Mercedes-Benz prend du galon et envoie son classe G au front
Le constructeur à l’étoile s’associe à la jeune pousse munichoise Tytan Technologies pour concevoir un système mobile de neutralisation de drones. Un virage stratégique qui illustre la militarisation croissante de l’industrie lourde allemande.

Le groupe Mercedes-Benz a officiellement annoncé hier lors du Salon aéronautique ILA de Berlin son alliance avec Tytan Technologies, une start-up munichoise spécialisée dans l’intelligence artificielle et l’aéronautique militaire.
Ensemble, ils entendent développer le « Drone Defender », un système mobile et low cost d’interception de drones destiné à protéger les infrastructures critiques européennes. Mercedes fournit les muscles. Tytan apporte les yeux et le cerveau.
La Classe G en première ligne
Concrètement, le dispositif s’appuiera sur la version militaire du SUV Classe G – baptisé Wolf au sein de la Bundeswehr – qui servira de plateforme de détection et de tir mobile. Le constructeur mettra également à disposition ses fourgons Sprinter, transformés pour l’occasion en centres de commandement avancés. Sur le toit de ces véhicules, des radars détecteront les menaces avant de catapulter des drones intercepteurs capables de détruire les engins hostiles par collision cinétique ou par explosion.
Répondre à la guerre asymétrique
Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les services de renseignement occidentaux observent une recrudescence de vols de reconnaissance suspects au-dessus des bases militaires et des aéroports allemands. Les petits drones FPV (First-Person View), extrêmement agiles et peu coûteux, sont devenus le cauchemar des stratèges.
Le tandem Mercedes-Tytan entend proposer une solution mobile standardisée, relativement bon marché, et immédiatement industrialisable en masse. Forte d’une levée de fonds de 46 millions d’euros – abondée notamment par le Fond d’innovation de l’OTAN – Tytan Technologies prévoit d’ouvrir une usine cet été à Munich pour produire jusqu’à 3 000 drones par mois d’ici la fin de l’année.
La reconversion forcée des géants de l’auto
Au-delà de l’enjeu sécuritaire, cette alliance symbolise le basculement économique profond que traverse l’Allemagne. Confronté à l’effondrement de ses marges sur le marché des véhicules électriques et à la concurrence féroce des constructeurs chinois, le constructeur automobile à l’étoile cherche de nouveaux relais de croissance. Le colossal plan de modernisation de l’armée allemande de 750 milliards d’euros d’ici à 2030 agit ainsi comme un puissant aimant.
Mercedes n’est pas la seule entreprise auto allemande à franchir le pas, des discussions seraient avancées entre Volkswagen et le constructeur de missiles israélien Rafael pour assembler des composants du dôme de fer dans l’usine de Basse-Saxe. À l’heure où les lignes de production civiles tournent au ralenti, les constructeurs se tournent vers l’économie de guerre. En France aussi.
















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