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1,3 million de véhicules circulent encore avec un airbag Takata

Dans Pratique / Sécurité

Julien Bertaux

Si les messages d’alerte continuent sur nos écrans ou sur les panneaux d’autoroute, l’affaire Takata semble s’être dissipée. Pourtant, les airbags défectueux sont encore nombreux, trop nombreux.

1,3 million de véhicules circulent encore avec un airbag Takata
Le scandale des airbags Takata ne date pas d'hier, pourtant plus d'un million de voitures manquent à l'appel. (Crédit photo : MaxPPP)

Près de vingt décès et autant de blessés, voici le bilan (que l’on espère définitif) à ce jour de l’affaire des airbags Takata. En janvier 2025, le gouvernement a publié la liste officielle de tous les modèles concernés. Au total, 150 modèles fabriqués par 30 constructeurs différents sont potentiellement concernés. Même une marque aussi prestigieuse que Ferrari n’y échappe pas.

Face à l’ampleur du phénomène et des risques encourus, l’État prend une décision inédite : tous les constructeurs ayant équipé leur voiture de cet airbag ont l’obligation de les rappeler. Pour les cas les plus graves, un « stop drive » est mis en place, interdisant d’utiliser sa voiture, soit 1,7 million de véhicules.

Plus d’un an après la mise en place de ces mesures, où en est-on ? Contacté par Caradisiac, le ministère des Transports précise « qu’au 1er juin 2026, un peu plus de 1,7 million de véhicules ont été réparés ». Ce chiffre a de quoi rassurer, mais c’est sans oublier « qu’un peu plus de 1,3 million de véhicules équipés d’un airbag Takata sont sous rappel et doivent encore être réparés ». Surtout, le cumul des deux interpelle puisqu’initialement étaient impliqués 2,3 millions d’exemplaires. Ce chiffre atteint donc désormais 3 millions d’après les données officielles. Va-t-il encore gonfler dans les mois à venir ?

Un contrôle technique efficace ?

Le contrôle technique a aussi son rôle à jouer pour éliminer les airbags défectueux du parc roulant (Crédit photo : MaxPPP)
Le contrôle technique a aussi son rôle à jouer pour éliminer les airbags défectueux du parc roulant (Crédit photo : MaxPPP)

Pour tenter d’accélérer les retours en atelier, le ministère des Transports a engagé les centres de contrôle technique depuis le début de l’année. « Au 22 juin 2026, près de 120 000 véhicules ont été identifiés comme ayant des airbags Takata et n’étant pas réparés lors de leur passage au contrôle technique, sur les 13 millions de contrôles réalisés depuis le début de l’année, soit 0,9 % (pour moitié en « stop drive »). »

La contre-visite obligatoire lors d’un rappel assorti d’une mesure de « stop drive » devrait « fortement contribuer à diminuer le stock en deux ans ». Encore deux longues années selon le ministère…

Du côté des constructeurs, Stellantis nous indique avoir traité 93,2 % des C3 et DS3 sur les 723 000 exemplaires au départ. Concernant les C4, DS4 et DS5, ce chiffre atteint presque 88 % des 337 865 unités prévues. Pour Opel, la proportion est moins importante avec 50 % des airbags concernés (sur 107 426 voitures).

Chez Volkswagen, le décompte est disponible en ligne avec le détail par mois et par modèle. Chaque marque (Audi, Seat et Skoda) dispose de son propre recensement.

1,3 million de véhicules circulent encore avec un airbag Takata

Toujours en Allemagne, BMW comptait initialement « un peu plus d’un million de véhicules concernés » par le rappel, sans forcément conduire à un remplacement de l’airbag. À ce jour, le constructeur confirme avoir traité la moitié de ses véhicules.

L’ANTS, la limite de l’exercice ?

Si l’intervention pour remplacer un airbag nécessite une heure, parfois moins, certains propriétaires ont dû attendre plusieurs semaines avant d’obtenir une prise en charge. C’est ce qu’a révélé notre enquête réalisée en juin 2025. Le ministère rappelle pourtant que « le délai moyen effectif de remplacement des airbags ne doit pas dépasser 20 jours » et précise que « s’agissant du niveau des stocks, les retours des constructeurs et des usagers ne font pas aujourd’hui état de difficultés d’approvisionnement en airbags de remplacement. »

Malgré le réel danger, les nombreux messages et la campagne de rappel, les automobilistes concernés ne se précipitent pas. Selon une étude de l’IGEDD datant de juillet 2025, moins de 23 % des conducteurs, ayant été informés lors du contrôle technique de la dangerosité de leur airbag, ont effectué la réparation dans les 45 jours.

Plus grave encore, les constructeurs éprouvent des difficultés à joindre les propriétaires. Il apparaît que le système d’immatriculation des véhicules lié à l’ANTS n’est pas à jour. Volkswagen estime que le taux d’informations mal mises à jour s’élève à près de 20 %. Potentiellement, ce sont autant de propriétaires qui ne seront jamais mis au courant.

Faire soi-même la démarche

C’est pourquoi il ne faut pas attendre la lettre de rappel du constructeur, soyez proactif. Grâce au numéro d’identification du véhicule (le VIN, ligne E de votre carte grise), consultez le site du constructeur de votre voiture ou joignez-le directement par téléphone. En quelques minutes, vous saurez si votre voiture doit être vérifiée.

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