L’automobile est le secteur qui a perdu le plus d’emplois de toute l’industrie française ces dernières années
Depuis 2009, la filière automobile française a perdu 64 usines et supprimé plus de 50 000 emplois nets, sans que l’électrique et les nouvelles technologies ne parviennent à les compenser. Zoom sur un secteur industriel structurellement destructeur d’emplois.

Le secteur automobile français traverse une crise structurelle profonde. Entre 2009 et 2025, le solde net des créations et destructions d’emplois s’établit à -56 000 postes à la lumière du dernier bilan sur L’emploi et l’investissement en France publié par Trendeo ce jeudi.
Malgré les discours sur la réindustrialisation, l’automobile est le secteur qui concentre les pertes les plus lourdes de l’industrie nationale, loin devant la métallurgie ou l’imprimerie.

L’effondrement du modèle thermique
Le déclin du moteur à explosion s’accélère. Autrefois pilier de l’économie, ce segment est entré dans une phase d’érosion continue depuis 2019. Pour les seules années 2024 et 2025, les suppressions de postes dans l’automobile française s’élèvent à 6 600 emplois nets. Une saignée portée par les constructeurs historiques.
Stellantis (et PSA) affiche une perte de 28 450 emplois sur les quinze dernières années, tandis que Renault dénombre 11 350 suppressions de postes et Bosch, 4 310. À l’opposé Toyota a créé 4 200 postes sur le territoire national, ACC, 2 000 et Volkswagen Group (Scania) 1 640.
Une fracture territoriale majeure
La transition vers l’électrique redessine la géographie industrielle, mais de manière inégale. Les Hauts-de-France tirent profit de la « Battery Valley » avec un gain de 8 100 emplois. Cette concentration géographique ne compense pas le déclin des bassins historiques. L’Île-de-France (-11 700), le Grand Est (-8 300) et la Bourgogne-Franche-Comté (-5 300) subissent de plein fouet la fermeture des sites liés au thermique.
2025 un tournant inquiétant
L’année 2025 marque un renversement de tendance inquiétant. Même la filière batterie, moteur de croissance ces quatre dernières années, bascule dans le rouge avec une prévision de -260 emplois. Ce coup d’arrêt s’explique par le report des investissements d’ACC et la restructuration de la start-up Verkor.
Aujourd’hui, seul le segment des infrastructures (bornes de recharge et composants) reste positif avec 1 100 créations de postes prévues. Un volume largement insuffisant pour absorber l’hémorragie sociale d’un secteur plongé dans une dégradation structurelle d’emplois.














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