Flotte VUL électrique : Le patron de Stellantis Europe dénonce les dogmes européens face aux réalités de terrain
Au Salon IAA de Hanovre, la grand-messe des véhicules utilitaires, Emanuele Cappellano, patron de Stellantis Europe et du pôle utilitaires Pro-One s’en est une nouvelle fois pris à l’aveuglement européen. Selon lui, la transition forcée vers le tout électrique imposé par l’UE est en train de virer à l’impasse industrielle et économique. Et de demander des objectifs spécifiques pour les VUL.

Derrière les sourires de circonstances, pointent les inquiétudes. Dans les travées de la grand-messe du VUL à Hanovre, l’ambiance est loin d’être folichonne. L’heure n’est plus aux constats, ni aux avertissements. Les principaux constructeurs historiques demandent de l’action et un assouplissement « urgent » des règles de verdissement face à la crise actuelle.
« Les gestionnaires de flottes préfèrent ralentir le renouvellement du parc plutôt que de prendre le risque d’acheter un véhicule utilitaire électrique » s’est alarmé Emanuele Cappellano, le Patron de Stellantis Europe auprès de nos confrères d’Auto-Infos. Et de demander un assouplissement « urgent » des règles de verdissement, avec une trajectoire propre aux VUL, différente de celle des VP.
Le silence des gestionnaires de flottes
Il faut dire que chez les professionnels l’électrique ne font pas encore beaucoup d’étincelles, avec environ 12 % des mises à la route dernièrement. Le diesel reste sur ce segment le maillon fort.

Pour tenter de séduire les clients, la réglementation actuelle contraint les constructeurs à adopter une politique de prix « très agressive, ce qui n’est pas vraiment viable pour les véhicules utilitaires », déplore le DG de Stellantis Europe à Bloomberg ; Bruxelles contraindrait ainsi les marques à braquer leurs propres marges (remises tarifaires) pour soutenir la production. Une situation intenable pour Emanuele Cappellano, épaulé sur ce sujet par ses collègues européens.
Revoir les règles européennes
Lors d’une conférence commune historique réunissant les 7 grands patrons du secteur routier européen (ACEA), l’industrie a officiellement demandé à l’Union Européenne de repousser de 3 ans les objectifs CO₂ de 2030, fustigeant le retard criant des infrastructures de recharge par rapport à l’avancée technologique de leurs propres camions.
En coulisse, les discussions devraient se tenir jusqu’à la fin de l’année, avec pour les constructeurs, l’espoir dune « éventuelle modification » concernant la transition énergétique des VUL.


















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