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Étude : Les voitures autonomes sont encore loin d’être au point (vidéo)

Dans Pratique / Sécurité

Une étude d’un an et demi sur les capacités réelles des assistances avancées proposées actuellement sur certains véhicules haut de gamme a pris fin mercredi 4 juillet. L’occasion pour Caradisiac de voir ce dont sont capables les systèmes d’aides à la conduite d’aujourd’hui, avec comme voiture de démonstration une Tesla Model S de série.

Étude : Les voitures autonomes sont encore loin d’être au point (vidéo)

Les voitures autonomes sont-elles vraiment prêtes à prendre leur envol d’ici quelques années seulement ? Sur la base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne, un an et demi de tests et d’observations sur les capacités réelles des systèmes embarqués censés suppléer momentanément le conducteur se sont achevés mercredi 4 juillet 2018. Une étude menée par la Fondation MAIF (reconnue d’utilité publique depuis 1989 pour ses recherches sur la prévention des risques au quotidien) et l’UTAC-CERAM (groupe privé et indépendant de tests et de contrôles liés à la mobilité terrestre).

Nous avons pu observer sur la piste de décollage de trois kilomètres de long, réduite pour ces essais à 1,8 km, une Tesla Model S 100D strictement de série. Affublée de plusieurs appareils de mesures, d’antennes et de caméras, son espace intérieur était cependant bien plus encombré qu’à la sortie d’usine. Reliée par satellite à une base proche, l’auto pouvait grâce à cet attirail, être placée au centimètre près sur la piste afin de comparer les essais sur une trajectoire précisément équivalente.

Grâce à cette antenne différentielle, le véhicule peut suivre une trajectoire absolument identique au fil des essais.
Grâce à cette antenne différentielle, le véhicule peut suivre une trajectoire absolument identique au fil des essais.

La berline électrique a été retenue lors de cette présentation à la presse pour ses bons résultats généraux aux différents tests affrontés. Mais tout au long de l’étude, les modèles qui comptent parmi les plus avancés du marché en matière d’assistances à la conduite, se sont eux aussi mesurés aux mêmes épreuves. Audi A8, BMW Série 7, Mercedes Classe S, Tesla Model X et Volvo XC60 participaient. Malgré des technologies semblables, toutes ne laissent pas la même liberté au conducteur au moment de lâcher le volant. Lorsque certaines le stimulent très régulièrement pour s’assurer de son attention, la Tesla autorise jusqu’à deux minutes de « tranquillité » en ligne droite. Des différences de philosophies propres à chaque constructeur incitant plus ou moins les utilisateurs de ces véhicules à se laisser conduire, avec pour conséquence, une augmentation nette du temps de réaction en cas d’urgence et un risque accru de réaction inadaptée à la situation.

Marc Rigolot, Directeur Général de la Fondation MAIF revient sur l’accident mortel impliquant une Tesla Model S en Chine, en janvier 2016 : « Le conducteur roulait sur une autoroute en ligne droite lorsqu’un énorme poids lourd est apparu dans le brouillard, arrêté à moitié sur sa voie de circulation. La voiture n’a eu aucune réaction, le conducteur non plus. Ce dysfonctionnement a été l’une de nos motivations pour lancer cette étude dans le but de mieux connaître les limites des systèmes d’aide à la conduite embarqués. »

Pour évaluer les capacités de chaque voiture, les essais se sont à la fois déroulés sur routes ouvertes et sur circuit. Lors du test de passage d’un virage en autonomie, un seul modèle a réussi à franchir une courbe d’un rayon de 50 mètres avec une vitesse maximale de 30 km/h, trois ont passé une courbe de 100 mètres de rayon à 70 km/h maximum et tous sont parvenus à suivre une courbe de 500 mètres de rayon avec des écarts de vitesse allant de 95 à 150 km/h.

Le responsable du service Comportement des véhicules et Sécurité active à l’UTAC-CERAM, Jérôme Paschal, tient tout de même à préciser que « les voitures équipées de ce type d’aides à la conduite perfectionnées ne sont pas faites pour prendre des virages de routes départementales, elles n’en sont pas véritablement capables ».

Viennent ensuite les tests de freinage et d’évitement, ceux auxquels nous avons pu assister pour cette démonstration ensoleillée. À chaque fois, le conducteur de la Model S devait atteindre une vitesse spécifique, activer le mode « Autopilot », et patienter jusqu’à son arrivée sur « la cible », un coussin d’air sous forme de voiture. À 120 km/h, la Tesla a réussi à s’arrêter en freinant suffisamment tôt avant la cible arrêtée sur sa trajectoire.

La cible attend sagement l'arrivée de la voiture de test.
La cible attend sagement l'arrivée de la voiture de test.

« De manière générale, cela se passe plutôt bien avec des véhicules correctement alignés l’un derrière l’autre », indique M. Paschal.

En revanche, avec plus de contraintes, les échecs se sont enchaînés : suivi d’un véhicule à 50 km/h qui évite une cible arrêtée au dernier moment, évitement à 90 km/h d’une cible évoluant à 40 km/h se rabattant au dernier moment sur la trajectoire, évitement à 120 km/h d’une cible arrêtée à cheval sur deux voies, évitement à 30 km/h d’un choc frontal avec la cible circulant à 20 km/h en sens inverse. Pour chacun de ces cas de figure, la Tesla n’a pas dévié de sa trajectoire ou n’a pas freiné assez tôt voire pas du tout quand il le fallait. L’alerte conducteur s’est malgré tout déclenchée pour la plupart de ces essais.

Étude : Les voitures autonomes sont encore loin d’être au point (vidéo)
La cible a subi l'inefficacité du système de détection de la Tesla Model S pour ce test d'évitement de choc frontal.
La cible a subi l'inefficacité du système de détection de la Tesla Model S pour ce test d'évitement de choc frontal.

Plus étonnant, le matin même, dans des conditions d’apparence identiques, la Tesla avait réussi certaines épreuves. Un phénomène constaté tout au long de l’étude, et avec l’ensemble des modèles. Signe d’une technologie encore perfectible bien qu’en progrès permanent. Au moment des premières observations, un an et demi auparavant, aucune voiture n’était capable d’éviter au dernier moment l’obstacle-cible.

L’Euro NCAP, organisme indépendant d’évaluation du niveau de sécurité en matière automobile, s’intéresse de près à ces tests qui mettent en difficulté les voitures dites « autonomes ». « Nous travaillons en ce moment sur leur intégration à l’évaluation, nous explique Pierre Castaing, Président d’Euro NCAP. En 2020, nous commencerons par vérifier et indiquer quels sont les modèles qui offrent réellement les fonctions de délégation de la conduite qu’ils prétendent offrir sur la plaquette commerciale. À l’horizon 2022, il est possible que le niveau d’aboutissement des assistances soit noté, mais il reste pour cela à déterminer comment procéder. Il y a une part technique et une partie interface homme-machine à prendre en compte. Il faudra donc juger la capacité de la voiture à faciliter la bonne réaction du conducteur. »

Quelques années qui verront sans doute apparaître une offre de modèles plus fournie et une démocratisation de ces systèmes embarqués. Une échéance qui ne permettra pour autant pas de parler de voiture autonome, celle qui ne nécessite plus l’attention du chauffeur. Les véhicules qui ont pris part à cette étude correspondent à ce qu’il se fait de mieux en termes d’aides à la conduite et ne se situent qu’à un niveau 2 sur une échelle de l’autonomie qui en compte 5*. Pour Marc Rigolot, « ce ne sont pas des voitures autonomes, seulement des autos équipées de performantes aides à la conduite. Il y a là un décalage entre la réalité et le discours marketing des constructeurs. Une voiture totalement autonome de niveau 4 ou 5, pose beaucoup trop de contraintes pour pouvoir circuler n’importe où et notamment en ville. Impossible de donner une date d’arrivée sur le marché d’un tel véhicule mais ce n’est assurément pas pour tout de suite ».

Cette étude le montre très clairement, il n'est pour le moment pas question de parler de voiture autonome. Un terme parfois utilisé par les constructeurs, fiers de leurs technologies permettant de suppléer le conducteur pour quelques secondes, mais bel et bien galvaudé. À ce jour, les modèles les plus avancés de la production ne disposent que d'aides à la conduite, efficaces à la seule condition que le conducteur demeure en totale conscience et maîtrise de ladite conduite. Les obstacles gonflables mis à contribution pour ces tests en ont été les témoins malheureux : les systèmes censés les détecter ont démontré une efficacité très aléatoire et toujours incertaine en phase d'approche. En attendant de connaître le plan de vol de la voiture sans conducteur, la meilleure solution reste encore de garder les pieds sur terre et de ne jamais quitter la route des yeux lorsque l’on tient le volant.

 

*Selon la SAE (Society of Automotive Engineers).

Portfolio (9 photos)

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Commentaires (67)

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Les voitures autonomes, autrement dit une belle idée pour faire mouiller les investisseurs et remplis les caisses d'une marque en déficit notoire

Par

Gageons que dans 10 voir 15 ans grand maximum, une voiture sera parfaitement autonome dans n'importe quelle condition de circulation.

Il suffira à ce moment la, d'implanter ce système en série sur l'ensemble des modèles neufs. (On compte 5 a 10ans)

Et de mettre épave les voitures non équipées de ce système. (Encore 10ans)

Pour qu'un basculement complet vers le tout autonome sur routes ouvertes soit effectif.

J'applique la regle des 3×10 (Règle que je viens d'inventer :biggrin:), ce qui donne 30ans pour mettre la conduite manuelle définitivement au musée, mais je pense que ce sera le cas avant 2048...

Par

En réponse à mekinsy

Gageons que dans 10 voir 15 ans grand maximum, une voiture sera parfaitement autonome dans n'importe quelle condition de circulation.

Il suffira à ce moment la, d'implanter ce système en série sur l'ensemble des modèles neufs. (On compte 5 a 10ans)

Et de mettre épave les voitures non équipées de ce système. (Encore 10ans)

Pour qu'un basculement complet vers le tout autonome sur routes ouvertes soit effectif.

J'applique la regle des 3×10 (Règle que je viens d'inventer :biggrin:), ce qui donne 30ans pour mettre la conduite manuelle définitivement au musée, mais je pense que ce sera le cas avant 2048...

Tout ce qui travaille sur la conduite autonome (hors service marketing) vous dirons que c'est pas avant 2100 la voiture full autonome (niveau 5) sans ajustement de l'infrastructure dans les villes denses (cas de figure le plus complexe).

A titre personnel je travaille sur le train autonome et c'est infiniment moins complexe que la voiture autonome (en ville) pourtant on est toujours pas capable de faire rouler des trains de manière autonome sans les faire superviser à distance par 4 personnes (par ligne) dans un poste de commande et de contrôle...

Mais c'est normal de communiquer autant, de faire autant de pseudo-tests en ville etc... C'est de la communication, ça permet de faire croire que la marque est à la pointe et qu'elle ne loupera pas le coche de la voiture autonome.

Par

A part Tesla qui parle d'Autopilot (avec petit astérisque), il ne me semble pas avoir lu un constructeur parler de système autonome sur sa voiture, on lit partout que ce sont des système d'aide à la conduite.

La comm marketing constructeur parlant de véhicule autonome se fait toujours sur des concepts qui roulent parfois sur nos route, mais jamais sur les modèles commercialisé.

Par

Ya pas de voiture autonome encore en vente pour le grand public.

Même Tesla ne dit pas que ses voitures sont autonomes.

.

Par conséquent dire que la voiture autonome n'est pas encore au point n a aucun sens.

Par

En réponse à mekinsy

Gageons que dans 10 voir 15 ans grand maximum, une voiture sera parfaitement autonome dans n'importe quelle condition de circulation.

Il suffira à ce moment la, d'implanter ce système en série sur l'ensemble des modèles neufs. (On compte 5 a 10ans)

Et de mettre épave les voitures non équipées de ce système. (Encore 10ans)

Pour qu'un basculement complet vers le tout autonome sur routes ouvertes soit effectif.

J'applique la regle des 3×10 (Règle que je viens d'inventer :biggrin:), ce qui donne 30ans pour mettre la conduite manuelle définitivement au musée, mais je pense que ce sera le cas avant 2048...

... Ta réflexion n'est pas débile sur la voiture autonome.

Par contre, pour la fin de la conduite manuelle en 2048 je la mettrais plus sur un autre phénomène qui est que la mobilité des personnes va évoluer inexorablement vers moins de déplacement. Tous les modes de transfert d'information vont évoluer et au final, les personnes auront de moins en moins besoin de se déplacer. Nous aurons des bureaux virtuels à domicile ou au pire dans des lieux partagés à proximité de son domicile. Toutes les solutions mobiles vont prendre le pas sur le fixe et ainsi faire gagner de la productivité et de la disponibilité.

Ils restera quelques métiers manuels essentiels mais même ces métiers là, dans 30 ans, si ils existent toujours utiliseront des modes d'expédition qui ne nécessiteront pas ou peu de véhicules traditionnels. Enfin c'est que ma vision.

La voiture restera, mais ce sera un objet beaucoup moins utile qu'aujourd'hui et son coût d'utilisation sera de toute manière démesuré dans 30 ans.

Par

En réponse à mekinsy

Gageons que dans 10 voir 15 ans grand maximum, une voiture sera parfaitement autonome dans n'importe quelle condition de circulation.

Il suffira à ce moment la, d'implanter ce système en série sur l'ensemble des modèles neufs. (On compte 5 a 10ans)

Et de mettre épave les voitures non équipées de ce système. (Encore 10ans)

Pour qu'un basculement complet vers le tout autonome sur routes ouvertes soit effectif.

J'applique la regle des 3×10 (Règle que je viens d'inventer :biggrin:), ce qui donne 30ans pour mettre la conduite manuelle définitivement au musée, mais je pense que ce sera le cas avant 2048...

C'est marrant, j'ai plutôt l'impression qu'en 2048 on commencera tout juste à avoir des véhicules vraiment autonomes ... si une guerre mondiale n'arrive pas avant, auquel cas ça ne sera plus vraiment d'actualité.

Par

Les véhicules autonomes ont été demandés par les militaires américains et non les clients mondiaux. Tou les constructeurs le développent pour leur vendre avant tout, sachant qu'un champ de bataille est plus simple à gérer qu'une zone urbaine et les accidents y sont au contraire les bienvenus..

Par

Il y a effectivement pas mal de fantasmes autour de la voiture de demain en ce moment, de la voiture "autonome", à l'auto-partage , en passant par la voiture tout électrique en tant solution universelle....

En attendant ce futur merveilleux, je me suis racheté récemment une hybride toy, qui n'est pas full électrique, ni autonome et dont je suis le proprio, ce qui fait que je peux m'en servir quand je veux sans aucune contrainte.

Par

Rien que le titre je me marre................. On est peut-être pas des ingénieurs mais on a du bon sens et on voit bien que rien n'est au point.. et comme je dis toujours... ça fait bientôt 20 ans que j'attends que les feux et essuie-glaces automatiques fonctionnent parfaitement à 100%... ne se déclenchent pas en plein soleil à cause de l'aveuglement de la caméra, que les balais ne démarrent pas quand il y a trop d'humidité ambiante en hiver (et non pluie) ou qu'il y a de la glace ou de la neige qui détruisent les balais ou pire, fasse forcer les moteurs et les endommagent car cette conne de caméra croit qu'il y a de l'eau et.

Rien que ça, les ingénieurs n'ont jamais été foutu de le mettre au point quelle que soit la marque. Alors mettre nos vies entre les mains de ces machines incompétentes? pas demain la veille et ça fera baisser la facture des options inutiles.

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