Avec la motorisation électrique, on pourrait assister à un regain d’intérêt pour les automobiles sportives chez les constructeurs français.
Dossier – Le passage au tout électrique pourrait avoir un effet inattendu, l’augmentation du nombre d’automobiles sportives qui seraient enfin débarrassées du malus écologique qui les pénalisait jusqu’à présent. Les constructeurs français pourraient en profiter pour se doter d’une ou plusieurs sportives dans leur gamme. Voyons cela dans le détail.

La production d’automobiles sportives par les constructeurs français est plus que limitée. Cependant grâce au passage à la motorisation électrique, le nombre de bolides français pourrait augmenter. D’ailleurs, certains n’ont pas attendu 2035 pour prévoir de produire des petites autos dynamiques qui devraient séduire les conducteurs sportifs.
Mais d’ici à 2035, il peut se passer encore beaucoup de choses, et puis le moteur thermique n’a pas encore dit son dernier mot. Surtout depuis qu’il peut être électrifié afin de limiter les rejets de C02 et le malus écologique. Un malus écologique que les véhicules électriques n’ont pas à craindre, ce qui peut permettre toutes les audaces en matière de sportivité et de puissance échevelée.

© Peugeot
Un ennemi, le poids
La sportive électrique doit cependant faire face à un écueil, le poids des batteries qui peut perturber le comportement routier de l’auto et en limiter les performances. Cependant, il est possible en plaçant les batteries le plus bas possible, de limiter les effets sur la tenue de route et en augmentant la puissance du ou des moteurs d’augmenter les performances. Restera, le problème de l’autonomie, mais là aussi il y a du mieux avec des batteries dernier cri plus efficientes en attendant l’arrivée de batteries dites solides à la densité énergétique améliorée. Elles seront plus compactes et moins lourdes, mais aussi plus chères que les batteries lithium-ion.

Bugatti la « Belle de Molsheim »
Certains constructeurs français sont plus à même de produire des autos sportives. C’est le cas de Bugatti qui assemble toujours ses bolides en Alsace à Molsheim, comme le faisait Ettore Bugatti, créateur de la marque en 1909. Pour le moment, les Bugatti sont mues par des motorisations thermiques sans électrification. Un seul moteur, un W16 à quatre turbos les propulse. Ce « moulin » exceptionnel développe de 1 500 ch à 1 850 ch. Mais les temps changent et la nouvelle Bugatti Tourbillon est hybride.

Future Alpine A110 : électrique et thermique ?
Autre constructeur français spécialisé dans la conduite sportive, Alpine. La petite marque de Dieppe connaît le succès avec la nouvelle Alpine A110 arrivée en 2018 sur le marché et qui a été depuis déclinée en de multiples versions. Mais le présent et l’avenir sont électriques avec le nouveau SUV Alpine A390 et la citadine Alpine A290, une petite bombe de 180 et 220 ch qui plaît beaucoup. En attendant l’arrivée de la nouvelle Alpine A110 électrique qui devrait être dévoilée cette année, la marque française se pose des questions sur son avenir et surtout sur ce passage forcé à l’électrique, au point qu’elle étudierait la possibilité d’installer une motorisation thermique électrifiée dans la future A110.

Des électriques, oui, mais Turbo et GTi
Pour les autres constructeurs français, l’automobile sportive n’est pas forcément leur tasse de thé. Même si Citroën, Peugeot et Renault ont connu des succès retentissants sur les pistes du monde entier ou dans les compétitions de rallye. Malgré tout, la fibre sportive peut se réveiller pour quelques coups d’éclat. C’est ainsi le cas de Renault (propriétaire d’Alpine) qui avec la Renault 5 Turbo 3E, lance un bolide électrique à production limitée. Celle-ci remet au goût du jour l’esprit de la célèbre Renault 5 Turbo des années 1980. Puiser dans le passé, c’est aussi le cas de Peugeot qui va relancer les lettres GTi sur la nouvelle Peugeot E-208 GTi. Cette auto est dotée d’une motorisation électrique affichant la coquette puissance de 280 ch et elle entend bien concurrencer toutes les citadines délurées à commencer par ses cousines de chez Stellantis qui disposent du même électromoteur : Abarth 600e, Lancia Ypsilon HF et future Opel Corsa GSE.

PGO, artisan-producteur de sportives depuis les années 1980
Les automobiles sportives françaises, sont aussi l’œuvre d’artisans qui poursuivent la production d’un ou de plusieurs modèles. C’est le cas de PGO, la petite firme de la région d’Alès dans le Gard, propose de petits bolides aux lignes inspirées de la Porsche 356. À ce propos, il est bon de rappeler que PGO a gagné un procès face à Porsche qui l’accusait de plagiat. Trois modèles (Speedster II, Cevennes, Coupé Hemera) sont toujours en vente, ils sont tous équipés d’un moteur 1.6 Turbo de 184 ch. Avec la même motorisation, un nouveau modèle conçu pour une utilisation sur circuit a été présenté au mondial 2024 puis vu sur le Salon de Lyon 2025, il s’agit d’une barquette de 600 kg qui se nomme Sarab.

Une auto à moteur V12 « Made in France »
Au rayon de l’artisanat, on peut également citer Devalliet, dont la Devalliet Mugello 375F est disponible en trois carrosseries avec un moteur de chez Peugeot (1.6 Turbo de 225 ch), ou bien encore Delage. Derrière ce nom légendaire se cache le fils de Bernard Tapie, Laurent Tapie qui a décidé de faire renaître la marque française avec une hypercar biplace aux allures de F1, la Delage D12. Elle est équipée d’un V12 hybride « fait maison » affichant de série, une puissance de 1 000 ch. Cette auto qui se négocie à plus de 2 millions d’euros est produite à Magny-Cours dans la Nièvre. Le premier des trente exemplaires vient d’être livré fin 2025 à un client américain. Pour tous ces artisans, le passage à l’électrique est envisagé, mais ce n’est pas pour tout de suite.

Bilan
La sportivité a toujours sa place sur le marché automobile et les constructeurs français l’ont bien compris. Grâce à l’utilisation d’une motorisation électrique, un véhicule de sport se débarrasse des rejets de CO2 qui pénalisent fortement et financièrement les voitures sportives vendues en France. Quant aux moteurs à explosion, ils sont condamnés à plus ou moins brève échéance. Mais face aux tarifs conséquents qu’affichent les sportives électriques, ils ont encore leur mot à dire et si les nouveautés thermiques (électrifiées) sont moins nombreuses, on pourra en découvrir encore d’ici à 2035.
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