Sayonara BMW, Peugeot ou Alfa : quand certains jeunes ne jurent plus que par les Japonaises !
Les sportives françaises, coupés italiens, roadsters anglais et routières allemandes n’ont plus vraiment la cote auprès des moins de 30 ans. Ces derniers leur préfèrent les Japonaises de tous poils, comme nous avons pu le constater lors d’un rassemblement de plusieurs centaines de véhicules originaires du pays du Soleil-Levant, organisé en ce début avril à Chartres. Plongée au cœur d’une communauté où la « pop-culture » vient bousculer le culte du chrono.

La majorité d’entre eux n’a pas vu Fast & Furious au ciné ni assisté en direct à une victoire de Colin McRae en Rallye ou usé la banquette de la Honda Civic EG qui a popularisé le biodesign au milieu des années 1990. Et pourtant, ces jeunes entre 20 et 30 ans vouent un culte à la voiture japonaise, ringardisant ainsi la Bmw Série 3 e30, la Peugeot 205 GTI ou l’Alfa Romeo GTV de papa. À l’origine de cette tendance : le célèbre film de Rob Cohen bien sûr, mais aussi et surtout le jeu vidéo Gran Turismo qui a permis à tous les ados, dès 1997, de modifier virtuellement des voitures de tous les jours avec notamment des jantes, des kits carrosseries, des turbos, des suspensions sport ou échappements issus des catalogues de véritables préparateurs japonais officiels telles que HKS, Greddy ou Mugen.
Ce n’est pas nécessairement la performance qui prime dans ce rassemblement « Chika Japan » du Parc des expositions Illiade de Chartres où nous avons rencontré, ce samedi 11 avril 2026, des centaines de passionnés, à qui l’on doit désormais une hausse spectaculaire de la cote des autos du pays du Soleil-Levant. Des célèbres Honda NSX ou S2000, Nissan Skyline, 200 SX et GT-R, Mazda MX-5, RX-7 et 8, Subaru Impreza ou Toyota Supra de toutes générations, mais également de plus ordinaires Honda Accord, Nissan Bluebird ou même Toyota Carina, y compris avec le volant à droite (donc importées, souvent moins chère et dans l’esprit japonais). Romain, vice-président du groupe TeamJap à l’initiative du « rasso », venu avec une improbable Honda Concerto trois volumes savamment modifiée, nous explique le phénomène…
« Les jeux vidéo ont, bien sûr, lancé cette mouvance qui peut réunir, comme ici, entre 3 000 et 4 000 jeunes autour de 500 à plus de 1 000 voitures selon les éditions de ce rassemblement, initialement organisé dans un souterrain (Chika en Japonais) de la Défense depuis 14 ans, et maintenant à Chartres. Mais c’est légitime, car ces modèles ont du caractère et sont extrêmement fiables. Et une fois modifiés, ils peuvent être très extravagants et cool. Ce qui nous unit surtout, c’est la recherche de réalisations de qualité, tant au niveau des kits carrosseries que des jantes ou des modifications mécaniques, l’objectif étant de sortir de l’image « kéké » qui a longtemps collé à la peau des voitures modifiées. »
L’esprit tranquille…
Sur les parkings ou dans le hall d’exposition, pas de moteurs hurlants, de dérapages fumants, de musique à fond ou d’alcool qui coule à flots : les exposants semblent aussi disciplinés que les techniciens qui ont assemblé leurs autos, aujourd’hui Youngtimers, il y a plus de 20 ans. « Avant tout, on souhaite la tranquillité, et la sécurité pour nos voitures : on ne veut pas d’accrochages ou pire, comme cela peut arriver dans d’autres meetings, ni rameuter les forces de l’ordre. Tout est encadré, et l’événement est, bien entendu, déclaré en préfecture. »



Photo : Lukas Marchand
L’ambiance est même étonnamment calme, esthétique, avec des autos à la propreté clinique, modifiées légèrement ou en profondeur, sobres ou tape à l’œil, avec une inévitable influence « Manga » digne de la Japan Expo de Paris. Car au-delà de modèles sérieusement construits donc ultra-fiables, et souvent aux performances élevées toujours d’actualité, cette nouvelle génération de passionnés recherche également cette Pop-culture qui a bercé son enfance, et donné naissance à quelques héros intemporels voire… des héroïnes sur quatre roues, comme la célèbre Toyota AE86 de la bande dessinée de Drift Initial D.
Il n’y a qu’à détailler les autos recouvertes de personnages de mangas ou de cerisiers en fleurs pour s’en convaincre. Une culture toujours plus prolifique, qui s’étend également à la musique. En tout cas une belle lueur d’espoir pour les férus d’automobile « à l’ancienne » qui craignent que la passion ne se tarisse avec les nouvelles générations. Qu’ils soient rassurés, la relève est assurée avec ce courant. Qui sait : peut-être que les conducteurs de demain seront fans des modèles chinois d’aujourd’hui… Comment ça, vous en doutez ?

Photo : Lukas Marchand

Photo : Lukas Marchand


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