Stellantis : comment Fiat et Citroën sont en train de damer le pion à Peugeot
Alors que le groupe affiche une santé retrouve grâce à ses marques américaines et son allié chinois Leapmotor, le marché européen est le théâtre d’une surprenante guerre fratricide. Coincé entre l’offensive ultra-accessible de Citroën et le retour en grâce d’une marque Fiat particulièrement agressive, le Lion de Sochaux accuse le coup.

L’Europe n’y est pour rien, ou pas grand-chose. Les chiffres encourageants que Stellantis aligne depuis le début de l’année, sont plutôt le fruit des marques américaines, et de Leapmotor, le fanion chinois du groupe, que de celles du Vieux Continent.
Merci l’Amérique
Les six derniers mois ont été marqués par une progression de 11 % pour le monde entier, mais le taux atteint 27 % pour les seuls États-Unis. La cause de cette remontada ? Les autos retirées du marché et les technologies abandonnées durant l’ère Tavares, ont fait leur retour, comme le Ram 1500 Hemi V8, et le Jeep Grand Cherokee ont fait un carton.
Avec 445 000 bons de commande, le sourire est revenu à Detroit. Mais beaucoup moins à Sochaux. Car en Europe en général, et chez Peugeot en particulier, les derniers temps n’ont pas été des plus réjouissants.
Le lion a vu ses ventes baisser de 8 % ces six derniers mois et cette chute est peut-être due à la réussite de ses propres cousins : Citroën et surtout Fiat. Car ces six derniers mois, les Chevrons ont progressé de 4,4 % dans le monde et de 8 % en France. Quant à Fiat, même s’il part de plus bas, s’envole de 37 % en Europe et carrément de 69 % en France pour les seuls véhicules particuliers, s’offrant 2,8 % de parts de marché.
C’est un heureux concours de circonstances qui fait que l’Italien, comme les Chevrons sont parfaitement en phase, plus que Peugeot, avec un marché qui oscille entre l’attirance vers la voiture électrique, et le désir d’acheter des autos pas chères. Et dans ce dernier domaine, Fiat a fait un carton en début d’année avec sa bonne vieille Pandina affichée (à 10 euros près) sous la barre des 10 000 euros, une offre malgré tout conditionnée.

Hélas la belle affaire n’a pas duré. Guillaume de la Giraudière, le patron de la marque en France ne s’en cache pas « ce n’était pas tenable dans la durée ». Et de remonter le prix d’accès de l’ex-Panda à 1 000 euros de plus. Malgré tout, ces six derniers mois, il se vend plus de Pandina que de Fiat 500, malgré le retour du thermique sur la mini-Italienne.
Évidemment, l’autre Panda, la « grande », n’est pas à la hauteur de sa cousine Citroën. Même si elle se vend mieux dans sa version électrique, elle ne rattrape pas la ë-C3. De même que la Topolino, version « premium » de la Citroën Ami qui est proposée à quelque 3 000 euros de plus que sa consœur. Même pas peur d’être trop chère ? « A 59 euros par mois en location, les commandes suivent sans problème » justifie le patron. Lequel a un agenda chargé à la rentrée.
Car c’est en force que Fiat débarque au Mondial de l’auto d’octobre en présentant son e-car Multiplina, mais aussi son nouveau SUV : le Grizzly. Présenté comme une auto du segment C, le nouvel arrivant ne tient pas pour autant à se frotter aux Peugeot 3008 ou Citroën C5 Aircross, mais au Dacia Duster. Car l’Italien se base sur la plateforme Smart Car et des tarifs qui s’annoncent aux tarifs du Roumain.
L’offensive Leapmotor
Guillaume de la Giraudière est donc plutôt content de cette première partie de l’année et entend bien enfoncer le clou dans la seconde. Mais il n’est pas seul sur la planète Stellantis en Europe et une autre marque du groupe a réalisé elle aussi la même performance que lui et a vu lui aussi ses ventes progresser de 37 % ces derniers mois. Il s’agit de Leapmotor et si le Chinois n’est pas intégrée à la galaxie, elle en assure en tout cas la distribution et le développement en dehors de la Chine.
Leapmotor a tout simplement vu ses ventes multipliées par cinq en un an et la petite T03 est la quatrième auto électrique la plus vendue en Europe. En plus, l’arrivée du SUV B03X, concurrent des Peugeot e 2008, Fiat Grande Panda et Citroën ë C3 Aircross, ne risque pas d’inverser la tendance. Et ne risque pas de calmer le jeu de la concurrence interne au sein du groupe.


















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