douanières en Europe, représentent la moitié de ces ventes. On se rappelle le jugement du syndicat E-Mobility qui estime que le succès de l’électrique est « l’un des plus grands progrès récents de l’Europe en matière de sécurité énergétique ». Il n’est pas, en tout cas, un grand progrès en matière de sécurité économique.


















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