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Elles ont tout changé sauf leur nom - MG : du roadster anglais au SUV chinois

Dans Rétro / Autres actu rétro

Michel Holtz

On avait presque fini par oublier ses petits roadsters des années soixante. Mais 15 ans après avoir produit son dernier cabriolet, MG revient. Aujourd'hui, l'anglais est devenu chinois et les petits modèles sportifs à deux places sont devenus des gros SUV électriques et hybrides rechargeables.

La MG A : le roadster emblématique né en 1955.
La MG A : le roadster emblématique né en 1955.

Il est loin le temps de la nouvelle vague, de la "p'tite MG, trois compères, assis dans la bagnole sous un réverbère" que chantait Richard Anthony en 1961. C'était un temps où les grands venaient de découvrir des extraterrestres qu'ils ignoraient jusqu'alors : les jeunes. Des jeunes qui, s'ils en avaient les moyens, s'offraient des p'tites autos comme les MG A, B ou C, égrainant l'ordre alphabétique des années soixante de l'insouciance. Mais si on associe MG aux roadsters et à ces années-là, la marque est beaucoup plus ancienne, puisqu'elle remonte aux années vingt, et qu'elle renaît cette année sous la forme d'un SUV électrique qui n'a plus rien de britannique, puisqu'il a traversé la planète pour devenir chinois.

MG : une marque, deux conceptions de l'automobile

L'emblématique roadster MG A, lancé en 1955.
L'emblématique roadster MG A, lancé en 1955.
L'électrique MG ZS EV, lancé en 2020.
L'électrique MG ZS EV, lancé en 2020.

MG comme Morris Garages

Imagine-t-on  Ferrari s'appeler FG pour "Ferrari Garages" ? C''est pourtant le cas de MG, dont les initiales signifient "Morris Garages", du nom du distributeur et réparateur des autos conçues par William Morris. Mais un dénommé Cecil Klimber, qui travaille pour les garages en question, va développer des petites autos sportives et légères avec des pièces des modèles de la marque qui l'emploie. Reste l'épineuse question : à quel moment  la marque MG est-elle née ? En fait, les spécialistes s'étripent sur la question depuis 90 ans. Pour les uns, des autos arborent le sigle dès 1923. Archi-faux rétorquent les autres, les premières qui affichent les deux lettres datent de 1924. On mettra tout le monde d'accord en affirmant que dans les années suivantes, les petites autos connaissent un joli succès.  Une réussite qui va pousser la maison MG à se séparer juridiquement des 'Garages'  dès 1928.

La MG 14/28 Sports de 1924, premier modèle de la marque.
La MG 14/28 Sports de 1924, premier modèle de la marque.

En 1952, la marque a traversé la guerre et avec elle, quelques passes difficiles. Mais parfois de la difficulté naît, ou renaît, le succès. C'est le cas de MG car son absorption par le groupe British Motors va lui permettre de lancer, au cours des deux décennies suivantes, son fameux abécédaire A, B et C qui va la faire entrer dans l'histoire des trente glorieuses et, accessoirement, dans celle des minets et des yéyés chère à Richard Anthony.

À commencer par la MG A. Elle débarque en 1955 et fait l'unanimité par sa ligne moderne. En revanche, les fans font la moue. Ils jugent le petit moteur 1.5 plutôt indigent. Et pour cause, avec ses 68 tout petits chevaux, il est loin des Triumph et Austin Healey. il faudra attendre trois ans pour que la marque revoie sa copie et son moteur, en le portant à 1.6 l et en lui ajoutant une culasse en alu ainsi qu'un double arbre à cames en tête. Cette Twincam promet 109 ch et une vitesse de pointe à 180 km/h. Sauf que l'affaire s'avère ultra-fragile. Pour la première fois, les clients savent pourquoi leur auto s'appelle "Morris Garages", car le garage, ils le visitent souvent. 2 000 exemplaires plus tard, MG arrête les frais.

S'ensuivront des petits roadsters et coupés B et C au fil des temps. Toujours mignonnets, ils deviendront plus sages, mais aussi plus fiables. Curieusement, c'est la B, et non la C, qui sera fabriquée le plus longtemps, tentant d'assurer son statut de petite découvrable anglaise de 1965 jusqu'en 1980.

MG prend le passeport allemand, puis chinois

Cette année-là, l'Angleterre est aux mains (de fer) de Maggie Thatcher. Tout ce qui n'est pas rentable n'est pas viable. C'est le cas de la vieille usine MG des origines, celle d'Abingdon, priée d'arrêter de fabriquer ses petites autos désormais désuètes et de fermer ses portes. Dès lors, la marque, sous l'égide du groupe British Leyland, ne sera plus qu'un badge censé symboliser une sportivité tout aussi symbolique sur quelques Rover.

Comme l'histoire est parfois pleine de soubresauts, en 1995, à la surprise générale, MG fait son retour, au sein du même groupe racheté un an auparavant par BMW. Une nouvelle MG baptisée F, puis TF est lancée. Et non seulement c'est un véritable roadster comme aux temps jadis, mais en plus, il dispose d'un moteur central arrière, garantie de joie au volant. Mais tout le monde en témoigne, et Stéphane Schlesinger dans son essai le premier, si l'auto est éminemment sympathique, elle est beaucoup moins joueuse que son architecture le laisse présumer. Elle a cependant le mérite d'exister, et surtout, c'est la dernière MG susceptible d'évoquer les modèles d'antan. Car cinq ans plus tard, l'Allemand jette l'éponge, incapable de redresser les comptes de sa filiale anglaise. La faillite du groupe Rover se profile rapidement, et l'ensemble des marques sont revendues. MG, comme les autres, devient chinoise.

La MG TF, l'ultime roadster de la marque.
La MG TF, l'ultime roadster de la marque.

Le roadster tire sa révérence, le SUV affirme sa puissance

Après quelques atermoiements financiers, et des passages dans diverses mains, le groupe SAIC (Shanghai Automotive Industry Corporation) récupère définitivement la marque en 2006. Mais les dirigeants de l'Empire du milieu ne tombent pas dans le piège européen qui refoule à ses frontières les autos conçues en Chine. Le siège de MG reste à Longbridge en Angleterre. Les autos y sont conçues et homologuées. Résultat : elles sont européennes, même si elles sont fabriquées en Chine.

Ainsi, après une citadine, une berline et un SUV MG, qui ne seront pas importés chez nous mais qui roulent en Angleterre depuis plusieurs années, 2020 a marqué le retour en France de la marque avec un SUV entièrement électrique. Ce MG ZS EV, concurrent du Peugeot e2008, débarque à un prix canon (29 900 euros), soit 7 000 euros de moins que son rival. Évidemment, la marque, en cours de réinstallation dans l'hexagone, ne dispose que d'un unique point de vente à Paris. Pour autant, ses représentants chez nous affirment avoir vendu 500 exemplaires depuis le début de la commercialisation au mois de juin. Pas mal pour l'unique garage des Morris Garages du XXIe siècle.

Quant à l'avenir, il se profile dans quelques semaines avec l'arrivée d'un autre SUV, hybride rechargeable celui-là. Le EHS, plus grand, concurrencera un autre modèle Peugeot : le 3008 hybride rechargeable lui aussi. Le chinois devrait coûter aux alentours de 37 000 euros, alors que le français s'affiche à 43 800 euros. Si MG parvient à étoffer sa présence en France, la renaissance de la marque pourrait bien devenir durable. Même si dorénavant, "les trois compères assis dans la bagnole sous un réverbère" ont fondé une famille et ont troqué leur p'tite MG contre un gros SUV.

Du roadster au SUV : la saga MG en 6 modèles

1924 : la MG 14/28 Sports
1924 : la MG 14/28 Sports
1955 : le roadster MG A
1955 : le roadster MG A
1962 : le roadster MG B.
1962 : le roadster MG B.

1995 : le roadster MG TF
1995 : le roadster MG TF
2020 : le SUV MG ZS EV.
2020 : le SUV MG ZS EV.
2021 : le SUV MG HSE.
2021 : le SUV MG HSE.

 

 

 

 

 

 


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