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Les prix des voitures neuves sont en baisse et c’est, entre autres, grâce au malus

Dans Economie / Politique / Marché

Michel Holtz

C’est une première depuis sept ans : le prix moyen d’une voiture neuve a reculé très légèrement l’an dernier. Si l’arrivée des électriques abordables et des autos chinoises explique ce petit coup de frein, un autre facteur, beaucoup plus surprenant, a fait plonger les tarifs : le malus écologique. Décryptage d’un paradoxe.

Les prix des voitures neuves sont en baisse et c’est, entre autres, grâce au malus
L'afffolement des tarifs s'est enfin calmé. Photo MaxPPP.

D’accord, il n’y a pas de quoi déboucher, même avec modération, un magnum de Dom Pérignon millésimé, mais l’enseignement que livre l’Institut Mobilités et Transitions sur les tarifs des autos neuves est intéressant à plus d’un titre.

L’organisme a demandé au cabinet conseil C-Ways de déterminer le prix moyen d’une voiture neuve l’an passé et de le comparer à celui des années précédentes. Et, surprise, il était moindre en 2025 qu’en 2024. Certes, c’est une baisse de rien, de 2 % exactement puisque, toujours en moyenne, une auto neuve coûtait 34 600 euros l’an dernier, soit 580 euros de moins qu’un an avant.

L’emballement s’est calmé

Mais, et c’est là tout l’intérêt de cette étude, c’est une première depuis 2019 puisque, selon le même cabinet ces tarifs ont très régulièrement augmenté chaque année depuis 7 ans. Une hausse globale qui a atteint 29 %, et qui semble donc enfin freinée.

En comparant cette augmentation, très au-delà de l’inflation sur la même période, avec la baisse des ventes de voitures en France, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle, puisqu’il s’écoule 26 % d’autos en moins depuis cette fameuse année 2019 ou tout a commencé à déraper.

Mais voilà que l’emballement semble calmé, la baisse est entamée, et encore, le cabinet n’a pas pu recenser les petits arrangements et remises faites en concession qui, évidemment, font encore baisser l’addition.

Reste qu’aussi légère soit-elle, cette baisse constatée est bourrée d’enseignements. En premier, il met quelque peu à mal le discours tenu par les constructeurs pour justifier les hausses annuelles précédentes. Que n’ont-ils pas fustigé Bruxelles grande fautive de cet emballement ?

La nouvelle Renault Twingo va apporter sa pierre à l’édifice de la baisse des prix.
La nouvelle Renault Twingo va apporter sa pierre à l’édifice de la baisse des prix.

Que n’ont-ils pas mis les hausses pratiquées sur les dos des normes européennes et notamment sur le « diktat » de celle appelée GSR 2 qui sera encore durcie cet été ? Est-ce que soudain, le maintien dans la voie ou l’alerte de somnolence deviennent gratuits, ou que les équipementiers qui les fabriquent les vendent à perte à leurs marques clientes ?

Sans taxer de mauvaise foi les constructeurs qui ont tenu ce discours pour passer sous silence la montée en gamme généralisée, la fameuse « premiumisation » qu’ils ont pratiqué ces cinq dernières années on peut néanmoins saluer une évidence. Le peu de succès de l’opération, et la baisse des ventes ajoutée à l’arrivée des concurrents chinois ont eu la peau de cette politique de hausse.

Mais si le marché a gagné et contraint les constructeurs à stopper l’hémorragie tarifaire, il est deux autres points qui conduisent à ce qui n’est pas encore une véritable baisse, mais plutôt à une stabilité des tarifs.

Un malus de plus en plus élevé qui rend les voitures moins chères

C-Ways le remarque : ce qui a fait baisser le prix de vente moyen, ce sont aussi les tarifs des autos électriques qui, quant à elles, ont baissé de 4 % depuis l’arrivée des petites voitures à batteries (Citroën e-C3, Renault 5, et bientôt Twingo).

Pour autant, cette mini-baisse est liée à un autre phénomène qui n’est pas du tout imputable aux marques : le malus. Car fort logiquement, le surcoût (jusqu’à 80 000 euros) ponctionné par l’État a détourné les consommateurs, et surtout les entreprises, de ces autos, les PHEV étant désormais dans le collimateur.

Car ces autos, qui sont les plus lourdes et/ou les plus polluantes sont aussi les plus chères. Leur part de marché en baisse fait automatiquement chuter le prix moyen des autos neuves en général.
Reste que la stagnation des prix, qui devraient au bout de cette année 2026 se traduire par une véritable baisse ne fait pas encore le bonheur de tous.

Entre 2019 et 2024, les 40 % de ménages les plus modestes ont vu leur accès aux voitures neuves passer de 24 à 15 %. À l’inverse, le dixième de la population est passé de 22 % d’achat de neuf il y à 7 ans, à 30 % sur la même période. La voiture reste une affaire de riche, du moins en attendant que la baisse des prix se confirme.

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