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Où en sont les constructeurs français face à l'électrification galopante du marché des flottes ?

Dans Flottes auto / Mobilité pro

Lionel Bret

Alors que les volumes stagnent, la montée en puissance de l’électrique bouleverse l’équilibre du marché automobile des flottes. Renault creuse l’écart, tandis que Peugeot tente de contenir le choc d’une transition en pleine accélération. 

Où en sont les constructeurs français face à l'électrification galopante du marché des flottes ?
Renault réussi à placer 4 de ses modèles dans le top 5 des voitures électriques les plus vendues en flottes depuis janvier ©Yannick Brossard/Renault

Le marché des flottes ne redémarre pas, mais il change de nature. Derrière des immatriculations toujours hésitantes,  l’électrique s’impose comme le nouveau moteur de la demande.

Dans cette recomposition accélérée, les positions acquises vacillent. Certains constructeurs, à l’image de Renault, semblent avoir pris une longueur d’avance. D’autres, comme Peugeot, doivent composer avec une transition qui fragilise leurs équilibres historiques. La bataille ne se joue plus seulement sur les volumes, mais sur la capacité à s’adapter à un marché en pleine redéfinition.

Le e-3008  est le modèle électrique Peugeot le plus vendu (1 369 unités) en flottes depuis janvier ©Peugeot
Le e-3008  est le modèle électrique Peugeot le plus vendu (1 369 unités) en flottes depuis janvier ©Peugeot

Une croissance sans volume

Les chiffres récents traduisent une situation paradoxale. Les immatriculations ne retrouvent pas leur dynamisme d’avant-crise mais la part des véhicules électriques ne cesse de progresser.

Sur les quatre premiers mois de l'année, les ventes de voitures électriques en B2B ont augmenté  de 65,7 % (52 472 exemplaires vs 31 574 en 2025). Elle approche désormais les 40 % sur certains segments professionnels. Les projection de Mobilians montrent même que les voitures à batteries pourraient représenter environ 47% du marché d’ici la fin de l’année.

Cette progression ne repose pas sur une expansion globale, mais sur un transfert. L’électrique capte l’essentiel des nouvelles immatriculations, pendant que les motorisations thermiques, diesel en tête, poursuivent leur repli. Le mouvement est moins une révolution par croissance qu’un basculement.

Renault creuse l’écart

Dans ce contexte, Renault, avec le Scenic E-Tech en tête des ventes toutes énergies confondues depuis le début de l'année sur le segment des flottes, s’impose comme le grand bénéficiaire de la transition. Avec près d’un véhicule sur cinq immatriculé, le constructeur au losange devance nettement son concurrent historique Peugeot.

Ce leadership repose en partie sur une gamme électrifiée déjà bien installée et sur une capacité à répondre rapidement aux contraintes réglementaires et fiscales qui pèsent sur les flottes d’entreprise. La stratégie, amorcée dès la fin des années 2010, trouve aujourd’hui une forme de validation industrielle.

Face à lui, Peugeot peine à maintenir le rythme. Si ses modèles électriques gagnent du terrain, la marque subit davantage l’érosion de ses ventes thermiques, encore importantes dans son mix. Citroën quant à lui, rebondit après une année 2025 difficile, grâce à un renouvellement ciblé de sa gamme et le succès de la C3 (5 150 ex depuis le début de l'année) dont 1 438 ë-C3.

Ces dynamiques traduisent un marché plus fragmenté, où la hiérarchie dépende de la capacité à proposer une offre électrique accessible et adaptée aux usages professionnels.

Une transition encore fragile

Les flottes, longtemps dominées par le diesel, basculent rapidement vers l’électrique sous l’effet combiné des réglementations environnementales et des incitations fiscales.

Dans le même temps, certains segments traditionnels — citadines et SUV compacts notamment — souffrent davantage. Non pas seulement en raison de leur motorisation, mais parce que leur usage est remis en question. De plus en plus d’entreprises substituent à la voiture de fonction des dispositifs d’indemnités kilométriques, réduisant mécaniquement la demande.

Dans ce paysage mouvant, l’avance prise par Renault pourrait s’avérer déterminante — à condition de la consolider dans un marché où la concurrence, européenne comme asiatique, ne cesse de s’intensifier. Peugeot, de son côté, joue une partie plus délicate : réussir sa transition sans renoncer trop brutalement à ses positions historiques.

Au-delà des rivalités industrielles, c’est bien l’ensemble du modèle automobile qui se redessine, entre électrification contrainte, mutation des usages et recomposition des équilibres économiques.

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