Pourquoi la revente de Lamborghini par Volkswagen serait très surprenante
Confronté à une grosse restructuration interne, le groupe Volkswagen évaluerait la possibilité de se séparer de certaines de ses marques et d’en transformer le statut. Mais compte tenu de la situation actuelle de Lamborghini, on voit mal comment le géant allemand pourrait s’en passer.

La situation du groupe Volkswagen n’a plus rien à voir avec celle du géant allemand à la fin du siècle dernier. En ce temps, elle signait son arrivée au sommet de l’automobile mondiale en rachetant plusieurs marques ultra-prestigieuses : Bentley, Lamborghini et Bugatti (en plus des motos de Ducati un peu plus tard, en 2012).
Depuis quelques années, déjà, le groupe allemand a décidé de se séparer progressivement de Bugatti : d’abord en restant au capital de la marque rachetée par Rimac en 2021, puis en s’en désengageant totalement il y a quelques mois en revendant toutes ses parts à un fonds d’investissement américain.
Vendre Ducati et transformer Lamborghini ?
Alors que le groupe Volkswagen fait face à une profonde restructuration, qui risque d’aboutir d’ici la fin de la décennie à la suppression de 100 000 postes, l’entreprise basée à Wolsfburg peut-elle décider de revoir son implication dans Ducati et Lamborghini ?
C’est ce qu’affirment les journalistes du Financial Times : d’après eux, la revente de la marque Ducati serait sur la table et changer la structure fiscale de Lamborghini en la faisant entrer en bourse aussi. Et comme l’ont découvert les journalistes de Ride Apart, les communicants du groupe Volkswagen ne démentent rien tout en restant vagues sur les projets en cours, confirmant simplement qu’il fait face à une « profonde transformation » et que le modèle économique actuel de la société ne fonctionne plus.
Aucun intérêt de vendre Lamborghini ?
Le groupe Volkswagen a déjà planché à plusieurs reprises sur la revente de Ducati par le passé. En revanche, c’est bien la première fois qu’on évoque d’importants changements de propriété pour Lamborghini. La marque, qui s’était toujours maintenue dans une situation économique catastrophique jusqu’à la fin du siècle avec un grand nombre de propriétaires différents, est enfin devenue une société durablement rentable depuis qu’elle appartient aux Allemands. Après avoir livré 10 747 voitures en 2025, elle a dégagé 768 millions d’euros de profit l’année dernière et publie des chiffres très positifs depuis le milieu des années 2000.
Surtout, Lamborghini s’intègre désormais à fond dans l’architecture technologique du groupe Volkswagen : le SUV Urus SE est un proche cousin du Porsche Cayenne, du Bentley Bentayga, de l’Audi Q8 et du Volkswagen Touareg. La Temerario, remplaçant la Huracan qui partageait ses éléments techniques avec l’Audi R8, vient d’être rejointe par la jumelle Audi Nuvolari. Le partage de ces plateformes contribue à la fois à la réussite économique de Lamborghini et de celles des autres marques de luxe du groupe allemand en mutualisant les coûts de développement.
L’hypothèse d’une entrée en bourse de Lamborghini n’a rien de ridicule en soi mais celle d’une revente de la marque italienne paraît totalement absurde : c’est devenu un pilier de la division haut de gamme de Volkswagen et sa suppression ferait fatalement monter les coûts de développement chez Porsche, Bentley et même Audi. Les journalistes du Financial Times n’évoquent de toute façon pas de projet de revente de la marque mais seulement cette possibilité de changer sa structure fiscale pour ouvrir son actionnariat.


















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