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Faut-il réformer la norme WLTP d’homologation des voitures électriques pour arrêter de tromper les automobilistes sur l’autonomie réelle des batteries ?

Les chiffres d’autonomie des véhicules électriques, basés sur la norme WLTP, ne correspondent pas à ceux de l’usage réel. Une récente affaire judiciaire entre une concession et un client relance le débat. Faut-il revoir la norme WLTP et en finir avec ses chiffres trop éloignés des réalités d’usages.

Faut-il réformer la norme WLTP d’homologation des voitures électriques pour arrêter de tromper les automobilistes sur l’autonomie réelle des batteries ?
l’autonomie réelle des véhicules électriques est, en moyenne, de 9 % à 27 % inférieure à celle affichée par les constructeurs selon les normes WLTP ©Belpress Maxppp

La récente affaire d’une concession Peugeot condamnée à rembourser un Peugeot e-Partner au motif que l’autonomie annoncée  par la marque est inférieure de 23 % à la réalité, illustre le bouillonnant débat autour de l’autonomie des batteries.

Cette affaire met en lumière un déséquilibre inquiétant entre promesses commerciales et réalité du terrain. Et pose l’enjeu de confiance des automobilistes vis-à-vis des chiffres. Dans ces conditions faut-il revoir la norme WLTP et en finir avec ses chiffres fantaisistes.

Des conditions d’homologation optimales

Le WLTP (Worldwide Harmonized Light Vehicles Test Procedure) a été pensé pour remplacer l’ancien cycle d’homologation NEDC (New European Driving Cycle) dont les chiffres fantaisistes ont été particulièrement pointés du doigt lors du Dieselgate.

Afin de davantage tenir compte des consommations des véhicules hybrides et électriques, en 2017, l’UE met ainsi en application le cycle d’homologation WLTP. L’objectif : rendre plus réalistes les évaluations de consommation, d’émissions et d’autonomie. 

Le véhicule, testé en laboratoire, sur des rouleaux, à une température douce comprise en 14°C de 23°C, durant 30 minutes, sur 23,5 kilomètres à une vitesse moyenne de… 47 km/h avec une pointe à 131 km/h, avec une proportion d’arrêt de 25 %. Le tout dans une simulation routière de 52 % de cycle urbain et 48 % en cycle mixte. Là encore, les tests effectués permettent d’obtenir des chiffres optimisés, tant les conditions d’homologation paraissent réalisées dans des conditions idéales.

Des chiffres WLTP très optimistes

Si les chiffres WLTP permettent de comparer  l’autonomie des voitures à batterie entre elles, ils ne reflètent pas l’autonomie d’un véhicule en condition de conduite réelle. Des mesures montrent des écarts compris entre 9 % et 30 %. Si on reprend l’exemple du e-Partner Peugeot, la cour d’appel de Toulouse a noté un écart de 23 % entre l’autonomie constructeur et celle constatée sur la route. Les mesures de Caradisiac, montrent qu’en la matière aucun constructeur n’échappe à la règle.

De quoi saper la confiance des acheteurs. Seuls 10 % des Français jugent fiables les autonomies annoncées par les marques, d’après une étude de l’Ademe.

Renault permet de simuler l'autonomie de la batterie selon les usages directement en ligne
Renault permet de simuler l'autonomie de la batterie selon les usages directement en ligne

L’exemple italien pour davantage de transparence

Face à ce décalage, l’Italie a décidé de durcir le ton. En 2025, l’Autorité italienne de la concurrence (AGCM) a ouvert des enquêtes à l’encontre de Tesla, Stellantis, Volkswagen et BYD, les accusant de « pratiques commerciales potentiellement trompeuses » dans la présentation des autonomies de leurs véhicules électriques. En cause : des informations jugées insuffisantes sur l’impact des conditions réelles de conduite sur les performances affichées.

Fin décembre 2025, l’AGCM a obtenu des engagements concrets de la part des constructeurs. Ces derniers devront intégrer sur leurs sites des explications plus claires, mieux encadrer la communication sur les garanties des batteries et proposer des simulateurs d’autonomie personnalisés, afin de permettre aux clients d’estimer plus précisément les performances des voitures selon leurs usages. Certains constructeurs, comme Renault, ont même transposé cette démarche sur leur site français. Gage d'une transparence accrue vers l’information client.

Faut‑il aller plus loin ?

L’absence, aujourd’hui, de volonté politique claire à l’échelle européenne de réviser le WLTP est frappante. Selon des acteurs du secteur, la norme a été modifiée pour les hybrides rechargeables, mais pas encore pour les véhicules 100 % électriques, malgré l’importance croissante de ces dernières sur le marché.

Des demandes suggèrent d’intégrer des cycles de test sur autoroute réelle, à haute vitesse ; d’ajouter des mesures par temps froid ou chaud, périodes où l’autonomie chute significativement ; ou de publier plusieurs valeurs d’autonomie (urbaine, mixte, autoroute) comme le propose déjà la norme EPA (Environmental Protection Agency) aux États‑Unis, souvent perçue comme plus réaliste que le WLTP.

Un enjeu de confiance pour l’automobiliste

Une réforme d’ampleur du WLTP pourrait ainsi aider à ralentir l’arsenal d’arguments des sceptiques de l’électrique, qui n’hésitent pas à dénoncer des « promesses non tenues », voire à juger le système lui‑même trop éloigné de la réalité.

La question n’est plus seulement technique : elle touche à la confiance du public dans la transition énergétique. En attendant, mettre le devoir de conseil et d’information du vendeur au centre de la discussion paraît être une première mesure efficace, facilement applicable.

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