2. Du tuning à la voiture la plus chère de l’histoire : le grand écart de Top Marques Monaco 2026

Lamborghini Temerario, Maserati MC20 Cielo, Bentley Continental GT Supersports, Bugatti Tourbillon, Alpine A390, Pagani Utopia… tous ces grands noms de l’automobile d’exception ne surprennent même plus dans un salon automobile (surtout depuis l’arrivée de l’Ultimate Supercar Garage en marge de Rétromobile Paris), mais ils font toujours plaisir aux visiteurs et doivent leur présence aux distributeurs locaux des enseignes citées. Notons au passage que cette année, la marque Zeekr du groupe Geely profitait de l’occasion pour présenter ses premiers modèles vendus en France et que BYD avait aussi convié les Denza Z9GT et D9, cadrant plutôt bien avec l’événement puisqu’ils visent eux aussi une clientèle de luxe (on leur souhaite bonne chance).

En revanche, l’édition 2026 de Top Marques 2026 comprenait aussi des blasons bien moins connus : Bovensiepen, par exemple, créée par la famille fondatrice de la marque Alpina dont elle a été récemment dépossédée par BMW, qui exposait sur le salon le coupé Zagato découvert l’année dernière en Italie (basé sur la BMW M4 cabriolet). L’occasion de prendre des nouvelles de ce grand coupé au design un peu clivant, proposé à un prix de base légèrement sous les 400 000€ en France avec son six cylindres turbo de 611 chevaux et sa finition intérieure particulièrement poussée. Bovensiepen limitera sa production à 99 exemplaires.

Delage, ensuite, cette glorieuse marque française ranimée par Laurent Tapie qui nous a aussi donné des nouvelles de son projet : la supercar D12, commercialisée à 2 millions d’euros hors taxes, a démarré ses livraisons avec un premier exemplaire envoyé aux Etats-Unis et un second qui se prépare à rejoindre son client au Moyen-Orient. Après les 30 exemplaires prévus de la D12, Laurent Tapie espère présenter son second modèle d’ici deux ans. « Il sera très différent de la D12 », explique-t-il. Pour rappel, la D12 possède un V12 atmosphérique de 6,6 litres développant 850 chevaux, un moteur électrique de 150 chevaux, des suspensions avant reprenant une technologie « issue de la Formule 1 » et affiche un design extraordinairement extravagant. Cette Delage D12 était présente à quelques mètres de la Laffite LM1, une autre supercar aux grosses ambitions dotée d'un V8 biturbo hybride de 3,9 litres produisant au total 1 000 chevaux pour 1 300 kg sur la balance.

La Giamaro Krafla se veut tout aussi exclusive : fondée par l’ancien associé d’Horacio Pagani, cette nouvelle marque italienne présente cette radicale berlinette à moteur central arrière, dont le nom fait référence à un volcan islandais. Avec un V12 7 litres doté de 4 turbos capable de développer 2 157 chevaux en puissance maximale pour 2 000 Nm de couple, envoyé uniquement sur le train arrière, cette supercar à châssis carbone semble bien nommée. Elle ressemble à un projet sérieux et coûtera 2,4 millions d’euros hors taxes.

La Baltasar Revolt, une barquette exposée ici dans une version réservée au circuit, paraît elle aussi prête à prendre la piste avec son moteur de 500 chevaux entraînant les roues arrière, ses 850 kg, ses pneus slick et son gros aileron. Mais sachant qu’on parle d’une machine entièrement électrique dont le prix atteint 600 000€, peut-elle espérer trouver des clients en ces temps où Rimac n’arrive pas à vendre sa surpuissante Nevera ?
Et que dire de la TP Atelier Citrine, une étrange BMW M6 E63 V10 entièrement « recarrossée » par une petite société bulgare ? Ce coupé au style pour le moins exotique demande 400 000€. On vous laisse poliment nous dire en commentaire ce que vous pensez de cette voiture qui aurait sans doute plu au regretté Serge Berenguer de Caradisiac. Juste à côté d’elle et près de nombreux autres Classe G, l’énorme 4x4 Mercedes revu par Oqta nous a hypnotisés par ses détails extravagants. Vous en voyez beaucoup, des Classe G équipés d’un ornement sur le capot, d’une perche à faucon (oui, une perche logée entre les deux sièges avant qu’on retire pour aller récupérer son faucon, je répète) et d’un plancher de coffre en marbre véritable ? L’engin coûte 1,3 million d’euros et développe 800 chevaux.


Dans cet univers si particulier de Top Marques et de Monaco où l’on peut acheter d’énormes montres « tourbillon » à plus d’un million d’euros (ou de plus modestes Richard Mille), la panoplie de voitures exposées par Mansory se fond particulièrement bien. Je pourrais passer des heures à observer les voitures présentées par ce préparateur bien connu pour ses travaux souvent très choquants, en me demandant ce que cherchent les clients de ce genre de configurations. C’est tout simplement fascinant.

Quant à l’Alpine A110 Herakles modifiée par Hadès Engineering, elle nous donne envie d’aller sauter dans les dunes avec. Équipée d’une suspension entièrement renforcée, cette voiture partiellement faite de fibre de carbone est venue au salon par la route et possède des plaques d’immatriculation. Son concepteur avec qui nous avons pu discuter essaie de l’homologuer en bonne et due forme, sa transformation pourrait coûter 200 000€ et donne follement envie.

La voiture la plus chère du monde y était aussi !
Signalons enfin la présence de voitures absolument merveilleuses à Top Marques, en décalage total avec certaines monstruosités observées sur place. Dans un hall réservé aux automobiles de collection, on se régale à admirer une Rolls-Royce Corniche, des Countach, des Jaguar Type E, l’Aston Martin Valkyrie de la société de Raul Marchisio (à côté d’une de ses McLaren SLR) et quelques autres pièces superbes comme une Renault 5 Turbo absolument parfaite.

On y trouve aussi une création magnifique signée de la société belge ADV Revival, une Ferrari 330 transformée dans les règles de l’art en 250 GTO seconde série. Le travail apporté à la préparation du châssis, du moteur et de l’intérieur impose le respect et cette auto qu’on peut difficilement qualifier de banale réplique coûtera 1,9 million d’euros.

Terminons par l’un des plus gros monuments de l’histoire de l’automobile, présent à Top Marques Monaco après son tour de circuit quelques jours plus tôt au Grand Prix historique : l’unique Bugatti Type 41 Royale Coupé Napoléon de 1929 amenée par la collection Schlumpf. C’était personnellement la première fois de ma vie que je pouvais l’observer de mes propres yeux et rien que cette opportunité justifiait à elle toute seule de venir au salon. Il faut sentir l’odeur, authentique et archaïque de l’habitacle quand on vous ouvre la porte de ce colosse de 6 mètres de long et de trois tonnes. Si la Napoléon était revendue demain, elle battrait possiblement le record de valeur absolu des automobiles actuellement détenu par l’une des deux Mercedes 300 SLR Coupé (135 millions d’euros).
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