Citroën veut en finir avec la dictature du SUV grâce à son "omnispace " 100 % électrique
La marque aux chevrons signe une réinvention audacieuse du monospace qui entend sonner le glas de l’ère des SUV. Pierre Leclercq, Directeur du Design Citroën, explique en quoi le concpet ELO préfigure le futur modèle compact de la marque.

C’est une petite musique qui commence à monter dans les bureaux de style du groupe Stellantis. Ralph Gilles, le grand ordonnateur du design du géant franco-italo-américain, ne s’en cache plus : l’hégémonie des SUV commence à fatiguer les esprits et les planches à dessin.
Parmi les 14 marques du groupe, Citroën, fidèle à sa réputation de laboratoire d’idées, a donc choisi la rupture. Avec le concept ELO, la marque au double chevrons redéfinit l'idée de mobilité autour d'une voiture pensée comme un espace de vie mobile, compact et radicalement pragmatique. Avant-goût de la prochaine compacte électrique de la marque, ce modèle aux confins du monopsace et du ludospace, que l’on pourrait appeller "omnispace " rebat l'idée stylistique et la philosophie de la " watture ".

Un design de rupture par et pour l’électrique
« Jusqu’alors, les modèles électriques étaient dessinés comme les thermiques, sans tenir compte de leur spécificité technologique » souligne Pierre Leclercq, directeur du design Citroën. Or, « les architectures électriques nous donnent des espaces qu’on n’a pas nécessairement avec les voitures thermiques ».
Sans se dépareiller de la philosophie des « économies intelligentes », inaugurées avec la C3, Citroën continue de creuser le sillon des modèles hyperrationalisé à un prix serré. Toute ressemblance avec Dacia, n’est pas fortuite. Même, si la marque aux chevrons indique suivre une voie propre basée sur une plateforme 100 % dédiée à l’électrique, au contraire de l’actuelle C3, basée sur une plateforme multi-énergie. Au-delà du physique, le pratique et l’usage sont au cœur du projet. « C’est un concept intérieur avant d’être un concept extérieur », explique Pierre Leclercq.

Une ligne de caisse abaissée
Là où la concurrence sature l’espace extérieur de lignes agressives, l’ELO se comprend de l’intérieur vers l’extérieur. D’une longueur de 4,10 mètres — neuf centimètres de plus qu’une modeste C3 — ce véhicule réussit un tour de force architectural.
En exploitant la compacité de la propulsion électrique, les ingénieurs ont repoussé les roues aux quatre coins et avancé le poste de conduite de 30 centimètres. Ce choix technique, appelé « Cab-Forward », libère un volume stupéfiant. L’intérieur accueille un plancher plat intégral (absence de tunnel de transmission) et un espace aux jambes d’un mètre pour les passagers arrière. Un luxe digne d’une limousine ou d’un van. Le tout baigné de lumière grâce aux 4,5 m2 de surfaces vitrées.

Une filiation historique assumée
ELO n’est pas un objet hors-sol, il puise sa légitimité dans l’héritage de la maison. On y retrouve l’obsession de la légèreté structurelle de la mythique 2 CV. Ici, point de carrosserie complexe, mais un usage massif du polypropylène expansé (EPP), un matériau 50 % plus léger que le plastique conventionnel, capable d’absorber les chocs sans se déformer. À l’instar de l’Ami 6 et sa large lunette arrière inversée, le concept mise sur une importante ouverture vitrée. Enfin, on retrouve le volant monobranche, caractéristique de la marque.
Cette approche se prolonge dans une interface homme-machine (IHM) très « Digital Detox ». Citroën prend ici le contre-pied de la surenchère d’écrans qui envahissent nos tableaux de bord. Le smartphone devient le cerveau de la voiture (BYOD). Posé sur un socle, il gère la navigation et les médias, tandis que les informations essentielles sont projetées sur une lame de verre au bas du pare-brise.
Le retour en grâce du monospace
Alors, l’ELO préfigure-t-il le retour prochain du monospace chez Citroën ? Pierre Leclercq louvoie mais avoue « avancer » avant de lancer malicieusement, que « ça peut être une réponse ».
Le pari de Citroën pourrait s’avérer plus visionnaire qu’il n’y paraît. Selon une étude1récente du cabinet Escalent, 51 % des adolescents — les acheteurs de demain — s’imaginent au volant d’une berline ou d’un véhicule bas plutôt que d’un SUV.
1 : « License to Disrupt : Teen Drivers’Preferences Could Signal a Shift in the New Vehicle Market »
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