World EV Day : qui se cache derrière la journée mondiale de la voiture électrique
Ce 9 septembre, la planète célèbre la journée mondiale de la voiture électrique. L’occasion de sensibiliser et de promouvoir la mobilité à batteries. Simple opération de communication ou véritable levier de transition ? Plongée au cœur d'un rendez-vous grand-public, politique et stratégique.

Coincée entre la journée internationale de l’alphabétisation et la journée mondiale de la prévention du suicide, ce 9 septembre célèbre la journée mondiale de la voiture électrique, le « World EV day » comme l’ont baptisé leurs créateurs anglais
Née en 2020, de l’initiative de l’agence britannique Green. TV et du géant industriel de l’énergie ABB, cette journée mélange initiatives concrètes et campagnes d’informations afin de mettre en lumière les bénéfices de l’électromobilité et permettre l’accélération de la transition énergétique.
Un événement planétaire
Pour cette édition 2026, l’accent est mis sur l’accessibilité financière et la réduction des coûts de l’électromobilité.
Constructeurs, conducteurs, entrepreneurs, opérateurs ou encore politiques sont priés en cette journée exceptionnelle de revêtir leurs plus beaux atours promotionnels de la bagnole à batterie. Au total cela touche 119 pays, et génère des centaines de millions de posts sur les réseaux sociaux, du Canada à la Serbie, en passant par l’Australie ou l’Afrique du Sud.
En quelques années cette journée s’est développée bien au-delà de son Angleterre natale. Des marques comme Ford, Audi, Hyundai, Nissan, ou le groupe Tata, mènent de nombreuses actions dans leurs réseaux. L’opérateur RAW Charging offre même en cette journée des recharges gratos sur son réseau britannique.
Une discrétion française
À Delhi s’ouvre aujourd’hui le sommet technologique EVTECH Asia 2026 présidé par le ministre indien des Transports routiers, Nitin Gadkari. L’événement avait même reçu le soutien officiel des conseillers climatiques de la Maison Blanche sous l'ère Biden.
Même les fleurons chinois de la Tech et de l’auto ont investi le World EV Day. Des constructeurs comme XPENG ont officiellement rejoint le comité de direction de la communication de l’événement aux côtés de grands groupes européens.
En revanche aucun représentant français d’institutions publiques ou privées n’apparaît au sein du comité de direction. Quant aux autorités françaises, elles ne se sont jamais officiellement saisi de cette journée pour promouvoir le BEV.
Quelle portée réelle d’une telle journée ?
Cette célébration s’inscrit dans une liste de plus de 500 journées mondiales où le crucial côtoie l’anecdotique. Ce 9 septembre est également la journée mondiale « des premiers secours », « de la peluche » ou encore de « la sensibilisation au syndrome de l’alcoolisme fœtale ». Et aucun – ou pléthore calendrier officiel de ces journées.
Dans ce tourbillon de célébrations, la journée mondiale de la voiture électrique risque d’être finalement perçue par le grand public comme une immense vitrine marketing corporative. Soutenu par des géants des infrastructures de recharges ou des constructeurs, l’événement ressemble davantage à un salon professionnel mondial qu’à un élan citoyen spontané.
La portée de cette journée reste marginale car elle se heurte à des réalités de terrain étanches aux hashtags LinkedIn ou likes TikTok ou Insta : le coût d’achat des véhicules à batteries, la jungle tarifaire des recharges, le déficit d’infrastructures à l’échelon européen et mondial et in fine à la lassitude des consommateurs face aux multiples injonctions.
La voiture électrique ne s’imposera pas par le calendrier, mais par l’accessibilité et la facilité d’usage. À propos, du 16 au 22 septembre c’est la semaine européenne de la mobilité.


















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